SCENE II
ALBERT, seul. Il parcourt le théâtre en silence. Son air et sa démarch': annoncent icj/arcmcnt de sa raison. Il s'arrête, reijarde autour de lui, et dit à demi-voij; et (ii'ec terreur.
AIR
C'est moi!., c'est moi qui l'ai fiapiiée!..
(Fiotlunl Srt ntal'n.)
Voyez-vous ces taches de sang Dont ma main est encor trempée'?
Elles ne s'en vont jjas!
{Levant la tHe avec fierté,)
J'ai bien fait!.,., co lyran M'ajqielait son esclave!..
(4rcc inàignatio : .)
Esclave!.. Ah! mon épre L'a f.iit rouler Miiplantl.. Kt je le voisennor...
[Hiçinrdatit à «es pieds et se relevant aufc dé^efpoir.)
Non!., c'est ma Zéila! mon bunlieur! mon trésor!
Ah! laissez-moi la baigner >le mes larmes!
Ah! laissez-moi m'enivrcr de ses charmes! Pourquoi nous séparer'?., pourquoi cette iirison Oui s'clèvc au sommet de la niclu' escarpée '?
{Vonlrnnl «en 6ra« )
Pourquoi cc'i fers?.. Ah! vous avez raison. Pnnisscz-moi!.. c'est moi ipii l'ai frappée!
(.5'firri'laHl, ècoiilanl cl eroi/anl enfeiviro l'air des fées aitpremiiT .-rie.)
CAVATINR.
Quand \iiiiilra l,i ilécsse avi bord du lac s'asseoir,
Livr.inl ses beaux cheveux à la brise du .-oir. Et contemplant ses traits dans la plaine az'uée! Oh ! les heureux instants et la belle soirée ! Pourquoi depuis longtemps Est-elle différée?..
Viens!., je t'aime et j'attends!
Le ciel est pur, la prairie embaumée;
Les fleurs semblent s'épanouir; L^air est plus doux!.. Mil c'est ma bien-a;m:''e Qui sans doute va venir!
Alors au ciel plus de nuages.
Et dans mon cœur ]dus d'or.igcs...
L'orage qui souvent mugit et retentit .. L'eutcndci-vous! .
[ÉcotUani.)
Cette fois il s'enfuit!
Tout se tait, plus de bruit ..
Plus de bruit...
{I.'orehestrt sVtenil peu à piU et il reprend à voixhasse)
Quand vien'U'ont les déesses, Au bord du lac, le soir.
Nouer leurs blondes tresses A ce riant niiruir, Oh! la belle soirée!
Pourquoi depuis longtemps Est-elle ditférée?..
Viens!., je faim.; et j'attends!
Oh ! la belle soirée !
Viens!., viens !..
(.Ç'arii'tant. puis marcïiant avec égarement et avee terreur)
Non, ne viens pa«!..
Fuis ton ami ! fuis cette épéo
Qui donne le trépas! .
(Cachant sa li'lc tia'is ses niainj et sangla ont.) C'est moi!., c'est moi qui l'ai fr.qipée !..
lit tombe aceahlè sur un fauteuil à droite, si, absorbé dau^ sa douleur, il n'aperçoit m4tM pas Slarguerite qui rentre tn te moment et s'avanco vers lui)