SCÈNE XII
Les préceoe.nts, BABET.
BABET. Ah ' mon Dieu I Monsieur, qu'est-ce que cela signifie! le portier de M. de Saint-Vallier s'est avisé de dire à notre portière, qui me l'a n'dit, que vous, .Monsieur, vous alliez... Mais je ne veux pas seulement vous répéter... aussi je l'ai joliment riçue.
M. DE VERBOIS. Comment! Bibet...
BABET. Non, Monsieur, ça été plus fuit que moi! on lie plaisante pas là-di.ssus, cela peut iloniier des idées, .\ussi j'ai dit à celte bavarde de imi-tière, que si elle osait jamais répéter... nous donnerions congé; n'est-ce pas, Monsieur, j'ai eu raison?
.M. DE VERBOIS. Non, Babel, vous avez eu tort.
BABET. Et pourquoi?
M. DE vFRBOis. Parco que celte pauvre femme n'a dit que la vérité.
BABET. Qu'ai-je intendu! commoiit! il serait pcssible?
M. DE VERBOIS. Tsnez, mes enfants, je ne vous le disais pas, mais voilà ce que je craignais le plus.
BABET. .\près quarante ans de service, Mnnsienr me renvoie, ou c'est tout comme; et vous croyez que je vous laisserai commettre une pareille injustice! que moi, que vos enfants...
M. DE VERBOIS. Et cc sout cux qui en sont cau-se.
ADOLPHE Oui, Babet; ne parlons plus de cela, c'est notre faute, clierchonspl uti'it les mnyens de le démarier.
BABET. Des moyens! il y en a cent. Est-ce que .Monsieur peut s'exposer aux railleries, aux quolibets; Monsieur ira donc à la noce en fauleuil? ■ .M. DE VERBOIS. Je sais que les brocards vont fondre sur moi : mais enfin j'ai promis, et il vaut mieux passer pour Un exlravaganl que pour un malhonnèle homme.
LÉo.ME. .Mais si nous pouvions faire que le refus vint d'Henriette ou de son oncle?
M. DE VERBOIS. Oh ! aloi's, à la lionne lienre.
LKOME, Attendez... si biin papa l'effrayait sur son caraclcre : s'il faisait le méchant?
M. DE VERiiOis, d'un ton très-doiw. .\h ! oui, si je faisais le méchant...
ADOLPHE. Bon papa ne pnurrajamais... il se trahira tout de suite; tu sais bien qu'il n'a jamais pu nous grnn.ler.
BABET. U n'est que trop vTai! et voilà le mal; sans cela nous ne serions pas où nous en sommes. A son âge, aller faire une promes-e de mariage! on ne doit promettre, .Monsieur, que ce qu'on peut tenir.
M. DE VERBOIS. Il n'cst pas question de cela. Babel, tu nous empêches de délibérer. .Moi j'ai une idée.
ADOLPHE. Une idée pour rompre \otre mariage?
M. DE VERBOIS. Précisément. 11 est certain, quoi qu'en dise Henriette, qu'elle ne m'aime pas beaucoup;
Oi»?
LE BON PAPA
uinllicurcuscmciit cUo iic t'aime pas davantage; mais peut-èlre il sr pourrait f|ii'un autre...
B.VBETjî^/ypmen^.C'osIéviiiontjOllern aimeiin aulro.
.\DOi.PiiE, hors de lui. Il serait pos^iLile! si je le savais, bon i^apa^ ce ne serait pas comme avec vous, d'abord cela ne se passerait pas ainsi.
M. DE vEiiiiois. Lais.<e-moi donc achever : je ne te dis pas qu'elle l'aime encore; mais si je cliereliais pour hii céder mes droits, un jeune homme aimable, spirituel.. . dis donc, Léonic, quelqu'un dans le genre de .M. .\ug-uste.
LEOME. Eh bien! par exemple, aller pen.scr à Auguste, il ne manquerait pUis que cela.
M. DE VEKBOis. Ce u'esl pas là ce que je veux dire.
ADOLPHE. C'est encore pire! iiour ne pins voir Henriette, pour lui choisir un jeune homme (pii l'adorera, et dont elle deviendra folle; ma foi, non, autant que vous l'épousiez vous-même.
LÉOME. Pour ma part, je l'aime bien mieux.
ADOLPHE. Et moi aussi : arrivera ce qui pourra, au moins nous serons tons malheureux.
BABET. Conunent! Monsieur...
M. DE vERBOis. Tu le vois, Babct, ils sont tous contre nous.
ADOLPHE. Qu'elle vienne maintenant, cela m'est égal.
M. DE vERBOis. Ah! mon Dieu! lu m'y fais penser : l'oncle qui m'a menacé de revenir dans l'instant et de m'amenev ici et le notaire, et la mariée, et toute la société; je ne veux cependant pas les recevoir ainsi !
BABET. Us ne lui laisseront pas le temps de respirer.
M. DE vERBois. Babct, qu'est-ce que je vais mettre, mon habit noir?
BABET. Du tout, c'est Irop sombre : l'habit fleur de pensée, les g uits blancset le bouquet, luiisipi'il le faut.
LÉOME. Y penses-tu? les gants blancs et le bouquet pour signer un contrat.
BABET. Oui, Monsieur, ce sera mîeilx ; cela .se fait ainsi; et surtout ne prenez pas ce vilain chapeau qui Vous vieillit de dix ans.
ADOLPHE, à Babct. Laisse donc Taire. .\u contraire, bon papa, prenez-le.
M. DE VERBOIS
.Vm d'une valse de Mutkr.
Allons, Babel, grand Dieu ! quelle joui no! Mûi qui noyais reuoiicor aux amours, FiUit-il quhiHaç. ! le (limluau d'hvmi^néo S'allume encoro au d^rliii de mi'S joins ! Ou a liicn vu des eiifaiils, je l'esiière. Jusqu'aux autels Iraîués parleurs (i irents ; Mais on n'a pas cucor vu de grand-jière Sacrifié par ses petits enfants!
AUoiiSj lialiet, etc.
(Il sort avec Babel.)