SCÈNE XIH
M. HE HREMO.NT, RI'.RTRANf), en costume de voya- (ji'ur, redinyole bleue, chapeau militaire, et le sac sur l'épaule.
BEUTHAND, (tii fond, et portant la main à son chapeau. .Mou général, présent, avec armes et bagages, et prêt à partir an premier roulemenl.
M. DEiiuEMoNT. J'ai cliaugé d'idée; tu ne partiras pas.
BERTRAND, transporté de joie, mettant son sao et son chapeau sur un fauteuil, et s' approchait de M. de Breniont. Que dites-vous? il serait possible!
M. DE BREMONT. J'ai uii auti'C service à tederaandar,
BEUTRVND. Qu'est-ce que c'est?
M. DE BREMONT. Il faiit te uiaricr.
BERTRAND. .Me luaricr!
M. DE iiiiEMoNr. J'attends cela île Ihii attai-hement et de Ion .nnilii''.
BEunwMi. l'i'riiiellez, général; c'est autre chose.
Lii JMAIilAGE DE RAISON.
SDZBTTB. Monâieur, je suû à vos piedâ !
Air du Taudeville de la Somnambule.
Je sais c' que j' dois de r'conuaissance A vos boutés, à vos soius généreux ; Mais ça u' va pas jusiiu'à iiraverla chance
D'un liyuien plus que périlleux :
Mieux vaut cent fois aifrouter un' batt'ric; Car, vous l' savez, j' tous ai voué mon bras, J' vous dois mon cœur, et mon sang, el ma vie; Mais ! général, la tète n'eu est pas.
M. DE BREMONT. Cela vasansdirej aussi tu ne risques rien; un ange de douceur et de bonté, un vrai trésor.
BERTR.\>D. C'est égal, j'ai déjà pris la lihertéde vous dire [Montrant son cœur .) que la position était occupée par des forces supérieures; ce qui veut dire que j'aime quelqu'un.
M. DE BREMONT. Quelle que soit cette personne, elle ne peut valoir Suzi'tte.
liERTRA.ND. Suzettc!.. cst-il possible!.. mais c'est elle que j'aime, et que je n'osais vous demander.
M. DE BREMOXT. Vraiment!., eh bien! il me sera doux d'assurer le bonheur des deux personnes que j'estime et que j'aime le plus au monde.
BERTRAND. Jc n'y tieus plus; ça m'étoufle, cela me sulToijue; et je n'ai qu'un regret, c'est de ne pouvoir me faire tuer pour vous.
M. DE BRE.MONT. Aujoui'd'hui, ccla ne se peut pas ; cela dérangerait ton mariage.
BERTRAND. C'cst juste, VOUS avcz raisou; mais ça se retrouvera, mon général, ça se retrouvera, faut l'espérer. Avant tout, cependant, vous m'assurez que mademoiselle Suzettc y consent.
M. DE BiiEMONT. Oui, mou garçon, pourquoi p;is? tu as trente-six an-, tu es jeune encore, tu es bien fait.
BERTRAND, montrant sa jambe. Oui, si ce n'était ce qui me manque.
M. DE BREMONT. Qu'impoi'te? c'cst un mallienr, eî tu ne m'as jamais ex|)lii|ué comment cela fari'iva il y a deux ans. Que diable! dans noire état, on n'a jamais vu se casser la jambe en tombant. '
BERTRAND. 1! cst dc fait que je méritais mieux qn^ cela; mais de ce temps-ci les boulets sont rares; :l n'y eu a pas pour tout le monde. Enfm c'est toujours là ce qui me faisait trembler.
LE MAHIAGE DE RAISON
M. DE BiiF.Mo>T. Tii:n>, voilà Siucltc clle-mcnic qui va le rasïiu'cr.