SCÈNE V
PAULINE, seule et s'approchant du tombeau.
Toi qui lis dans mou cœur, ô ma mère, 0 toi, qui fus témoin de l'amour de Sévère, De ces noeuds par toi-même approuvés!., et qu'liélas! A pour jamais brisés le destin des combats. De l'époux généreux que me donna mon père. Redis-moi les vertus, le noble caractère; Dis-moi qu'il faut l'aimer... et pour mieux le chérir. De l'amant qui n'est plus chasse le souvenir! AIR.
Qu'ici ta main glacée
Bénisse ton enfant!
Bannis de sa pensée
Cruel et doux tourment!
Image qui m'est chère, '
Mais moins (pie mon honneur.
Fuyez ! et toi, ma mère.
Reviens calmer mon cœur.
Entends ma voix, ma mère.
Rends le calme à mou cœur!
{À la fin de cet air, on eniciid dans la caverne, à gauche,
leschants des chréiiens, el Pauline écoute avec effroi.)
PRiÈBE DES CBKETiENS, en dehors, pendant que Polyeucte
reçoit le baptême.
0 toi, notre père.
Qui règnes sur terre
Comme dans les cieux.
Ta gloire immortelle
A lui se révèle, ' Et, chrétien lidèlc.
Il tiendra ses vœux!
{Pauline, qui s'est approchée de la caverne et qui a écoulé attentivement, pousse un cri à Ces derniers mots et revient en, tremblant au bord du. théâtre.)
PAULINE
Ou'ai-je entendu !.. les chants de cette secte impie. De ces Nazaréeus infâmes, odieux.
En horreur à la terre aussi bien qu'à nos dieux! Fuyons!., ou bien c'en est fait de ma vie. {En ce moment la porte de la r(ircrne .l'ouvre. — Plusieurs chrétiens sortent et gagnent l'csealirr du fond ) PAULINE, revenant au bord du théâtre.
Il è^l troii lard!
{Tombant à genoux.) S'il faut succomber sous leurs coups.
Vengez-moi, dieux puissants!