‹ Pièces de théâtreChapitre 96 sur 575 · ODOARD, HECTOR · texte numérisé non relu

ODOARD, HECTOR

FINAL

ODOARD

Hector !

HECTOR

Odoard! je respire...

J'ai cru que l'on fermait cette porte... mais non. Il est encor là!

ODOARD

Pourrait-on Savoir ici qui vous attire ?

HECTOR

Moi! je ne puis dormir!

ODOARD

Ni moi non plus.

HECTOR

Je croi Que je serai mieux là, dans ce fauteuil.

ODOARD

Et moi Je pense comme vous.

{Ils vont s'asseoir aux deux cotés opposés du théâtre.)

DUO

TOCS DECS, à haute voix.

Bonsoir, donc! bonsoir!

Pas de mauvais rêve.

(.1 part.)

Pour peu qu'il se lève Je pourrai le voir {Haut, de la voix des gens qui s'endorment.) Bonsoir !

{Chacun d'eux levant la tête, à part.) Dort-il?

Oui ! bien!

{Ils essaient de se lever, s'entendent et se disent en même temps ; ) Plait-il?

Moi? rien.

HECTOR

Si pour nous endormir nous chantions un refrain! *

{Il chante.)

Pédieur napolitain.

Déjà l'aube t'éclaire!

Sur ta barque légère

Elance-tùi soudain.

(.1 Odoard.) Répétez avec moi.

ODOARD

Non, je VOUS remercie.

Mais faisons mieux!

HECTOR

Quoi donc?

ODOARD

Une partie De quinze !

LES TfîKlZK. 271

llliLIUll.

Kl, (piioipie je sois dè.sulc, Le rliaiu)! d'honneur esta vous... je vous laisse...

VoloiUims! lion n'est plus ennuyeux,

Et l'oir s'cniloi't quand on s'ennuie.

[H va pour sortir.)

Et les dés?

ODOARD, (li retenant.

ODOARD

Un instaut, mon cher... et li clé?..

Ci;ttii tiihle en est, je crois, garnie.

HECTOR

{Oiloai-il pri'nd les dés, les arjilc dans son cornet, et au

Servez-Yous-cn, ju l'abandonne!..

moment de les rouler sur la table, il s'arrèie et dit

ODOARD

froidement à Hector :)

Mais pour i]ue je m'en serve, il faut qu'on me la donne !..

Mon clicr Hector !

HECTOR

utcioB, de mime.

Do l'ironie alors qu'on est vainqueur!

Jlon tré.s-clier Odoard !

C'est abuser de son bonheur!

ODOARD

ODOARD

Savez-vous, à parler sans détour et sans fard,

Trêve, Monsieur, à cette ra llerio !

nr.cTon.

HECTOR

Qn'h nos propres dépens tout noire (aient Ijrille,

C'est vous, Monsieur, qui vous raillez de moil

OnciAUD.

ODOARD

A garder la vertu de colle jeune lill#,

De mauvais goût est la iilaisanterie !

IIECTOII.

HECTOR

Et (pic nous soninies de» niais.

Monsieur!..

ODOARD

ODOARD

Ah! j'allais vous le dire. .

Monsieur! quelle mauvaise foi!

Et moi, je le pensais.

ENSEMBLE

ENSEMDLE.

De cette tiahisou

Vous me rendrez raison.

Contre tout projet téméraire

{On entend en dehors une ritournelle de sérénade. Ils

Nous la défendons tous les deux.

s'arrêtent et écoutent.)

Et la duègne la plus sévère

{.i voix basse.)

Ne la ijrolégerait lias mieux.

Silence! taisons-nous!

0 la bonne lolie!

Silence! entendez-vous'?

Quelle plaisanleiic!

Garder lille jolie

ENSEMBLE

En lutenrs amoureux!

S'ils avaient connaissance

CHCEUU, en dehors.

l)e notre evtravagaucc,

Honneur au galant séducteur!

Nos confrères, je pense.

Chanlons, célébrons son bonheur!

Riraient bien de nous deux.

Digne de nous! digne des Treize !

HECTOR

Pour qu'il séduise et pour qu'il plaise,

Allons' craignons la raillerie!

Il ii.irait et revient vainqueur!

C'est trop longtemps élre dupes tous lienN!

Célébrons, chanlons le vainqueur!

Uesignous-nous, faisons un seul heureus!

ODOARD ET HECTOR, à part, «rcc dépit.

ODOARD

Ce sont nos amis... Quel honneur!

C'est bien ! voilà de la philosophie !

Ils viennent chauler mou bonheur!

iitcTon, d'un air malin, renurdant Odoard.

Ah! quel affront! quji déshonneur!

L'un de nous deux a la ele, je le eroi.

HECTOR

onoAitD, lie même.

Ils vieiinenl fêter le vain(|ueur !

Vous le savez tout aussi bien que moi.

ODOARD

UliCTOR.

Ce n'est pas moi.

Trésor tout à fait nul...

HECTOR

ODOARD

Ni moi! n'importe!

Inutile avantage. .

N'en convenons jamais pour nous, pour notre honneur.

IllXTOR.

ODOARD

Si l'un empêche ici l'anlre d'en faire usage.

ProclauKuis hardiment (pi'un de nous est vainqueur.

ODOARD, virement.

UIXTOR.

\ C'est très-vrai! très-bien calcul!

Mieux que ça... tous les deuv!

UliCTUR.

■Voici des dès... jouons la clé!

EN>Ei.BI.E.

ODOARD

C'est dit ! le plus haut point la gagn ra.

niiCTOR.

Au vainqueur elle ajipartiendra !

[Tons deux se sont msis et aijitent Icur.i déi.)

(.( demi-voix.) A leui" jo>euse escorte Nous pouvons maintenant, sans cr.iinté, ouvrir la porte. {Ils vont doucement ouvrir la porte du fond au moment ,

HECTOR

oi"( (icnnaio entre au-dessus de leurs tètes , parla

Amour, que nos débats par loi soient décidés!

croisée du fond à droite.)

ODOARD

Amour, guide ma m.iin et dingo les dés!

in;CTuR, jouanf.

Je commence...

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