RONDEAU
Oui, je suis une grande dame; Mon sort est fixé sans retour, ' Et ma famille me réolame Pour aller briller ii la cour.
Quel sort brillant et sans nuages Sans la douleur de Gennaio !
Mais calme-toi; mon sort nouveau.
Je veux qu'ici lu le partages ; Console-toi, mon Gennaio.
De mes bienfaits, oui, je t'accable.
Et veux te voir brillant, aimable, A^ec l'habit lasliionable.
Des diamants Et des gants blancs.
Car je suis une graudo dame, etc.
Dans ma riche voiture
Quand chacun me verra
Brillante de parure,
Comme mon cœur bâtira!
Pour voir mon équipage
On court de toutes pails ;
Chevaux, laquais et pages.
Etonnent les regards.
Je vais, je le parie ,
Et dès le premier jour.
Faire mourir d'envie
Les dames d'' la cour.
Je danserai toujours,
La danse est mes amours.
Chez moi, les soirs de grand gala.
Toute la ville arrivera; Des étrangers. Russes, Anglais, Belges, Prussiens, surtout Kratiçais, Cw j'aiûie beaucoup les Frani-ais.
LES TREIZE
Ils me verront.
Me lorgneront,
M'aJmireronl,
El me feront
Des complinienls
Vils et galants.
Puis, quand du bal
Part le signal :
« Madame la duchesse.
Ah ! Madame, je voudrais Danser avec votre altesse. »
iloi, je réponds : « Mon altcsso Aime beaucoup les Français. »
ie crois d'ici voir ce Français.
« Slailame, on n'a pas plus de grâce!
— Monsieur me flatte et m'embarrassel
— iTlionneur, vous dansez à ravir.
Et je crois voir une sylphide.
— Monsieur, ce discours m'intimide; Vous allez me faire rougir.
— Pour vous, Madame, ou perd la tête!
— Monsieur, vous êtes bien honnête »
El puis, avec un Allemand,
Je veux valser légèrement.
Ah! iiuel contraste! un .Uluman 1, Comme il tourne avec sentiment!
Je valserai.
Je tournerai, Je passerai, El lui dirai :
[imitant une danseuse qui a dei verti■J^■■i■) « Pressez moins fort; « Dans cet effort « Mon cœur s'en va!
- « Arrêtez là!
« Je n'y vois plus, « Tout est confus; « Je ne sens rien, « Tenez-moi bien. » - Mais je n'oublirai point les airs de ma patrie; Notre laiontelle chérie Viendra, par se» piquants attraits, Mettre^e comble à mes succès.
Ah ! vraiment, vit-on jamais Plus d'entrain, plus de folii''.' Je les vois tous stupéfaits S'écrier; «Qu'elle est jolie I »
C'est à qui m'applaudira.
Ces vœuïj ce bruyant délii c, (ïeunaio les entendra, El tout bas pourra se dire :
c( Chacun vise à sa faveur, « Moi seul j'ai su la séduire, !.< Oui, je suis son seul vainqueur, s Hein! quel honneur!
Que c'est flatteur!
Combien son cœur. Son tendre cœur, Sftra content de mon bonheur !
Oui, je suis une grande dame; Mon sort est fixé sans retour.
Et ma famille me reclame Pour aller briller à la cour.
[On entend ouvrir la porte du fond.
Hein! qui vient la'? ijui entre ainsi chez moi''