SCENE III
Les précédents, LA COMTESSE.
LA COMTESSE. Enfin, monsieur le duc, vous voilà de retour dans votre bétel?
LE DUC. Oui, ma chère sœur, après trois mois d'absence.
L.\ COMTESSE. Trois mois ! et qu'avez-vous fait pendant ce temps'?
UEMUETTE. Oui, Monsieur, vous qui m'interrogez, vous ne m'avez pas rendu compte de votre séjour à Vienne.
LE DUC. Une vie si triste, si monotone... le malin aiiv afl'.iires...
i..\ COMTESSE. Et tous Ics solrs au spectacle.
iiLNRiETTE, livcment. Au spootiiclé!
LE DUC. Moi!
L.\ COMTESSE. Vous me l'avez écrit... c'est du reste votre habitude. (,1 Henriette.) Il y a toujours ipielque l:ilent l.vrique pour lequel il se passionne...
LE DUC. Ma sœur...
L.\ COMTESSE. Uuu idée, un caprice qui ne dure qu'une semaine, ou souvent même qu'un jour...
iiENiUETTE. Comment, Monsieur, il serait vrai ?
L.\ COMTESSE. Oui, ma chère amie, mon frère est un peu jeune, un peu léger; mais, grâce à vous...
iiENnii.TTE, bas, au due. Vous ne m'aviez pas dit cela. Monsieur ..
LE DUC, de même. N'en croyez rien.
LA COMTESSE. Sorlez-vous ce matni, monsieur le duc'?
HENRIETTE, vivemetit. Jo resjière bien... vous m'eminènerez, n'est-ce pas'?
LA COMTESSE, séccremerU. Comment, Mademoiselle'?
UENBIETTE, se reprenant. .\vei' matante.
i.A COMTESSE. A la bonne heure.
iMsitiETTE. Oti vous voudrez... hors de la ville. ..à lacimpagno, .. (Adimi-voix.) Pourvu que iioussoyons ensemble.
LE DUC, de jnènic. Je le désire autant ipie vous! mais un rapiiort au roi, que je dois lui donner ce soir.
LA co.MTESSE, à Henriette. J'ai des ju-ojets pour vous et moi, ma chère Henriette... je viens de recevoir une invitation... des billets...
HENRIETTE, l'iDcmeiif, et avec joie. Pour un concert?
LA COMTESSE. Noii... poui lo chapitre noble qui se tient aujourd'hui, et aii.piel votre naissance vous donne le droit d'assister.
HENRIETTE, ni'cc lerreur. Le chapitre noble!
LE DUC, lui prenant la main. Qu'avez-vous?
HENRIETTE, bas, au duc. Ah! jo tremble do peur... faites que je n'y aille pas, je vous en iir.e.
LE DUC, à sa sœur. Henriette est un peu soulfranle, et je désire (pi'elle reste.
LA COMTESSE. A la bonne heure... je ne la quitterai pas.
HENRIETTE, bus, OU duc. La belle avance ! je crois qiio j'aimerais mieux le chapitre noble.
LE DUC. Il faut chercher ici quelques moyens de la distraire...
LA COMTESSE. Si elle savait la miisiipie, nous pourrions en faire toutes les deux.
HENRIETTE, ri'afU. Mol , Madauic !. . [Vn ijeste du duc l'arrèlc.) A peine si je sais déchilfrer.
i.\ COMTESSE. Jo m'en doule bien... ce n'i'st pas dins le Iniid de la Bavière... dans le rliAteau de votre tante.
L'AMBASSADRICE
que l'on aurait pu soigner votre Mucalioiiimisicalc... mais si vous voulez que ce matin je vous ilonne une leçon...
LE DIX, avec humeur. Une belle idée!
HENRIETTE. Moi! MaïUime, je n'oserais...
L.\ COMTESSE. Pourquoi lias?., je serai indulgente... {Elle sonne, rfeiu domestiques entrent.) J"ai là des airs nouveaux que l'on ma envoyés, des airs du Sultan Mizapouf.
HENRIETTE, livement. Du Sultan...
lA COMTESSE. Vous ne conuaissez pas cela... un opéra qui vient d'être donne en Allemagne avec quelque succès. [Aux domestiques.) Avancez ce piano. (5e mettant au piano.) C'est l'air que chante la Parisienne au luemier acte.
LE DOC. Mais, ma sœur... c'est trop de complaisance...
L.^ COMTESSE. Occupez-vous de votre rapport au roi, mon frère... et laissez-nous.
LE nie, bas, à Henriette, Refusez, je vous en supplie!
BENBiLiTE. Est-ce possible'? [Riant.) Elle veut me donner une leçon!
LE DUC, bas, à Henriette. Au moins prenez garde, et chantez mal... si ça se peut.
TRIO
LA COMTESSE, OU piano.
Ecoutez bien.
(Chantant.) Tri, la, la, la, la, la.
HENRIETTE, l'imitant avec gaucherie et timidité'. Tra, la, la, la la, la.
(Regardant le duc.) Etes-vous content?
LE Di'C, iapprouvanl.
C'est cela!