‹ Pièces de théâtreChapitre 536 sur 575 · LE RÉGENT · texte numérisé non relu

LE RÉGENT

Oui, des altesses!

Des princesses, des majestés !

{A part.) Si 1,1 fc.iieheur, la gentillesse, Aujuuiilluii, pni'ini nos beautés, Elaieiit des litres de noblesse.

[Il se levé et vient sur le devant de la scène. Haut.)

.Mais, grâce au ciel, mon cber Verdier, tu ne les connais pas, elles ne sont jamais venues ici, et c'est bien ce qui eu fait le charme; ce soir à neuf heures, et nous n'en sommes pas loin, elles seront à 1-î petite porte de la rue de Valois, tu les recevras.

VERDIER. Je leur offrirai la main pour descendre de voiture.

LE RÉGENT, Qvec indignation. Une voiture! j'espère bien qu'elles viendront à pied ; si cependant elles arrivaient en fiacre, ce qui m'étonnerait, que la grande porte leur soit ouverte.

vERDiEii. lu fiacre ! il n'en est jamais entré dans la cour du palais.

LE Ri:(;tNT. (Jue celui-là soit privilégié et traité avec tous le^ égards dus au mérite qu'il renferme!

VERDIER. Oui, Monseigneur.

LE RECENT. Tu feras attendre les personnes là, dans la salle du con-eil. (.Voidrant la porte à droite.)

VERDIKR. Oui, Monseigneur. (A part.) Qui diable ça peut-il être?

LE RÉGENT. Mdis il v cu a uiic qui arrivera avant les auties... [A part.) Du moins elle me l'a bien promis... {Haut.} Mademoiselle Babet; tu entends.

VERDIER. Oui, Monseigneur, un nom déguisé.

LE RÉGENT, lui frappant sur l'épaule et d'un ton ironique. Tu as de l'esprit, Verdier.

VERDIER. l'n peu do tact, un peu de finesse, et voilà tout.

LE RÉGENT, o part, le regardant. Un imbécile, qui ne voit et n'entend rien. {Haut.) Enfin, des que inadomoisello Babet paraîtra, tu la feras entrer de ce côté. {.Montrant la porte à gauclte.)

VERDiEH. Oui, Monseigneur, et votre altesse peut être sûre...

LE RECENT. C'est bien, va-t'en. Jl s'assied auprès de la table.)

VERDIER, continuant ses salutations. C'est trop d'honne.ir.

LE RÉGENT. Comme tu voudras; mais laisse-moi. (Verdii-r sort.) Car il ne sera pas dit que le souper se passera sans chansons, et j'ai là quelques couplets à achever.

(Chantant.) Eh! bon, l)on, bon, Que le vin est bon!

lUivons a nus sultanes.

Eh! voici justement l'abbé!

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