L.\ COMTESSE
Non vraiment, ce n'est pas cela!
HENRIETTE, de même.
Tra, la, la.
LA COMTESSE, la reprenant .
C'est un sol!
HENRIETTE, lui montrant le papier.
C'est un la!
LA COMTESSE
C'est vrai!
(Chantant.) Tra, la, la, la, la, la.
HENRIETTE, répétant, mais un peu mieux.
Tra, la, la, la, la, la.
LE Dic, bas.
Prenez garde!., ah ! je tremble d'elTroi! LA COMTESSE, c/ierc/tanf (i déchiffrer avec peine. Tra, la, la, la, la, la, la...
HENRIETTE, OL'CC un air d'admiration.
Quel.e facilité!
LE DUC, tas, à Henriette.
Vous nous raillez, traitresse!
HENRIETTE, de même.
Comme vous le disiez, c'est chanter en duchesse!
LA COMTESSE
Répétez avec moi.
(Véihiffrant avec peine.) Le divin Mahomet, Four mieux charmer nos âmes, Dans les cieu.x vous promet Un paradis secret; Mais il vous trompe, hélas!
Surtout n'y croyez pas, Aux cieuji ne cherchez pas Ce paradis des femmes; Car le vrai pai adis, Messieurs, est a Paris.
HENRIETTE, reprenant iair qu'elle chante couramment. Le divin Maliomet, Pour mieux charnier nos âmes, Dans les cieux vous promet Un paradis secret; Mais il vous trompe, hélas!
Snrlijut n'y croyez p.is, Au\ ciiMix ne cheniu-z pas Ce paradis des femmes;
Car le vrai paradis, Wess'eurs, est à Paris.
LA COMTESSE
l'as mal pour la première fois.
LE DUC, à part, et regardant Henriette. Ah! je crains qu'elle ne se Imce!
(.4 la comtesse.) A'ous ferlez mieux d'y renoncer, je crois.
LA COMTESSE
Non, non, j'ai de la patience, J'en ferai quelque chose, et nous la formerons Avec le temps...
HENRIETTE
Et grâce à vos leçons...
LA COMTESSE
Écoutez... écoutez cela!
Tra, la, la, la, la, la, la, Tra, la, la, la, la, la, la.
Faites bien ce que je fais là!
HENRIETTE
Brava! brava! c'est bien cela!
Quelle méthode enchanteresse!
C'est chanter comme une duchesse, Ah! quel talent vous avez là!
LE DUC
C'est bien, c'est bien, finissons là; Je cède à la peur qui m'oppresse.
Je crains sa voix enchanteresse Qui tous les deux nous trahira !
LA COMTESSE
Continuez
HENRIETTE
Voguez, sultan joyeux.
Vers les bords de la Seine, Là, s'offrent à vos yeux Les délices des cieux; Et jour et nuit c'est la Qu'amour vous sourira.
Là, des jeux et des ris La troupe vous enchaîne.
Car le vrai paradis Est à Paris.
LA COMTESSE
Ah! c'est bien mieux, bien mieux déjà, Moi, sa maitresse... je suis Hère De voir que mon écoliére Fait des progrès comme ceux-là!
Oui, cela va bien mieux déjà, Et j'en rends grâce à ma mailresse; Merci, mndame la comtesse.
Merci de cette leçon-là!
LE DUC
C'est bien, c'est bien, finissons là; Je cède àla peur qui m'oppresse.
Je crains sa voix enchanteresse Qui tous les deux nous trali ra.
LA COMTESSE, l'ècoutant.
J'en suis encor toute saisie.
Et ne comprends rien à cela!
LE nue, bas, à Henriette, Prenez garde, je vous en prie; En écoulant... je tremble, hélas!
HENRIETTE
Eh bien! Monsieur, n'écoulez pas!
LA COMTESSE
Un talent Aussi grand , C'est vraiment Surprenant :
-Ml! combien je suis fière!
En un instant, je croi, Voilà mon ecolière Aussi forte que moi!
III NRiLTTE, s'ouhlinn'.
Buvons au sultan Mizipniif, Au descendant du grand Koulouf.
L'AMBASSADRICE
Il règne dans Maroc Par tiroit de naissance.
Au ronibal, anssi ferme qu'un roc, Et des amours bravant le choc.
Il est l'aifrle et le coq Des rois de Maroc.
Versez-lui les vins de France, Versez le cliamiiagne et le mOdoc, Buvons tous au suilau MizapouT, Au descendant du grand Koulouf.
LE DUC
Ce talent . La surprend Et me rend Tuul tremblant!
Ah ! la voilà partie, Gouiuient la retenir?
ArrtHez, je vous piie!
Elle me fait frémir I
ENSEMBLE
LEDtC, LA COMTESSE, HENRIETTE.
Buvons au sultan Miz:qiouf, etc.