ÉLISA, M-"« MEUNIER
ÉLISA. Quel bon cœur!...
M^'MEUMEn. Mais, je vous demande un peu ce qu'il a contre monsieur Bizot, ce bon voisin qui nous aime tant?
ÉLISA. Lui!... pas Joseph, du moins...
M°" MEUNIER. Ah ! tu vas au.ssi crier après lui... n'est-ce pas?... quand il s'occupe de toi... quand il vient de m'annoncer une affaire magnifique qui te regarde...
ÉLISA. Moi, maman Meunier...
M""* MEUNIER. Un mariage...
ÉLISA. Que voulez-vous dire?...
M"^ MEUNIER. Je veux dire... que ce matin... le gros mercier qui demeure au coin... tu sais...
ELISA. Monsieur Durand...
M°"= MEUNIER. Oui!... il fait signe à monsieur Bizot qu'il voulait lui parler. — Vous connaissez mademoiselle Elisa Meunier? qu'il lui a dit. — Oui, a répondu le voisin. — Elle n'est pas riche? — Elle n'a rien. — Mais bien éhvée? —Parfaitement, — Elle a passé trois ans à la pension de Saint- Denis comme fille d'un légionnaire; et puis, a continué ce bon monsieur Bizot, un ange, un trésor pour celui qui l'épousera. — Eh bien , a repris mon>ieur Durand, ce sera moi...
ÉLISA. O ciel!...
M""' MEUNIER. «C'est une bonne ouvrière... » une iille de ménage... qui ne sort pas... «qui aime bien sa giand'mère... c'est bon » signe... je SUIS veuf, riche... sansenfants... ') et si elle veut de moi, je l'épouse... safa- » mille ss.ra la mienne. » — Eh bien, qu'estce que lu as donc?
ÉLISA. Rien, maman Meunier, rien.
M"' MEUNIER. Alors, monsieur Bizot est vite accouru me dire ça... pour me faire plaisir, ma fille, et à toi aussi... je lui ai dit que nous consentions...
ÉLISA. Et vous avez eu tort...
M""« MEUNIER. Hein î
ÉLISA. Pardon... je veux dire... vous n'avez pas eu raison. .. car, bien certainement, je ne veux tias épouser monsieur Durand, je ne l'épouserai pas...
M""' MEUNIER. Elisa!.., qu'est-ce que ça veut dire? un paru superbe!,., ma fille... penses-y donc, tu n'as pas de fortune, toi. .. c'est cent fois mieux que tu ne pouvais espérer...
ÉLISA. C'est possible... mais... mais je ne l'aime pas.. .
M"»" MEUNIER. Tu l'aimeras... on aimetoujoursson mari quand c'est un homme établi... honnèie, sunuut... Soage doijc qu'il pent aider ion frète, a puis... on peut le dire... ça ne faii pus mourir.. . je ne serai pas tou-
MAGASIN théâtral:
jours là... il te faut un soutien... INe pleure pas, mon enfant!...
ÉLISA, dans les bras de M""" Meunier.
Ah !... grand'iuère... je ne l'aimerai jamais.
M^^ MEUNIER. Jamais, ma fille!... jamais!... ta aime» dune quelqu'un ?
Elisa se cache la lête dans ses mains. Air du Partage de la richesse.
Quelqu'un, que je connais sans cloute... Un amour qne tu m'^voûras.
Qu'est-ce donc que ton cœur redoute?