SCÈNE V
Les PRÉCÉDENTS, M. DE BREMONT.
M. DE BREMONT. Ah ! ail! Édouard, vous voilà levé! Pour un homme qu'on disait si malade... EDOUARD. Cela va mieux, mon père.
M. DE BREMONT. C'cSt CU qUC je VOls.
SUZETTE, (roîih/ee. Oui, Monsieur; j'étais là occupée à le soigner.
M. DE BREMONT. C'est liieu, mou enfant; je connais la bonté. Ion excellent cœur. (.1 Edouard.) Éilonard, vous \erra-t-on au déjeuner? serez-vous de notre paHie de chasse?
EDOUARD. Non, mon père, et dans ce moment même je me sens tellement faible, que je vous demanderai la permission de rentrer dans mon appartement.
M. DE BREMONT. Là-dcssus, liberté entière. On ne doit pas contrarier un malade.
EDOUARD, bai, à Suzette. Tu entends^ Suzette? [Il prend le bras de Suzette, qui le conduit jusqu'à la porte, et au moment où elle va entrer avec lui.)
M. DE BREMONT, fi IulUte VOix. SuZCttC, SuZCttC, UlOn
fils, je crois, n'a plus besoin de tes services; et mademoiselle de Luceval t'attend pour l'aider dans sa toilette.
SUZETTE. Oui, Monsieur. (Montrant l'appartement où Edouard vient d'entrer.)
Air A'Aristippe.
Mais je voulais, moi son guide ordinaire, Soutenir ses pas.
H. DE BREMOMT.
Je le croi.
Il est fort beau, fort généreux, ma cliére. De protéger un plus puissant que soi.
Mais au danger alors qu'il est en butte, .K quoi lui sert un trop fragile appui? Bien rarement on empêche sa chute.
Et parfois on tombe avec lui.
suzETiE, étonnée. Comment, Monsieur?
M. DE BREMONT, lui prenant les mains avec douceur. Suzette, tu es une bonne fille que j'aime, que j'estime, que j'ai pr^nui^ de protéger.
SUZETTE. Ah! Monsieur!..
M. DE BREMONT. Plus lard, ct aprcs avoir habillé mademoiselli" de Luccval, tu viendras me parler. Va, mou enfant, vi d'abOrd à tes devoirs ; c'est l'essentiel. [Suzette sort.)
scènf: VI.
.M. Ill", l!Ri;\10NT, seul. Oui, je m'en aperçois enfin, et j'aurais dû m'en douter i)lns tôt. Élevés ensemble, se voyant Ions les jour.s, ils s'aiment, peutêtre même sans le savoir, Suzcllc, du moins, car pour miin fils, je le connais; il sait très-bien ce qu'il (ait. C'est donc par lui qu'il faut connnencer; et quoiqu'on dise qu'il n'y a pas de remèile contre l'amour, j'en connais un auquel rien ne résiste, pas même .. les grandes passions : le tout est de l'employer à temps.
LE MARIAGE DE RAISON