‹ Pièces de théâtreChapitre 222 sur 575 · HENRIETTE, LE DUC · texte numérisé non relu

HENRIETTE, LE DUC

TN VALET, annonçant. Monseigneur.

LE Di:r., entrant, et courant à Uenri'Hle: Henrielto... ma cherc Heiiriotte!

UENRiEiTE. d'un air froid. Ah! vous voici, monsieur le duc?..

LE Di'-î, surpris. Quel accueil! . Henric'.le ! no ra'aimcivous plus'?

UENRn.TTF, s'ouhUant. Si, Monsieur.,, on vous aimo... ou vous aime toujours. Ab! jo n'ai pas le courage de vous cacher mon bonheur.

LE DEC. Ma bonne Heuiieltc, combien ces trois mois d'absence m'ont senddé longs! combien j'ai maudit celte ennuyeuse ambassade qui me retient depuis si longtemiis loin de vous!

HENRIETTE. Bien vrai? [Lui tendant la nuiin.) Viuh le dites si lendrenient (pi'il faut vous croiie Kt pus

L'AMnASSADHICE.

Mo;isieur, {Montrant son coeur.) il y a quoiqu'un qui |;l.ii(lc si bioii pour vous.

i.F, tue. Pauvro Henriette! à peine vous cus-jo ron'lu ti- Ici. h IkTlin, dans mon hùtui, il y a trois nuis, on qiiiti iiit Muiiiiii, qu'il fiilUit m'Oloigiicr, mo sûp.nror do vous '" leniluMiain do noire arrivée..', un orJro du roi m'envuyalt à Vienne, en mission cxlraordinairc... et dans mi posilion, je su.s tout à Su Majesté.

ncMiiETTE, souriant. J'aimerais mieux un maii qui l'iU tout a sa fcmnii!.

LE DIX, riant. Que voulez-vous? ipiaud ou est ambassadrice.'..

liENnii-.TrE, aicc malice. Prenez garde. Monsieur... ji; ne le suis pas encore!

LE DUC. Cela lovicnt au mémo... jo vous ai présentée comme ma femme à touic ma iamillu ; le contrat qui vous assure la nioit.éde maforluiie est irrévocablenn.'nt signé... et si notre mariage n'est pas encore célébré, mon voyage seul en est la cause.

IIENHIETTE. Et si le roi refuse... car vous m'avez dit que notre mariage ne peut avoir lieu sans sou consentement... comme si les rois devaient se mêler de ces choses-la!

LE DUC. J'obtiendrai ce consentement, j'en suis siir... je l'ai réclamé comme le prix des services ((u ■ je viens de lui rendre à Vienne... El demain, aujourd'hui peut-être, il me l'accordera .. mais d'ici lii, je craindrais, sur la résolutiun du roi, les reproches et les récriminations de ma famille, de tous ces grands seigneurs d'Allemagne ([ui ne comprennent pas comme moi que le talent est aussi une noblesse. . voilii pourquoi je leur ai caché qui vous éles; Vûilii pourquoi, aux yeux de tous, je vous ai fait passer pour une personne de noble extraction... c'est indispensable... il le faut... il y va de mon bonheur et du vôtre.

lliiMiiETTE. Du mien... ah! mon ami, je l'aurai bien g.igiié!

LE DUC, surpris. Que voulez-vous dire'?

UENBiETTE. Si VOUS savicz comme je me suis ennuyée en votre absence !

LE DUC, vivement. Oh ! que c'est aimable à vous! UENitiETTi;. Pas tant... el si j'avais pu faire autrement .. mais le moyen... vous me laissez, dans cet hûtel, sous la surveill.inre et la garde de voire illustre sœur, la comtesse Augusta de Fierschemberg, qui n'est pas si amusante (pu' mon aiicienne camarade Charlotte.

LE DUC. V [icnscz-vous!.. Ma sœur est une femme dislaiguée, qui ne voit que des personnes do rang ou de naissance.

DENniETTE. Eli bien! jusicment... c'était ;i périr de naissance et d'ennui ! passer la journée entière à recevoir ou à reudre des visites, rester droite et immobile sur un fauteuil doré, moi qui aimais tant à sauter et à courir... ne plus oser parler de mes anciens succès, do mon beau tbé.'ilre, (pie j'oublii.' ([uaiid vous êtes là, mais auquel, malgré moi, je iiensais en votre absence... et puis surtout, m'avoir djfendu .. non... priée en grâce..., c'est la même chose... do m'abslenir ici de toute musique, ma consolation... mon lilus vif jikusir.

LE DUC. Vous m'avez mal compris... quand vous êtes seule chez vous, que personne ne peut vous entendre... UENHiLTTE, riant. Bien obligée.

LE DUC. iMais vous sentez que devant ma sœur, devant CCS dames... dans un salon nombreux... c'est trop bien... l'étonnemenl, l'admiration que vous causeriez, fcraenl bientôt reconnaître l'artiste... le grand talent.

UEMUETTE, avcc maltce. Et le talent est défendu a une duchesse !

LE DUC, riant. On n'y est pas habitué, du moins... {Aoec tendresse.) Aussi, ma bonne Henriette... ma jolie duchesse... je vous demande encore, pendant qurbpies jours seulement, et jiisipi'au consentcnient du roi, d'éloiimer des soiii'cons ..

iiENiuLiTi-: Que chaque instant ]ieut faire naître. Ma

pauvre tante est si heureuse d'avoir un cachemire el dos plumes, de s'cn'.cndre appeler mailame la baronne do Bariiek. que si je n'avais jias été liipour la surveiller... et venir à son aide... vingt fois déjà votre sœur aurait découvert la vérité.

LE DUC, (i Henriette. .Siloiicc donc! étourdie... voici lu comtesse.

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