SCENE
Les précédent-; JOLl-CQLl'R, arrivant à la tête d'un détachement de soldats, qui restent sous 1rs armes au fond du théâtre. II s'approche de Térézine qu'il salue, et à qui il offre son bouquet.
. joli-coeur.
Je suis sergent.
Brave et galant, El je mène tambour battant Et la gloire et le sentiment. Est-il beauté prude ou coquette '(.lue ne subjugue l'épaulette?
Pour moi je crains peu leur rigueur; On peut braver leur inconstance Quanil on est sergent recruteur Dans les troupes du roi de France.
Oui, nos droits sont bfen reconnus; M.irs sut toujours plaire à Vénus.
Je suis sergent.
Brave cl galant.
Et je mène tambour battant Et la gloire et le sentiment.
(.1 Téré:ine.)
fientille cl farnnclie fermière,
Aimable objet de mon ardeur.
Pourquoi, lorsque j'ai su vous plaire, Résister encore au vainqueur ?
Que votre cœur vous persuade !
Sous-oQicier... c'est un beau grade!
J'ai des honneurs, vous la richesse; Couronnez enlin ma tendresse.
Ne retaidcz plus mon bonheur; .VUonsI allons! faites-moi monbonli.ur!
Je suis sergent,
Tendre et galant, El je mène tambour battant El la gloire et le sentiment.
TEREZINE
Je suis flère d'un tel honimig.;!
GLILL.IUME, à part.
Elle lui permet d'espérer!
JOLI-COEUR . Et (|uel jour notre mariage ?
TtREZI.XE.
Nous verrons.
joLi-cOEi'n.
Toujours différer ?
TEREZINE.
C'e.-t qu'en vous le ciel a fait naître Tant de mérite et de talents.
Que pour les voir et les co. maître Vous sentez bien qu'il faut du temps ! JOLI-COEUR, à part.
Ah! l'un veut du temps... je louiprends' D'une pudeur mourante inutile défensj!
(.1 Térézine.) Je vais faire chez vous reposer mes guerriers.
TEREZINE, à Joli-Cœur.
■frop heureuse d'offrir à boire à leur vaîUauce!
{.iuj: yens de la ferme.) Quant à nou.s, reprenons nos travaux journaliers. CHCEUR,je levant, et sortant avec lenteur et néjliijence. Il faut quitter ce doux ombrage, Braver le soleil et ses feux ; 11 faut retourner à l'ouvrage, C'est le repos qui rend heureux.
(Joli-Cœur entre dans la ferme avec les soldats. Térézine va le suivre. Guillaume l'arrête et la retient timidement p ir sa jupe. Jeannette et les jeunes filles sont retourfiées au fond, près du ruisseau, où elles se remettent à blanchir leur linije.)