‹ Pièces de théâtreChapitre 423 sur 575 · SCENE XIL DUBOCAGE, puis EDOUARD · texte numérisé non relu

SCENE XIL DUBOCAGE, puis EDOUARD

Di'BOCAGE. Ah! mon Dieu, quelle famille, et comme tout cela a été élevé! l'un tapageur insuppurlable, l'autre d'une bêtise >urnaturelle ! elles autres... Hein? qu'est-ce qui vient là?

MATHiLDE, en jeune homme à la mode et habillée dans le dernier genre, le lorgnon, la cravate bien serrée, etc., parlant à la cantonade. Eh bien! prenez donc garde. Messieurs; je ne suis pas habitue à ces manières-là, et je n'irai pas me compromettre jusqu'à jouer avec vous.

DLBOCAGE. Ah! uion Dieu, quel est ce petit jeune homme? si ce n'était sa taille, on le prendrait pour un des élégants de Paris.

Edoi'ard, saluant avec aisance et du haut de laléte. Pardon, Monsieur, ma demande ne va pas vous paraître bien bon genre; mais quand on est obligé de s'annoncer soi-même... N'est-ce pas au maître de la maison que j'ai l'honneur de parler?

DiBOCAGE. Oui, mon petit monsieur.

ÉDOLAiiD. C'est M. Dubocage, mon respectable oncle.

DiiBOCAGE. Comment! vous êtes mon neveu ? Ah! mon Uieu, lui fat de douze ans, il ne manquait plus que cela.

EDOtARD. Monsieur Edouard Lefebvre, dont vous avez peut-être entendu parler. Comme j'annonçais le plus de dispositions, je suis le seul de mes frères qui ait été élevé à Paris; mon père m'y avait envoyé au lycée.

DUBOCAGE. Et vous avez appris là...

ÉuoLAKD. Un peu de tout, quoique je n'aie été qu'en cinquième.

Air : Du fleuve de la vie.

Oui, l'étude à tel iioint m'ennuie, Que, me liàtaut d'être savant, Grec, hisloi'e, géographie, J'ai tout appris en un instant.

DUBOCAGE

Moi, je m'itonne avec justice , Voyant votre âge et vus talents, Q.ue vous ayez trouvé du temps Pour aller en nourrice.

EDOUARD. Voyez-vous, mon oncle, quand par hasard, le dimanclie ou le jeudi, il était permis de sortir, j'allais chez M. de Villei'biis, le correspondant de mon père, une maison tres-riehe. 11 a un lits de douze ans, avec qui nous étions très en froid, d'abord parce qu'il s'en fait accroire, et après cela parce que nous ne sommes pa-s de la nièuio opinion. Alors, au lieu d'aller jouer dans le jardin avec lui et les autres petits garçons, je restais toujours dans le salon, au coin de la cheminée, derrière les jeunes gens du meilleui- ton. J'écoutais et Je regardais; et quand j'étais seul devant une glace, je répétais.

DLBOCAGE. Je conçois qu'avec de, pareils modèles...

EDOUARD. Oh ! je les possède à merveille; tenez.

mon oncle... [Arrangeant sa cravate et prenant un ton de fat.) 11 fait aujourd'hui le temps le plus incohérent... Longchamps était d'un ennui scandaleux... A propos de ça,avez-vous vu .Misanthropie et repentir.' Je ne sais pas si vous serez de mon avis, moi je nr trouve pas ça moral; et puis ce mari, c'e^t commun en diable, et on ne voit que cela. Dites-moi, mou cher, avez-vous là votre tilbury? j'ai envie d'aller voir la petite Léontine : on dit qu'elle est rentrée au Gymna.w.

DCBOC.ACE. Allons, allons, mon neveu Edouard est un véritable perroquet.

EDOUARD. Et ma cravate, comment la trouvez-vous ?

DUBOCAGE. Est-ce quc je m'y connais?

EDOUARD, prenant son lorgnon. C'est Juste; vous qui êtes en province, vous ne pouvez pas connaître le bon genre.

DUBOCAGE. Dieu me pardonne, je crois qu'il me lorgne; c'est fini, voilà le pire de tous; les autres au innins avaii nt les défauts de leur cage, mais celui-ci... Mais que veut Jaqueline avec cet air effrayé?

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