SCÈNE VI
MATHILDE, puis JAQUELINE et PIERROT.
MATHiLDE. Victoii'e! victoire! j'ai mis muii Imn oncle on déroute.
piERiun', à Jaqueiine, en entrant et tenant un pot de ton/ilurcs. Aussi, tu ne me prévenais pas. Est-ce (|ue je pouvais deviner? j'ai cru que les dix y étaient iléj,-i.
.lAQUELiNE. Es-tu simple! (/t Mathilde.) Eli bien! M iilenioiselle, comment cela va-t-il?
>iAiniLDE. A merveille; mon oncle est joliment en colère, et grâce au ciel il me déteste déjà; mais il faut coiitmiier. Vous savez que vous devez m'oljéir et me seconder, vcitre mariage en dépend; car je me charge de liiiit auprès de mot! oncle.
JAQUELINE ET l'iEitROT. Oli ! uous voilà, quc faiit-il faire?
.mathii.de. Apportez-moi' d'abord le pâté de Slrasboui'g dont il a parlé.
PIERROT. Oh I non, ça c'est du sérieux et du snlide.
Air de Taconnet.
Monsieur votre oncle se mettrait en colère.
MATHILDE
Il est si bon !
PIERROT
Mais n' fiiut pas l'ostiner.
MATHILDE
Qui le fait peur?
PIERROT
J' connais son caractère.
Hors un tel crime il peut tout pardonner;
De lui je crains quelque apostrophe.
Comm' bien des gens qu'on pourrait désigner, Le long du jour Monsieur est philosophe ; Mais il est homme à l'heure du diner.
MATHILDE. Veu\-tu étrc marié, oui ou non?
l'iLRROT. Oui, je le veux.
jAULELiNE. Eh bien! fais donc ce qu'on te dit.
MATHiLiiE. Il s'agit ici d'uuc cons|iiration contre mon oncle. Toi, Jaqueline, à cette table, Pierrot do l'autre côté. Nous avons peu de temps ; c'est là le cas de montre!!' du courage et de l'activité : avant un quart d'heure il faut que ce pâté ait disparu, et je
coni|)ti' sur vous. Adieu, je reviena dans rinstant.