ODOARD, HECTOR
FINAL
ODOARD
Hector !
HECTOR
Odoard! je respire...
J'ai cru que l'on fermait cette porte... mais non. Il est encor là!
ODOARD
Pourrait-on Savoir ici qui vous attire ?
HECTOR
Moi! je ne puis dormir!
ODOARD
Ni moi non plus.
HECTOR
Je croi Que je serai mieux là, dans ce fauteuil.
ODOARD
Et moi Je pense comme vous.
{Ils vont s'asseoir aux deux cotés opposés du théâtre.)
DUO
TOCS DECS, à haute voix.
Bonsoir, donc! bonsoir!
Pas de mauvais rêve.
(.1 part.)
Pour peu qu'il se lève Je pourrai le voir {Haut, de la voix des gens qui s'endorment.) Bonsoir !
{Chacun d'eux levant la tête, à part.) Dort-il?
Oui ! bien!
{Ils essaient de se lever, s'entendent et se disent en même temps ; ) Plait-il?
Moi? rien.
HECTOR
Si pour nous endormir nous chantions un refrain! *
{Il chante.)
Pédieur napolitain.
Déjà l'aube t'éclaire!
Sur ta barque légère
Elance-tùi soudain.
(.1 Odoard.) Répétez avec moi.
ODOARD
Non, je VOUS remercie.
Mais faisons mieux!
HECTOR
Quoi donc?
ODOARD
Une partie De quinze !
LES TfîKlZK. 271
llliLIUll.
Kl, (piioipie je sois dè.sulc, Le rliaiu)! d'honneur esta vous... je vous laisse...
VoloiUims! lion n'est plus ennuyeux,
Et l'oir s'cniloi't quand on s'ennuie.
[H va pour sortir.)
Et les dés?
ODOARD, (li retenant.
ODOARD
Un instaut, mon cher... et li clé?..
Ci;ttii tiihle en est, je crois, garnie.
HECTOR
{Oiloai-il pri'nd les dés, les arjilc dans son cornet, et au
Servez-Yous-cn, ju l'abandonne!..
moment de les rouler sur la table, il s'arrèie et dit
ODOARD
froidement à Hector :)
Mais pour i]ue je m'en serve, il faut qu'on me la donne !..
Mon clicr Hector !
HECTOR
utcioB, de mime.
Do l'ironie alors qu'on est vainqueur!
Jlon tré.s-clier Odoard !
C'est abuser de son bonheur!
ODOARD
ODOARD
Savez-vous, à parler sans détour et sans fard,
Trêve, Monsieur, à cette ra llerio !
nr.cTon.
HECTOR
Qn'h nos propres dépens tout noire (aient Ijrille,
C'est vous, Monsieur, qui vous raillez de moil
OnciAUD.
ODOARD
A garder la vertu de colle jeune lill#,
De mauvais goût est la iilaisanterie !
IIECTOII.
HECTOR
Et (pic nous soninies de» niais.
Monsieur!..
ODOARD
ODOARD
Ah! j'allais vous le dire. .
Monsieur! quelle mauvaise foi!
Et moi, je le pensais.
ENSEMBLE
ENSEMDLE.
De cette tiahisou
Vous me rendrez raison.
Contre tout projet téméraire
{On entend en dehors une ritournelle de sérénade. Ils
Nous la défendons tous les deux.
s'arrêtent et écoutent.)
Et la duègne la plus sévère
{.i voix basse.)
Ne la ijrolégerait lias mieux.
Silence! taisons-nous!
0 la bonne lolie!
Silence! entendez-vous'?
Quelle plaisanleiic!
Garder lille jolie
ENSEMBLE
En lutenrs amoureux!
S'ils avaient connaissance
CHCEUU, en dehors.
l)e notre evtravagaucc,
Honneur au galant séducteur!
Nos confrères, je pense.
Chanlons, célébrons son bonheur!
Riraient bien de nous deux.
Digne de nous! digne des Treize !
HECTOR
Pour qu'il séduise et pour qu'il plaise,
Allons' craignons la raillerie!
Il ii.irait et revient vainqueur!
C'est trop longtemps élre dupes tous lienN!
Célébrons, chanlons le vainqueur!
Uesignous-nous, faisons un seul heureus!
ODOARD ET HECTOR, à part, «rcc dépit.
ODOARD
Ce sont nos amis... Quel honneur!
C'est bien ! voilà de la philosophie !
Ils viennent chauler mou bonheur!
iitcTon, d'un air malin, renurdant Odoard.
Ah! quel affront! quji déshonneur!
L'un de nous deux a la ele, je le eroi.
HECTOR
onoAitD, lie même.
Ils vieiinenl fêter le vain(|ueur !
Vous le savez tout aussi bien que moi.
ODOARD
UliCTOR.
Ce n'est pas moi.
Trésor tout à fait nul...
HECTOR
ODOARD
Ni moi! n'importe!
Inutile avantage. .
N'en convenons jamais pour nous, pour notre honneur.
IllXTOR.
ODOARD
Si l'un empêche ici l'anlre d'en faire usage.
ProclauKuis hardiment (pi'un de nous est vainqueur.
ODOARD, virement.
UIXTOR.
\ C'est très-vrai! très-bien calcul!
Mieux que ça... tous les deuv!
UliCTUR.
■Voici des dès... jouons la clé!
EN>Ei.BI.E.
ODOARD
C'est dit ! le plus haut point la gagn ra.
niiCTOR.
Au vainqueur elle ajipartiendra !
[Tons deux se sont msis et aijitent Icur.i déi.)
(.( demi-voix.) A leui" jo>euse escorte Nous pouvons maintenant, sans cr.iinté, ouvrir la porte. {Ils vont doucement ouvrir la porte du fond au moment ,
HECTOR
oi"( (icnnaio entre au-dessus de leurs tètes , parla
Amour, que nos débats par loi soient décidés!
croisée du fond à droite.)
ODOARD
Amour, guide ma m.iin et dingo les dés!
in;CTuR, jouanf.
Je commence...