‹ Pièces de théâtreChapitre 404 sur 575 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

SUZETTE; EDOUARD, à la croisée.

EDOUARD. Suzette, est-il parti?

SUZETTE. Monsieur, que venez-vous faire en ces lieux? me perdre!

EDOUARD, courant auprès de Suzelte. Non ; mais je viens réclamer mes droits, ces droits que leur pei'fidie ess-iie eu vain de m'enlever. Car tu étais à moi, tu m'appartiens par ton amour; je t'ai épargnée, je t'ai respectée ; et quand je pense qu'aujourd'hui même un autre obtiendra un prix qui n'élait dû i|u'à moi ; que ce Bertrand auquel on t'a saci'iliée...

SUZETTE. .Monsieur...

EDOUARD. Cette idée seule fait bouillir mon sang dans mes veines.

SUZETTE. Celui que j'ai épousé mérite mon estime, la vôtre; et c'est pour être digne de lui que jo ne dois pas vous écouter plus longtemps. Laissez-moi.

EDOUARD. Moi! te laisser! non. Quelque malheur, quelipie danger qui me menace, jc reste en ces lieux; l'ien ne pourra m'en arracher.

SUZETTE. Quoi! pas même l'idi'e de eompromi'ttre mon bonheur ou m.t ré|)utation ! Ah! .Monsieur! quelle différence ! ce n'est pas là ce que jo viens d'entendre.

EDOUARD. C'est que personne ne t'a jamais aimée comme je t'aime. Et quels sont ces devoirs qu'on t'a imposi's malgré toi, malgré ton cœur? sont-ils plus sacrés que les promesses que tu m'as faites? Oui, Suzette, c'est moi qui ai reçu tes i-eniients; c'est iiiid qui suis teni amant, ton maî'i. Vi( us, fuyons; suis-moi si tu m'aimes. [Il veut l'entraîner.)

suzKiTE, s^arrachant de ses bras. Jamais! vous cics .sans pitié pour moi, je le .serai pour vous. 0 ciel ! j'entenils du bruit, on vient, éloignez-vous.

EDOUARD. iNon, je reste.

SUZETTE. Par grâce! par pitié! si ce n'est pas pour moi, que ce soit pour lui, |iour son repos. J'en aplielle à votre honneur, à votre amour; parli'Z à l'instant, ou je croirai que vous ne m'avez j.unai^ aimée.

EDOUARD. Tu le veux, jo m'(''loigiie. (S'tijiiinirlKint de la croisée, et se retirant aussitôt.) Bertrand est sous

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LE iMARlAGE DE RAISON.

cette fenêtre, qui donne des ovdics à dis ouvriers.

si'ZETTE, montrant la porto du fond. Kli bien ! descendez \ile pur cet escalier.

ÉooLARD, cnt/niliint jiarU'r de deliors. Impossible! C'est la fermière, c'est madame Pinchon ! Que diable vienl-elle faire ici? Ne crains rien, Suzette, je serai prudent. [Il se cache deniére le jmravcnt, et le referme sur lui.)

sizETTE. 0 mon Dieu ! vous nie punissez de l'avoir écoule.

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