‹ Pièces de théâtreChapitre 492 sur 575 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

ELVINA, LE GOUVERNEUR.

LE GOUVERNEUR. Parlilcu ! voilà sa maison. Ce cher Imron, il sera ravi de me revoir.

ELVINA. Quel est ce miliiaiie '?

LE GOUVERNEUR. Mon enfant, peut-on parler à M. le baron ?

ELviNA, à par*. Une visite, el dans ce moment-ci! [HatU.) -Monsieur, il est sorti.

LE cûLVEBNEun. Sorli ! un de ses gens m'a pourtant assuré...

ELVINA, brusquement. U est très-occupé, et ne reçoit pcr;onne.

LE GOUVER.NEUB. Lorsqu'il saura quc c'est le gouverncur du château voisin...

ELVINA, vivement. Le gouverneur du château ! Comment, .Monsieur, c'est vous?

LE GOUVERNEUR. iMol-uièine, ma chère enfant.

ELVINA, tres-vivvment. Ah ! ah ! je suis enchantée de vous trouver et de vous faire'raon compliment.

LE GoivERNEUR, étonné. Que veut dire"?..

ELVINA, de même. Cela veut dire que vous vous conduifez horriblement, que vous ne faitesque des inju.sliees, des actes de tyrannie, et que tout le monde se plaint de vous.

LE GOUVERNEUR, regardant son costume. Tout le monde se plaint...

ELVINA. Oui, Monsieur, et moi lapremière, je vous en avertis.

LE cûuvEKNEUR. En vérité. Mademoiselle.

ELVINA. Ah! vous emprisonnez les jeunes gens, les officiers, vous les conliiicz dans de vieux donjons, vous les faites périr d'ennui !

LE GOUVERNEUR, SOUriont.

Air : Vaudeville du Piéye.

Oui, ces messieurs, je le conçois, Malgré mon humeur peu sévère, S'amll^ellt rarenunl cluz moi; Hélas! je n'y saurais que faliv.

Chacun, j'en conviens des premiers, Coinnie vous n'a pas en parlage L'art de f.dre de» prisonniers Qui bénissent leur esclavage.

ELVINA, brusquement. Monsieur, vos observations me déplaisent.

LE GOUVERNEUR, l'examinaul. Ah! j'y suis. Ce costume, ce ton cavalier; c'est sans doule li; petit dragon dont on m'a tant parlé depuis mon arrivée.

ELVINA, avec feu. Vous m'iiiMUltez, .Monsieur; cctlc épithéte...

LE GOUVERNEUR, tiaiit. EM mais, Mademoiselle, il me semble que c'est vous-même, dont les discours offensants...

ELVINA. C'est possible, Monsieur; dans tous les cas Je suis prête à vous rendre raison,

LE GOUVERNEUR, élevant la voix. Comment, Mademoiselle ?

^Lw-^K, à demi-voix. Parlons bas, Monsieur, parlons bas, je VOUS prie.

LE couvEi\NEUR, Mais c'çst un diable que cette petite femrac-là,

Page 1