‹ Pièces de théâtreChapitre 314 sur 575 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

ALBERT, seul. Il parcourt le théâtre en silence. Son air et sa démarch': annoncent icj/arcmcnt de sa raison. Il s'arrête, reijarde autour de lui, et dit à demi-voij; et (ii'ec terreur.

AIR

C'est moi!., c'est moi qui l'ai fiapiiée!..

(Fiotlunl Srt ntal'n.)

Voyez-vous ces taches de sang Dont ma main est encor trempée'?

Elles ne s'en vont jjas!

{Levant la tHe avec fierté,)

J'ai bien fait!.,., co lyran M'ajqielait son esclave!..

(4rcc inàignatio : .)

Esclave!.. Ah! mon épre L'a f.iit rouler Miiplantl.. Kt je le voisennor...

[Hiçinrdatit à «es pieds et se relevant aufc dé^efpoir.)

Non!., c'est ma Zéila! mon bunlieur! mon trésor!

Ah! laissez-moi la baigner >le mes larmes!

Ah! laissez-moi m'enivrcr de ses charmes! Pourquoi nous séparer'?., pourquoi cette iirison Oui s'clèvc au sommet de la niclu' escarpée '?

{Vonlrnnl «en 6ra« )

Pourquoi cc'i fers?.. Ah! vous avez raison. Pnnisscz-moi!.. c'est moi ipii l'ai frappée!

(.5'firri'laHl, ècoiilanl cl eroi/anl enfeiviro l'air des fées aitpremiiT .-rie.)

CAVATINR.

Quand \iiiiilra l,i ilécsse avi bord du lac s'asseoir,

Livr.inl ses beaux cheveux à la brise du .-oir. Et contemplant ses traits dans la plaine az'uée! Oh ! les heureux instants et la belle soirée ! Pourquoi depuis longtemps Est-elle différée?..

Viens!., je t'aime et j'attends!

Le ciel est pur, la prairie embaumée;

Les fleurs semblent s'épanouir; L^air est plus doux!.. Mil c'est ma bien-a;m:''e Qui sans doute va venir!

Alors au ciel plus de nuages.

Et dans mon cœur ]dus d'or.igcs...

L'orage qui souvent mugit et retentit .. L'eutcndci-vous! .

[ÉcotUani.)

Cette fois il s'enfuit!

Tout se tait, plus de bruit ..

Plus de bruit...

{I.'orehestrt sVtenil peu à piU et il reprend à voixhasse)

Quand vien'U'ont les déesses, Au bord du lac, le soir.

Nouer leurs blondes tresses A ce riant niiruir, Oh! la belle soirée!

Pourquoi depuis longtemps Est-elle ditférée?..

Viens!., je faim.; et j'attends!

Oh ! la belle soirée !

Viens!., viens !..

(.Ç'arii'tant. puis marcïiant avec égarement et avee terreur)

Non, ne viens pa«!..

Fuis ton ami ! fuis cette épéo

Qui donne le trépas! .

(Cachant sa li'lc tia'is ses niainj et sangla ont.) C'est moi!., c'est moi qui l'ai fr.qipée !..

lit tombe aceahlè sur un fauteuil à droite, si, absorbé dau^ sa douleur, il n'aperçoit m4tM pas Slarguerite qui rentre tn te moment et s'avanco vers lui)

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