‹ Pièces de théâtreChapitre 563 sur 575 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Les PRÉrÉDENTs; M. DE SAINT- VALLIER.

H. DE SAiNT-vALLiER. Ah! môH auii ! mou cher neveu, votre lettre m'a pénétré de joie et de tendresse.

M. DE VEimois. Monsieur...

M. DE SAi>T-vALHER. Ne VOUS déraugcz donc pas... C'est ce qui pouvait nous arriver de plus heureux ! une alliance aussi honorable! un mariage aussi convenable sous tous les rapports! l'ourquoi diab'e .iiissi ne parliez-vous pas plus tôt? Vous étiez bien sûr de mon consentement! Du rest(>, il n'y a pas de n,a', puisipril et lit encore temps. Au reçu de voire lettre, j'ai tout rompu de l'autre côté.

ji. DE vERBOis. Comment! vous vous êtes hâté...

SI. DE sAiM-vALLiEii. Oiii, uiou clier ami! sur-lechamp ! M. de (îorcourt est furieux, et moi j'en tuis encinnté, parce que, s'il faut vous le dire, cet aïKre mariage ne me convenait pas. C'était malgié moi que je le faisais.

M. DE vERBOis. .Malgré vous!

M. DE SAiNT-VALi.iErt, Oul, la forcK dcs circonstanccs, dont je Vous parlerai tout à l'heure. Et puis une nièce de dix-huit ans A établir, .\llez, mon cher ami, vous saurez cela. Un chef de famille qui aime .ses enfants est souvent bien endjarrassé.

M. OE vERiiois. A (|ui le dites-vous!

M. DE SAiNT-VALLiER. Ah çù ! je vieus prendre avec vous les petits arrangements préliminaires et indispensables. A quand la noce?

M. DE VEiiDOis. Mais, Monsieur, je voulais vous prévenir avant tout..,

LÉONiE, à M. (le Verbois, à voix basse, montrant Adolphe. Ah! mon Dieu^ bon papa, il s'approche de la croisée!

M. DE vERBOis Adolphe !.. [A Saint-ValUer .) Je voulais vous dire, Monsieur... que,., j'étais décidé...

M. DE SAiNT-vALLiER. Décidé... à quoi?

LÉOME, bas, à U. de Verbois. Dieu !.. il touche l'espagnolette !

M. DE VERBOis, vivemeut, à M. Je Sainl-Vallier. A épouser... Monsieur,., h épou.ser mademoiselle votre iiii'cc.

ADOLPHE , s'approchant et serrant la main de M. de Verbois. Ah! grand-papn, quelle reconnaissance...

M. DE SAiNT-vALi.iKR. Ail cà ! pouc paHip d'alTaircs , vous connaissez mes arrangements avec M. de CJercourt... Je ne donne pas de dot.

M. Dr. VERBOIS. Qu'à cela ne tienui;.

.M. DE sAiNT-VALLiEK. MoH auii, uion cstimahlc ami, je cours prévenir Henriette.

.M. DE VERBOIS. Uu iustapt, Jc dois avant tout vous prévenir d'une condition essentielle : il me faut d'abord le temps de plaire k votre nièce ; car jc ne l'épouserai que quand elle aura de l'amour pour moi. {Bas, a Adolphe.) Tu vois que je ne m'engage à rien.

M. DE SAiNT-VALLiER. Je VOUS lu'euds ail mot, et ce mariage-là aura lieu plus tôt que vous ne croyez. Ma nièce me parlait sans cesse de vous, de votre bonté, de vos excellentes ipialilés. Il y a deux ou trois jours, vous deviez venir diner à la maison ; elle était d'une joie à laquelle je ne comprenais rien : et quand on a appris que votre attaque de goutte vous empêchait de sortir, elle a soudain changé de couleur; ses lèvres sont devenues tremblantes, et j'ai vu des larmes dans ses yeux.

ADOLPHE, oivenienl. Comment! Monsii.'iir, il serait possible !

M. DE SAiXT-vALi-iER. Tout le uioiulc l'a reuiarqui' comme moi; et du reste de la soirée, impossible de dissiper sa tristesse.

ADOLPHE. Par exemple, grand-papa, vous ne m'aviez pas dit cela.

M. DE SAiNT-VALLiER. Ah çà! mon clier ami, je cours chez moi écrire un mot à mon notaire.

M. DE VERBOIS. Poui'quoi douc retourner chez vous? passez dans mon cabinel.

H. Di; SAiXT-VALLiEK. Puisquc vousmepeiui Itezd'eii agir sans façon... c'est l'allaire d'un iuslant. (.iunui- I ment où il va entrer dans le cabinel, Henriette en sort ' et se présente devatit lai.)

LE BON PAPA

Page 1