SCENE II
AMY, ELISABETH, entrant d'un air rèceiir.
AMY, se levant et allant droit à la reine. Qui ètcsvous ■?
ELISABETH s'arrête et regarde Amy d'un air étonné. Que veut cette jeune lille'? et d'où vient son trouble '>
AMV. iladame... [A part.) Je ne sais pourquoi, malgré mon ressentiment , son regard m'impose une sorte de crainte et de respect.
ELisABETu Approche, ma fille, et ne crains rien; qn'astu à me demander'? i)arle.
AMY, timidement. Tout ii l'heure, Leicester... quel motif si puissant aviez-vous de lui parler?
ELISABETH. Qu'enter]ds-je, et d'où vous vient tant d'audace que d'oser épier les aciions de votre souveraine ?
AMY, à part. Grand Dieu ! c'est Elisabeth I qu'ai-je fait, malheureuse!.. (Haut.) Daignez, Madame, pardonnera une jeune fille sans espérienre, qui n'ayant jamais eu le bonheur de voir Votre Majesté...
ELISABETH. En cU'et, des traits tels que les vùlres ne jieuvent s'oublier, et je ne me rappelle pas iiue vous ayez jamais été présentée à la cour ; comment et en cpielle qualité vous trouvez-vous donc à Kenilworlh? est-ce parmi les dames de ma suite?
AMV. Non, Madame.
ELisABLT». \'ous y étcs vcuiie sans doute avec un père, un mari?
A5IY. Non, Madame.
ELISABETH, d'uu air de mépris. J'entends. Qui donc a pu vous donner l'audace d'aborder Éhsabeth, et de lui adresser la [Jarole?
AsiY. Mes aïeux ont donné nn asile h ceux de Votre Majesté; la leine Marie ne l'avait point oublié, et, si elle régnait encore, jamais la fille de sir Hugues Robsart n'eût été chassée de la cour et de la iirésence de sa souveraine.
ELISABETH. Qu'enteuds-je ! tille de sir Hugues '' vousèles ,\iny Robsart ! vous êtes mariée?
AMV, Quoi! Madame...
ELISABETH, Oui, c'est pour vous que votre père demandait justice, vous, qu'un séducteur avait enlevée de ses bras... Mais répondez, sir Raleigb, votre mari, est-il insslruit?
AMY, Sir Raleigh...-inon mari...
DUO
ELISABETH
D'où vient ce trouble .' ipi'avcz-vous?
Oui, de Ualeigli la conduite ra'èclan'e. Je conçois ses soupçons jaloux; Celle qui peut tromper son père l'eut bien trahir son épou\.
AMY
Moi, de Raluigh être la femme!
Jamais... On vous trompe, .Madame.
ELISABETH, (HCC ironie.
On me Iromiie... lor.squ'en ces lieux, Raleigb et Leicester l'ont attesté tous deux. AMY, stupéfaite.
LeicoBtor! Non, qu>:I<pi'uii le caluninie; Jamais il n'eût soidferl une (elle infamie.
ELISABETH
Quoi! voire cœur i présent le défend!
Mais eiilin cet nm.iiit,
Cit eiiunx, quel qu'il puisse être,
Je veu\ ici lu connaltro.
l'arlez.
AMV.
Je ne le puis, bêlas!
ÉLISABITH.
Vous ne pouvez le dire?
AMY
Non ; souffrez que je mo retire.
ELISABETH, ta retenant.
Non, vous ne sortirez pas.
ENSEMBLE
ELISABETH
Mallieur au téméraire Qui voudrait me tromper!
A ma juste colère U ne peut échapper.
AMY
Que répondre et que faire?
Rien ne peut la toucher.
Aux traits de sa colère Qui viendra m'arracher?