SCÈNE PRE.M1ERE
TÉRÉZINE, GUILLAUME, JEANNETTE, Jeunes filles CHŒUR.
Amis, sous cet épais fcuillag; Bravons le soleil et ses feux ; Goûtons enfin après l'ouvrage Le repos qui soûl rend heureux.
GUILLAUME, regardant Térèzine.
La voilà! qu'elle est jolie!
Mais depuis qu'elle a mon CTur, Il n'est plus dans ma vie
De repos ni de bonheur.
Amis, sous cet épais feuillage Bravons le soleil et ses feux; Goûtons enfin après l'ouvrage Le repos qui seul rend heureux.
C'est le repos qui rend heureux !
GUILLAUME, montrant Térèzine qiri continue à lire. Elle saii lire; est-elle heureuse I Moi, je ne suis fpi'un ignoiant.
Et sans esprit et sans talent.
TÉRÉZINE, riant, et fermant le lit:re qu'elle tenait à la mm».
Ah! l'aventure est curieuse!
JEANNETTE
Tu ris!... C'est donc bien heau'^
TÉUÉZINE.
Seins doute, je lisais Un roman .. l'histoire amoureuse Du beau Tristan de Léonnais.
GUILLAUME
Une histoire amoureuse! ah! si par complaisance 'Vous nous la lisiez!
TÉRÉZINE.
Soit.'
TOUS
Écoutons! du silence!
Ll:; l'IllLTRE.
lÉRÊziNE, Usant.
PnEMlEB COUPLET.
La reine Iseiilt, au^ blanches luaiuSj A rainoiir si; moulniit rebelle I Et Tristan se mourait ijonr elle Sans se l'iaindre de ses dédains Lors voilà, nous dit la clironique.
Voilà qu'un ei)Clianteur fameux Lui fit boire un philtre magii|ue Qu'on nommait le boire-amqnreus.
Phdlre dont la vertu secrète Inspirait d'éternels amours!
Pourquoi faut-il que la recette En soit perdue, et pour toujours?
TEREZINE ET LE CUOELB.
Quel dommage que la recette En soit perdue, et pour toujours I
TEKEZIXE. •
DEUXIÈME COUPLET
Dés qu'à sa bouche il le porta, Tous deux sentirent même Uanime, Et ce l'eu qui brûlait son ànie Bienlùt Isenlt le partagea.
N'aimant que lui, qui n'aimait qn'i lie, Isenlt enfin, comblant ses vœn.v, Ju'ipi'au trépas resta fidèle, Bénissant le boire-amoureux.
Philtre dont la vertu secrète Insiurait d'éternels amours!
Pouiquoi faut-il que la recelta En soit perdue, et pour toujours?
CHŒUR
Pourquoi faut-il que la recelte.
En soit perdue el pour toujours?
guill.u;me.
-Mil ipi'un philtre pareil me serait nécessaire!
Mantrant Térézine.) Elle est belle, elle est riche, et moi pour tout trésor Je n'ai que mon amour... et ces trois pièces d'or.
Seul héritage de mon père!
{On tnlend un bruit de tambour; tout le munde se Ih-e.