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SCÈNE IV

DUBOCAGE, PIERROT, MATHILDE, habillée en petit yarçun, arec un tambour.

MATHILDE , 6» dehors. Ohei ! Ohci ! la poste aux à lies !

Am du Jlari de eirconstaitce.

On du ([u'il faut que j' sois s;ivant, Le latin ne m'amuse guère.

Moi, je me sens né pour la guerre ; Et lit giammaire et 1' rudiment, J' vous inên' tout ça tamliour lialtaul, Pan, pan.

Le bruit, voili mou éKiucnt, .\ moi seul je fais plus d' lapago Que tous les p'tits garçons de mou âge;. Et ijuand ils s'en \ont disputant, J' les accorde tous en frappant.

Pan, pan.

PIERROT. Par exemple, celui-là, d'où sort-il?

MATHILDE. Ditcs (louc, VOUS aulics, tavcz-vùus où cat mon oncle Dubocage ?

DUBOCAGE. Le voilà, mon pelit ami, le voilà.

PIERROT. Eh! oui, c'est lui-même. (Apart.) Ah çà! que disait donc M. Jules?

MiTHiLDE. Comment! dans ce fauteuil... Tiens, par exemple, a-t-il l'air patrai]ue.

DUBOCAGE, riant. Ah! ah! C9t-il naïf... Viens douc m'embrasser.

MATHILDE. Volontiers.

DUBOCAGE. Coniineut te nommo-t-on?

MATHILDE. Achille.

DUBOCAGE. Eh mais ! ci; nom-là te convient assez, e.ir lu as l'air d'un petit diable. Et eomiiieiit le trouves-tu ici? Pierrot m'avait dit que ton père et tuus tes frères étaient à Kétlial, chez .M. de Erémoni:ourt.

ACHILLE. Ah! Pierrot vous a dit cela, eh bien! c'est vrai.

PIERROT. Tiens, j'ai menti juste, c'est-i heureux !

ACHILLE. -Mais pendant que mon papa s'était en-

LE VIEUX GARÇON ET LA PETITE FILLE

ft-niii^ priiii' causer avec ce M. de Frémoncourt, qui est un \ieux...

ni'BOCAGE. Pas tant, il est plus jeune que moi.

ACHH.LE. C'est égal, c'est un vieux ; il n'en finissait pas; ça nous a ennuyés, nous sommes sortis sans permission, nous avons laissé les autres tiui sont des bambins, et nous sommes venus avec Fortuné, Tbéodore. Oscar et Coco...

piERiiOT. Oscar et Coco. Ah çà ! ils sont donc décidément une douzaine?

Di'BOCAGE Ces cliers enfants ! pour m'embrasser plus tôt : c'est charmant. Tu avais donc bien envie d'arriver?

ACHILLE. Dame ! quand nous avons vu ces beaux marronniers et ce parc, nous sommes montés sur lo mue.

• Ain : Si vou! n'étiez pas si jolif.

« En sautaul, vous cassfz 1' treillage, « Dit un garde-chasse en conriou\ ; <i Vous èt's chez monsieur Dubocage. »

Alors nous avons sauté tous.

PIERROT

Là, v'ià l' Iri'illage en décadence.

ACUILLE.

Ailleurs c'eût été fait de nnus.

Voyez (lucl bonheur, quand j'y [icnse.

Que cela soit tombé' sur vous.

DUBOCAGE. C'est le garde qui vous a coiiilnits ici?

ACHILLE. Non, les autres sont restés sur le canal, parce qu'il y a une banpie; et Oscar et Cnco se sont mis à naviguer. C'est Coco qui est le grand amiral.

DUii0C.\GE. Mais toi, mon petit garçon, lu as voulu voir ton oncle?

ACHILLE. Sans doute, moi et Théodore ; parce que nous avions faim.

dijBoc.vge. Sont-ils gentils! Et Théotlore, où est-il?

ACHILLE. Eu bas, le long des es|ialiers, il est resté à manger des pèches, parce qu'il est très-gourmand mon frère Théodore.

DUBOCAGE. Et toi ?

ACHILLE. Oh! moi, je n'ai jias voulu.

DUBOCAGE. c'est bien.

ACHILLE. Parce que, des pèches, ça me fait mal, j'aime mieux autre chose!

DLBOcAGE. Eh bien! voyons. Pierrot, donne-lui aiilrc chose à cet enfant?

PIERROT. Dame! Monsieur, il y a là dans cette armoire ce beau pâté de foies gras.

Di'iiocAGE. Veux-tu te laire? un pàti' superbe qui m'arrive de Strasbourg ; je défends bien qu'on y louche! D'abord c'est trop bjurd, et ensuite j'y compte pour mon dîner d'aujourd'hui ; iliable! d ne .s'agit pas ici de plaisanler. Apporte toute autre chose, ce qu'il y aura. (Pierrot sort.)

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