‹ Pièces de théâtreChapitre 237 sur 575 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

CHARLOTTE, seule, enveloppée d'une mante rabattue sur les yeux, et entrant pur ta petite porte du thcàlre. Personne ne m'a vue! me voici dans lalogegrillée de M. le duc! et m'y voici incognito... non pas que je ne sois rassurée par ma conscience et par le motif cpii m'amène ; mais on est si méchant au théâtre, et puis ils sont tous sijaloux de moi! parce que j'aidu talent, de la ligure... Quels jiropos on ferait au foyer si l'on me savait ici! « .^vez-vous vu Charlotte'? — Non. — Elle est dans la « petitelogede l'ambassadeur. — Bah! en tète-à-této'? — « Précisément. — Ah! c'est une inconvenance qui n'est « pas permise... » Avec ça qu'elles ne s'en permettent pas, mus camarades; mais, moi, je suis trop bonne, je vois tout et je ne dis rien, pas même que la seconde chanteuse a deux amants, et que la troisième n'en trouve plus. {Allant près de la loge grillée du fond.) Ah! mon Dieu! voilà qu'on arrive dans la salle, on allume les rampes... tout le monde doit être sur le théâtre; heureusement je m'y suis prise de bonne heure; et, sans rencontrer personne, j'i^i pu entrer par cette porte dérobée qui donne sur la scène. {Examinant la loge.) Quel luxe'? quelle élégance! c'est drôle, tout de mémo .. une loge giillée... vue à l'intérieur!

PREMIEIl COUPLET.

Que ces murs coquets.

S'ils n'étaient discret.s, Que ces murs coquets Diraient do secrets!,.

La grille légère Dérobe avec art Plus d'un doux mystère, Plus d'un doux regard!

La pièce commence On risque un aveu; Mais l'ouvrage avance, On s'avance un peu!..

Puis, sans qu'on approuve Un hardi dessi.'iu.

Une main se trouve Dans une autre main!

Ah! ah! ah!

Que ces murs coquets,

S'ils n'étaient discrets.

Que ces murs coquets Diraient de secrets!

DEUXIÈME COUPLET

« Ah! de ma tendresse « Ecoutez les vœux !..

« — J'écoute la pièce, « Cela vaut bien mieux ! »

Mais la mélodie A tant de douceur!

L'oreille ravie Est si près du cœur!

La beauté sauvage S'émeut, et bientôt L'on maudit l'ouvrage Qui finit trop tôt!

Ah! ah! ah!

Que ces murs coquets, S'ils n'étaient discrets, Que ces murs coquets Diraient de secrets.

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