SCÈNE II
FONTANAROSE, à table; GUILLAUME, au fond du théâtre.
GriLLAU.VfE.
Voici le soir! l'heure s'avance!
A quel moyen avoir recours?
Malheureux et sans espérance.
Je n'ai plus qu'à finir mes jours!
FONTANAROSE, à table, et fredonnant l'air qu'il vient de chanter.
« Allons, plus de rigueur; « Ecoule un sénateur. >.
ODiLLAUME, l'apcrcevant et courani éi lui. Quoi ! c'est vous dans cette dennure !
FONTANAROSE.
• A diner l'on m'a retenu.
Et je repars dans un quart d'heure.
GUILLAUME, avcc chaleur.
Mon cher ami, je suis [lerdu !
FONTANAROSE, la liouche pleine et sans se retourner. Pourquoi donc'.'
GUILLAUME
Il faut que l'on m'.iim ■ Avant ce soir, à l'instant même !
En savcz-vous le moyen'?
FONTANAROSE.
Oui vraiment!
Si vous voulez qu'on vous adore.
Il f.iut doubler la dose et m'achrter encore Quelques nouveaux flacons de ce philtre puissant. GUILLAUME.
Et l'on m'aimera sur-le-champ?
FONTANAROSE.
Je le crois bien ! les vertus en sont telles Qu'après cela, même sans le vouloir.
Vous plairez à toutes les belles.
GUILLAUME, vivement.
Dès ce soir même?
FONTANAROSE.
Dès ce soir.
GUILLAUME, l'embvassant.
Ah ! ce seul mot me rend à l'evistencc; Donnez vile, donnez.
roXTANAROSE.
Jamais je ne balance Dès qu'il faut obliger... Avez-vousdc l'argent?
LK PHlLTIil'.
,^.ic/vi.'
ÛUILLAUMP, à part, fal îOïis-n.ttp. — Adc 1, ?cènft 8.
ouiixArME, nah'cmenl.
Je n'en ai plus.
FONTANAnosE, froidctneiil .
C'est dinVToiit!
[Montrant l'aiibcrije à yaiiclic.) Dos ([ue vous en aurez, c'est l!i nu'est mu ileinenrc, HMez-vous, jo l'ai dit : je pars dans uii quait d'heure. (// entre dans l'auberge )