‹ Pièces de théâtreChapitre 235 sur 575 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

Les phécbdents, FORTUNATOS.

TRIO

FOIlTrNATt'S.

Ze souis ruiné... ze souis perdu!

Mon savoir faire est confondu!

DENEDICT El UENIUETTE.

Eli mais! quelle fureur vous guide?

FonTl'NATUS.

Ail! ze souis, vi pouvez le voir.

Dans un état do désespoir Presque voisin du suicide!

BÉNEDICT ET HENRIETTE.

Oii'avcz-vou» donc'/

FOKTllNATl'S.

Je viens pour prévenir Monsieur l'ambassadeur et sa charmante épouse... Le speclacle annoncé, ce soir ne peut tenir; Ze le cbange.

nÉNÉDlCT ET HENRIETTE.

Pourquoi?

PORTrNATUâ.

La fortune zalouso Vient d'envoyer un rhume à. ma prima donna! Elle me le fait dire!

BENEDICT, bas, à IlenricUe.

Ah! je comprends celai Et c'est une ruse entre nous, HENRIETTE, de même.

Pour se trouver au rendez-vous,

ENSEMBLE

FORTIINATES.

Fortune dont la main m'accable, Adoucis jiour moi la rigueur.

Et jette un regard sccourable Sur un m.dhcnreu^ directeur.'

HENRIETTE

Forfait dont la preuve m'accable El qui détruit tout mon bonheur, Je saurai punir le coupable De l'outrage fait à mon cœur!

CENEDICT.

La trahison est vrrilal)le, Tons deu.x outrageaient votre cœurj Vous devez punir le coupable.

Vous devez venger votre lionncur.

FORTENATUS, OU dcsespoif.

Le Sultan Mizapouf, chef-d'œuvre des plus beaux, Qui faisait par la foule envahir nos bureaux! Ne sera pas donné !

UENÉDICT.

Calmez-vous, je vous prie!

FOBTLNATl'S.

M'enlever ma recette !.. ah! c'e.^t m'ôlerla vie!

HENRIETTE, s'asseyant prés de la table et remettant la

lettre dans la première enveluppc qu'élit rwachéle.

Rendons-lui, je le doi.

Ce billet... qui n'est pas pour moi.

fORTl'NATL'S.

Ze vais changer l'nfllche... et de rage ulcère^. Leur donner du Mozart aux donbhucs livré! HENRIETTE, à un doinf^H'/iie, à (jui elle remet la lettre. Ce billel pour monseigneur L'ambassadeur.

FOaTUNATfg.

.\li! ([uel malheur! ah! quelle perte!

Je vois d'ici les bancs de ma salle déserte : Je conqite avec effroi les rares spectateurs. Bien moins nombreux! hélas! que mes acteurs!

ENSEMBLE

FORTI'NATUS

Fortune dont la miln m'accable, Adoucis pour moi la rigrieur.

Et jette un regard secour.able, Sur un malheureux directeur.

HENRIETTE

Forfait dont la preuve m'accable Et qui définit tout mon bonheur.

Je saurai punir le coupable De l'outrage fait à mon cœur !

BENÉDICT.

La trahison est véritabl', Tous deux onirageaicnt vntrc cœur, Vous devez punir le coupable.

Vous devez venger voire honneur.

HENRIETTE, à part, et n''//c'<7iissrtnf.

C'est mon talent qui faisait ma puissance. En le perdant j'ai [lerdu tons mes droits. Et chaque jour il faudrait, je le vois, (îémir de sa froideur ou île son inconstinoe.

Non, non, le dessein en est pris.

Je saurai me soustraire à de pareils mépris... FORTUNATus, Saluant.

Adieu donc?

HENRIETTE, le retenattt.

Arrêtez!

FORTUNATUS

yue veut son excellence?

HENRIETTE, 7c«(empnf et réfléchissant.

Donnez ce soir votre opéra...

FORTI'NATUS

Par ([ucl moyen ?

HENRIETTE

Le ciel l'inspirera.

ENSEMBLE

FORTUNATUS

Une douce espérance Fait palpiter mon cœur.

D'une recette immense J'entrevois le bonheur!

Ah ! oui, j'aime à le croire, 0 jours t.ant désirés De fortune et de gloire.

Pour moi vous reviendrez.

Uue noble vengeance Vient enflammer mon cœur!

Punissons qui m'offense En retrouvant l'honueur!

A lui seul je dois croire; Beaux jours tant désirés.

Jours il'ivresse et de gloiro.

Pour moi vous reviendrez!

BENEDICT

Une noble vengeance Vient enflammer mon cœur!

Punissez leur offense.

Et vengez votre bonncur!

A lui seul il faut croire; Moments si désirés, Jours d'ivresse et de gloire.

Enfin vous reviendrez!

FORTUNATUS, à Henriette.

Quel est votre dessein ?

HENRIETTE

Du secret!

(A Bénédict.)

Du s'icncoi

FORTUNATUS

J'en frémis de bonheur!

nÉNÉDICT.

Je tremble d'espéranco!

HENRIETTE

0 vous, mes seuls amis, je me fie à vous doux!.. Venez, venez, sans bruit quittons ces lieux !

L'AMBASSADRICE

EMSEUBLE.

HENRIETTE

Une noble veiiiieanre Vient enflammer mon cœur!

Punissons (jui m'offense En retrouvant l'honneur!

A lui seul je veux croire.

Beaux jours que j'ai perdus.

Jours d'ivresse et de gloire.

Vous voilà revenus !

BÉNEDICT ET FORTUNATM.

Une noble vengeance Vient enflammer son cœur!

Je tremble d'espérance !

Je tremble de bonheur !

Marchons à la victoire! ■ Beaux jours qu'elle a perdus, Jours d'ivresse et do gloire, Vous voilà revenus !

(Ils surtent tous trois par laporte du fond.)

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