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SCÈNE PREMIÈRE

PORTO-C.\.RRERO, LA DUCHESSi: DU SL\1NE.

(roiJS' (/(■!«■ sont déguisés en bourgeois de l'époque. Ils enirent )nyslérieuS''ment. La ducliesse sort du cabinet n" i, Porlo-Carrcro arrice par le fond à droite.)

LACNY. — Iii.iirimirie de VuLAT el Cie. — K» 9. —

LE .MOULIN DE JAVELLE

LA DiciiKSSE. Entrez ici, mon cher Porto-Carroro, et parlons basi

poRTû-CARnuRO, regardant niilour de lui. D'honneurj 11' lien est siiiirnlirremcnt dioisi pournnc cuiifcreiice poliliijne! Le moulin de Javejlr! Ln caliaret hors liarrières, on tontes les petites i^riscttes de Paris donnent rendez-vou^ à leurs iralanls ! Et la dueliesse du Maine sous nn pareil déguisement.

LA Dl'CiiESSE. Silence!

PORT(l-f:*Rt!ERO.

Ani : J'ai vu parloul da)i$ mes rnyagfs.

Mais r'est assez votre routiimej Et totie esprit aTenlureli^c fiftll sr plaire sous rc Cistiitilej El hindostc et mysliTielix !

Oui, liiwiht une roiir inEnàle, i'arloi* la reiht des amours El digulsée; .

LÀ bt'rnsssfe, foutiûl}!.

TA iliplninait') Vous, Monsieur, Ttiiis l'ptes Idnjoitf'S ! El secrt'Iairc et diplinrtHlf,- Votis, Moiisiem'-; TOUS l'éleètoUjoilrS.

PORTO i.AhfiliRO. Pas avoc^ irinif'j dit itioins;

LA IfciiESSF.. Vous avez fiçii Innli pttit (tlol?

roRT(!-c<Rftf;Ro. J'ai suivi les itttctltion^'de to(l^eft!= tissiî. [Mmtnmt son habit.) I.* pins slriet lneii«iil(o. J'ai frOTTiiK" la Voiture et lisions de l'amleissade; les rotili tii's pspàpilolcs pouvaient nous trah r.

lA oiTtiEssE. r.ellaniarc est prévenu'?

poRTo-CARRERO. Il fie (ifiKgp pltfs de l'Arscuiil.

LA DixiiEssE. Et quelles nonvcfies (le Perpi,^'uau?

PORTO-CARRERO. D'excellentes. Le goilvcriieur est un homme sûr et loyal, et mnyeimant la somme prorai>e, il ouvrira ses portes aux troujies de Piiilippc V.

LA DLCHESSE, avcc joic. A merveille ! Mais avant d'aller plus loin, mou cher abbé, parlez-moi à ocur ouvert, et avec tonte la franclnse d'uii scerétiiro d'ambassade! ee n'est pai vous en dcman 1er trnp ! dois je me fi'T à la parole d'Alberoni ?

rORTo-eARiiKRO. Qui peut vous en faire dnulcr, madame la dnchessc'.'

LA urcnEssE. 11 est Italien, et premier ministre!

poRio-CARnEiio. Son intérêt vous répond de fa Sricérité. Pouivn ((Ueli régcnee et l.i tutelle du jeniiK Louis XV soient <lo:inées au roi d'Espugn ', il consent à en déléguer les pouvoirs à M. le duc du Maine; et cîjfitnic vous avez tout empire siir votre époux...

LA DUCiHcssE, souiiaiU. C'est moi qliî gouvci'iiertii la France! Ce n'e>t qu' justice ! car cette régenr'e nous appartenait : et sans la f nhless,' de mon mari et les intri.;ues de ee mi-éiable llnbois, que je ii.iis pres(iue autant <\nv. son patron ! Impudent pei-sinnage! il a voulu l.iire un régent de son ancien élève, pomdevenir ministre de .sa puissance, comme il l'était de ses plai.sirs! EflVonlé parvenu, (jui se venge de son origine; ol)>cure en nous rali,ii-s dit jusqu'à lui, en faisant déelarcr les princes du sang déclins de Irurs prérogalives! en se .servant di; sa police pour livrer aux bro;ardsdu la ville les corrcs|)on lances secrètes des lireinieres daims de la cour !

l'ORTO-CARRKKo, ricec ntalicr. Quoi! les intrii^ii' s de ces dames? Quelle horreur!

LA uuciiEssE. Il ne respecte rien. Ce n'est pas j-oiir moi qtie je parle.

PORTo-LARRiRo. Parbleu ! (Aimit.) Elle était en lèlc (le la lisle. [Ilniil.] Et c'est nn pareil lionniie qui aspire an\ plus liant 'S dignités de rEglia'l

LA M'cii.isbF., (ii'fc mépris. Il aura beau faire, il sera toujours plus fourré de vices que d'hermine! mais j'y metirai bon ordre; et pour nous débarrasser à la fois de nos deux cnneniis, il faut que le régent soit en route, cette nuit, pour l'Espagne.

poRTO-CARRERO. Cette nuit?

LA DicuEssE. H ira faire sa e lur aux belles Castillanes! ça le changera.

poRTO-c\RREiio. L'eiilevcr au milieu de Paris, deses officiers! prenez garde; malgré son amour effréné jiour ses plaisirs, ses folies, ses dissipalio::s, le vainqueur (le Sleitlkerquo et de N r.vinde a ici de la popularité.

Air de Lanlara.

Il sSil al(nefj boire et se liallro, GIrtifj et (ilaisif ont pour lui ilrs .illmils,

Et je rrois, tûmoiij Heiiri-Qiialrc,

yile les firinrcs mauvais su ets

Kn Fraiirc ont toujours du suoci's!

Dit ppriplo l'amour- l'environne;

Onr il (I, (lour mieux le cagner.

L'esprit qiii plait, la houtê qui pardoiuicj Et des liC'fituls qui foiil fout pardonner!

LA ijùrllF.sSfi,- Hvfc impaiichce. Qiii vous demande son panégyrique, Monsieur; et qui vous parle de i'eiilev( r au milieu do Paris? [naissant la voix.) C'est ici qu'il vn venir.

roiiTO-CARRER^i. Le prince?..

LA DiTiiEssE, plus bas. Saiis (ionlc! une petile giisetle dont il est amoureux fou! Pour écliipper aux soupçons de madame de Parabére et des autres maifrcsses eu t tro, c'est ici qu'il lui a donné, rendez-vous. Sa t!0ur l'ignore, mais nos limiers m'en ont avertie! [Montrant une porte à gauche.) J'ai fait aussitôt retenir cet apparlemeiit pour épier ses démarches, des gens sûrs entourent la maison, et s'il y met le pied...

PORTO-CARRERO. Par Notrc-D.ime del Pilar! voilà nn plan dont Alberoni sera jaloux! mais une voiture?

LA DLC1IE5SE. Elle est prctc.

PORTO-CARRERO. LcS l'clais ?

LA DUCHESSE. Disposés sup tonte la route, dont 1, s commandanls nous sont dévoués !

poRTo-CARREijo. Et poup s'ciuparcr dc la p. rsoi.nc ciu jeune roi?

LA BUoii:;SsE. Il Sous faut un honmic de tète, d'exccution, qui ne sache nos seercis ipi'à moitié; j'ai noire affaire : un jeune ofllcicr (pii ernit avoir à ,se pl;ii(idi-e; il y Sti a tojljriitt''s; je l'ai fail pfcvenil', et... Chut! le voici, pas nn mut de plus!

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