SCENE IV
Les Mêmes, LE CAPITAINE.
LK CAPITAINE, 6)1 grande tenue.
C'est bien, si le colonel me demande...
Il poSi; son scli-ikii sur un lauttuil au foml,
TRIM, ù paît , se levant.
Oh! voilà le rouge! tant mieux.
LE CAPITAINE
Pardon, mademoiselle, je ne savais [ta.s .. voici un garçon qui a bon appétit.
TRIM
Mais oui, l'appétit est bonne!... comme dit le conscrit. [A part.) Oh\ est-il busqué !
NAUÈJE.
C'est mou père (^ui a occupé ce jeune homme
ce matin; il n'a pu déjeuner, et j'exigeais qu'il prit quelque chose.
LB CAPITAINE*
De votre main?... H n'est pas malheureux i...
Il lui baise la main.
TRIM, à pan.
Oh! s'il venait me baiser la main, à moi,, comme je la retournerais.
1,0 Ga])iuine le regarde, il sourit.
LK CAPITAINE
Il n'y a pas de mal, mon garçon. (ANadèje.) Vous prenez de l'intéiêl à lui, j'en suis bien aise... vos protégés doivent être les miens .. nous avons bien quelques petits reproches à lui faire ; mais c'est un bon petit diable, et je veillerai sur lui... ( -/ Trvn, lui frappant sur l'épaule.) Tu sais, je suis bon enfant! {A Nadêje. ) Et du moment que vous me l'avez recommandé...
TRIM, vivement.
Comment, mademoiselle m'a... ?
NADÈJE, vivement.
Oui, monsieur Trim.
LB CAPITAINB.
Il va passer caporal.
TRIM, avec joie.
Moi!
LE CAPITAINE
Ce sera mon présent de noce pour votre... pour notre ami Trim.
NADÈJE
Air :
Monsieur, que de reconnaissance Ce pauvre garçon vous devra! . ..
Qui, moi ?
LE CAPITAINE
Sans doute, en conscience!
Mon arai, tu me dois l)ien ça, Pour les duraarclies fjuej'ai laites...
TRIM
D' la reconnaissance!
j4 part.
Bon soir!
Avant d' consentir à devoir, Faut êtr' sûr de payer ses dettes !
LE CAPITAINE
Tu dis...
TRIM
Oh! rien... merci! je ne suis pas ambitieux... caporal... oh! je ne tiens pas aux honneurs., j'aime autant rester ce que... ( A part. ) Par exemple! lui devoir quelque chose?... bonsoir, jamais !
NADÈJE
I Vous refusez.
LE CAPITAINE
Oh! M. Trim est fier... il ne veut pas que je fasse quelque chose pour lui 1
TRIM, vivement.
Si fait;... [Reprenant. ) Si fait, mon capi- 1 taine... il y a une chose que vous pourriez faire ; I et j'en serais reconnaissant toute ma vie I .. . c'est-
1 ' Trim, le Capitaine, Madcje.
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à-dire qu'après ça, mon capitaine, vous me demanderiez mes jours, mon sang... je serais capable de tout! je vous aimerais !... je vous trouverais très-bon, très-bien, mon capitaine!...
LE CAPITAINE
Et pour que tu fasses cet effort-là, il faudrait T
TRIM
Dam! vous le savez... ça vous coûterait si peu et ça nous rendrait si heureux, mademoiselle, et, c'est-à-dire moi tout seul... si vous sauviez mon lieutenant!
LE CAPiTAiJiB, jetant u)i regard sur Nadèje.
Ah ! je comprends, M. Louis.
MADfcn.
Pardon, monsieur... il était l'ami, le protecteur de ce pauvre soldat... et si vous pouviez...
TRIM
D'autant plus que vous pouvez...
LE CAPITAI^E.
Mon Dieu! je ne demanderais pas mieux; mais je n'y peut rien... et ce qui me fâcherait dans cette affaire toute de discipline... ce serait qu'on m'y supposât un intérêt... ( se rapprochant de Nadèje et souriant. ) Comme si j'avais à m'irriter de quelques prétentions trop ambitieuses... que je ne veux pas connaître... jaloux! moi, oh!
TRIM, qui écoute, à part.
Non!... tu n'oserais pas, tu mettrais un faux col pour ça.
NADÈGE
Oh! c'est impossible:... car enfin... M. Louis ne doit... ne peut jamais prétendre à ma main.
LE CAPITAINE
Jamais !
TRIM, à part.
Comment ! jamais ! par exemple I
LE CAPITAINE
Je vous crois... Je ne cherche même pas la cause de cette émotion... de cet intérêt...
NADÈJE
Ah! si vous saviez?
LE CAPITAINE
Plalt-ii?
TRIM
Hein 7...
LE CAPITAINE
Quoi qu'il en soit, je n'en ferai pas moins ce «oi'on doit attendre d'un bon caniiinidc... d'un ..