SCENE XVII
Les précédents, JULES, entrant brusquement.
.RiLES. J'ai eu beau attendre M. de Frémoncourt, il ne rentre pa.s, cl j'aime mieux à tout hasard... C'est mon oncle.
DUDocACE. C'est mon neveu, c'est mon cher Julc!.
.in.ES, l'embrassant. C'est mon oncle que je revois, et ma fdie auprès de lui.
nuBOCAGE. Oui, mon ami, noire chère Malhilde, que je trouve charmante, et qui sera ma fille d'adoption; m.iis s'il faut te parler avec franchise, car moi je ne flatte personne, je ne suis pas aussi content au sujet des autres enfants.
.iiLES. Oii"ij ni'^'i onde, vous s.ivez déjà...
DiBOCACE. Parbleu, ce n'était pas difficile à découvrir; nuis au fait, ce n'est pas l'instant de gronder, car dans ce moment, soit de leur faute, soit de la miiMine, je n" sais comment t'avouer cela, ils sont tous un peu malades.
JLLES. Je présume, mon oncle, que vous voulez plaisanter?
ni'iiOCAGE, M'en présene le ciel ! ton fils Achille a la jambe un peu écorchée, et ton fils Casimir a le pied fiinlè. (Voijant Jules qui fait un gesle.) Calme-toi, nio:i ami, le niédei in prétend qu'il n'y a rien à craindre; quant à tes fiU Arthur, Êîi(-nne, Oscar et Coco, ils sont lombes dans le canal, mais, je te le répète, pas le moindre danger.
.iiLEs. Ah çàl mon onde c'est une gageure.
niiiiocACE. Çi en a l'air, et pourtant rien n'est plus vrai. Pour ton lils Théodore, il est malade d'iuie in- (ligeslioii, et cela ne doit pas l'éloimer...
•iiXES, d'un air piqué. Non certainement; mais ce qui m'élnnne, c'est de vous voir continuer aussi Inngtcnips une l'aivilh; railh^rie, quand vous connaissez nuire situiitiim ipiand vonssavez (|ue malheureusement ji- n'ai pas d'auli'e enfant que celle-ci.
DuiiocACE. Que me dis-tu là?
.lui.ES. L'exacte vérité.
duiiocage. .Mais qumd j'ai vu les autn^s de nies pr(ip!C5 yeux.
■RIES. Vous avez vu mes di,x enfants!
i)ulo:aci;, reijardant Mathilrle. Ma foi, en grand(^ p.u'tie. Qu'est-ce que c'est, Mademoiselle? je crois qur vonsriez. Voulez-vous avoir la bonté de nous expli(pier te que cela veut dire?
.MAnni.iiE. Mon oncle, vous l'auriez peut-être su si vous aviez écouté la fin de mon histoire.
jli.es. Conunent, ma fille se serait permis...
DiaiocACE. l'xonte-la, mon ami, elle lit fort bien.
jiAïini.uE, cDutinuanl à lire, n Or, l'eneh inleur, do « qui leur s-.rl dépenilait, était cet oncle dont nous « avons iiarli' plus haut. ICt la pelite fille voulant lui
« prouver qu'un enfant qui nous aime vaut mieux que « dix qui nous font enrager, s'avisa de faire à elle seule « tous les petits gari'inis. Et voyant cela, le bon onde « répondit, le bon oncle répondit... »
PL'BOCAGE. Apres...
MATiuEPE. « Il ri'pondit, ce bon onde... »
dubocage. Eh bien?
MAïiuLiiE, lui montrant le livre. Mou ot:ele, la page est déchirée.
DLBOCACE. Heureusement je l'ai lue autrefois l'histoire, et si j'ai bonne mémoire, voici, je crois, ce qu'il répondit :
Ain de Cokilto.
Oui, je voulais, ihins mes enfants nombreux,
Esiiril, talent, f-'iice légère;
Le clol a comblé tons mes vœux, Car je trouve en toi seulj un-î f.im.lle entière.
Pour cliarmer l'hiver de mes ans.
Auprès lie moi reste sans cesse ; En te voyant j'oublierai ma vieillesse : On rajeunit à l'aspcet iln printemps.
JULES ET MATiuLDE. Ail! iTiou OHclc, quc dc bonlés!
ButocAGE. Oui, mes enf.uits, embrassez-moi, (.4 Mathilde.) et amène-moi ta mère.
MATiiiLDE. Elle est ici à côlé dans la bibliothèque ; mais, Jai|ueline et Pierrot étaient du complut; et je crois dans l'iiistoirc qu'on les marie à la fin ; vous le rappelez-vous, mon ouile?
DUIIOCACE. Pas précisément, mais c'est probable, car toutes les histoires finissent par un mariage. (.1 Pierrot.) A demain donc le repas dc noce!
p;ebrot, montrant le pâle. Nous avons déjà pris un à-cjmplc.
VAUDEVILLE
Ain de Meissonnicr.
MATIIILDE.
Je le sens bien, celte indulgence Insigne A mon eiifanre ici vous l'arcordez ; Mois l'avenir pourra m'en rendre digne Attendez!
Mon oncle, attendez!
JAQCELINE.
Sans ètr' corpielt' staiieiulant je me forme. Quand un galant vient me dire : Cédez, J' dis, lui donnant un rendez-vous sous l'orme : Attendez!
Monsieur, attendez!
ji;les Vous (|ni, remplis d'une amoureuse ivresse. Prés de l'ohjel qu'enfin vous possédez.
Jurez d'aimer et de brûler sans cesse.
Attendez!
Un mois attendez!
riUBKOT, « Dubocai/e. En fait d' desseins, j' sais quels étatent les vôtres,
{Regardant Jaqueline.) Qui d' dix paie nu reste neuf, mais r'gardez ; J'ons du courage, et j' vous promets ks autres, Atti ndez!
Nouf maître, attendez!
DCBOCAGE.
Si vous voulez au salon voir parait o Tubl'auxdr genre et portraits, deiunidez; Si vous voulez des tableaux de grand maitro, Attendez !
Encore, attendez !
MATIIILDE.
Si vous voulez applaudir cet oavrage, A rinstant inénie â ce désir cédez; Si nous griinilrr vous plaisait davantage. Attendez!
De grAce, attendez.
FIN DE LE VIEt'X (;ABr.0N ET l.A l'ETITr 1 RIE.
JEANNE ET JEANNETON
JEANNE ET JEANNETON
COMÉDlE-VArDEVILI-E EN DEUX ACTES noprOscuIce, pour la |ircmlcrc fols, it Paris, sur le lliéAtrc du Gyniuniic draniallqac, le t» avril 1S4Â.
£S SOCltTE AVEC SB. VAnNSR,
GALUCHET, ouTiicr bijoutier M. GOQIEBERT, joaillier. . .
ANATOLE, son fils
UiN VALET
1 trsonnagcs MM. NiMA.
Landriil.
Geoffroy.
Alfbed.
JEANNE. ■) „,. , ., p . , . ( Miisi Meixv.
JEANNETON, ) ( lltsiREE.
LA MARQUISE DAUBERVILLIERS. . . Mm= Lambouix.
La scène se passe à Paris. Au premier acte chez Galtichet ; au deuxième acte chez Coquebert.