SCENE VIII
Les PRECÉnENTS, Seigneurs des environs. Vassaux lt Vassales du domaine de Rodolphe.
CHCEUR ET MARCHE.
Du haut des tourelles altières Flottez au vent, riclics banni"res:
Et nous, vassaux de M'Hiseigiieur, Chantons, célébrons son bonheur!
Joie infinie !
Il se marie !
Gloire au noble châtelain, Notre seigneur suzerain !
RODOLPHE, entre, tennnl Zéila par la main. Qu'elle est belle ma fiancée 1
ZÉlLA.
De terreur je me sens glacée !
RODOLPHE, à so« intendant, et aux femmes du château. Apportez-lui tous mes joyaux Et mes ornemenis les plus beaux!
Que pour l'autel on la parc au plus vite I Allons, femmes, dépéchez-vous!
ALBERT, au coin du théâtre à gauche, à Marguerite
.\h! Marguerite! Marguerite!
Ce voile, rends-le-moi, je t'en prie à genoux! Et si qu-lque soupçon reste en ton cœur jaloux, . Rends-le... non pas à moi! .
(3/on(rajit /todotp/ic.)
Mais à sa fiancée.
A Zéila!
margi'erite, étonnée.
Comment'?
ALBERT
Et di'sormais J'en jure par le Dieu qui lit dans ma pen.-ée, Zéila pour nous tous est perdue à jam ils.
MARGUERITE, à part, et hésitant.
Ah ! que dit-il '?
RODOLPHE, qui pendant ce temps a causé au coin du théâtre adroite avec lesscigncurssesamis, se retourne et s'approche de Zéila que l'on pare en ce moment. Eh quoi! pas encor prèle!
(.1 Slarguerile.)
Femme, que l'on s'empresse!
MARGUERITE, OVCC dépit.
Oui, noble conquérant, La mariée aura terminé sa toilette
Dans un instant !
t\Iarguerilc sort par la porte à droite en jetant sur Mbert un regard rf'mtelligence.)
ZÉILA, s'avançant sur le bord du théâtre. Mes sœurs!., mes sœurs! ce fatal hyménée, Le laisserez-vous s'accomiilir'?
M'avez-vous donc abandonnée '?
Mes sœurs! mes sœurs ! venez me .^l'Courir! Du baul des cieux venez me secourir!
tOn entend en dehors et par les croisées du fond le chant d'S ffcs du premier acte.)
ENSEMBLE
zéila, avec joie et écoutant.
Ah! que mon Ame est émue !
0 sons liarmouieux!.. chants mes pr,^^miers amours! Mes sœurs! mes sœurs! vous m'avez cnleuduc.
LE LAC DtS FEES.
Et vous \cucz à mon secours!
Oui, vous venez à mon secours!
Sort ([ui m'épouvante !
Fatal avenir !
De crainte et d'attente Je me sens frémir!
BODOLPHE.
0 sort qui m'encliaute !
0 doux avenir!
Mais que l'heure est lento, Je me sens mourir!
[En ce moment itarguerUe portant vn voile, et d'autres fcnutica portant Vune le bouquet et l'autre la couronne de mariée, sortent dj la porte à droite et entourent Zêita.)
LES VES^i^f, plaçant sur la Cèle de ZiUa une couronne de roses blanthes.
Sur le front de la fiancée Que la couronne soit placée !
M.\RGUEniTE, lui altuchant le voile qu'elle vient d'apporter.
Ainsi que ce beau voile blanc.'..
(Ttiijardant Albert avec intention,)
Gage d'un auguste serment!
(Le voile est attaché sur la tête de Zéila et flotte sur ses bras. Elle le regarde... le reconnaît.) ZEILA.
Qu'ai-je vu?..
Ce voile!.. Ah! le ciel m'est rendu!
[Au moment où Rololphe «'ai'once potir lui donner ta main; elle s'clèvc dans les airs. Tous les assistants effrayes de ce prodige se prosternent et tombent à ^enotix.)
LE CHCEUR, prosterné.
0 merveille iuouiel ALBERT, seul, debout et tend tut ses bras vers Zéila qui s'élève dans les airs.
Ange des cieux, vole vers ta patrie !
(Zèila disparait par la croisée à gauche, et s'élance dans ta campagne. Tous les assistants pous.'cntun cri d'cton/icmenf, et pour la suivre en^ core des y. u.v, se précipitent en disordre hors de la salle d'drmcs.)