ACTE I, r TABLEAU, SCÈNE VI
[uolle je lui ai déjà écrit... lu lui diras qu'il y va lu salut de... de mon salut, veux-jcdire.
ALT
Et tout s'arrangera?...
MONTÛCLAiy.
Je l'espère... du moins, ferai-jc tout pour cela.
ALY, sorlant.
El il fera bien... car, saus cela, le général Je lerait sans rémission... (Il sort.)
MONTÉCLAIiV, à Aly, dans la coulisse.
Dis au cluMeau qu'on me tienne des chevaux rèls... Val
ALY^ au loin. Oui, colonel.
SGÈ,NE VI,
MONTÉGLAIN, puis LUCILE.
MONTÉCLAIN, seul.
Ah ! je rougissais de ma lutte avec une femme, lésitais à l'accabler... Mais parce qu'il est faible
parce qu'il rampe, faul-il donc uepas écraser la le du serpent?..,
va sortir. — Lucile entre. Elle tient à la main un bouquet qu'elle cfTouille pendant toute cette scène.)
LUCILE
Mon frère!... Louise!... mon frère !...
MONTÉCLAIS.
M'ie dEslèvel...
LUCILE, surprise.
Vl.de Monléclain !... Ah! pardon, monsieur... ' is n'avez pas vu Georges?...
MONTÉCLAIN.
îeorges?... Vous savez jusqu'où l'emporlent ! sombres préoccupations...
LUCILE
1 eiltdil ne pas oublier que mon père n'est î ici... J'étais avec M™e de Brias et ces dames; I Brias est venu les prendre; elles se sont éloi- \ es avec lui... En vérité, on dirait que tout le t nds me fuit .. Alors j'ai cherché Louise,.. Mais B est-elle aussi?...
MONTUCLAIN.
Ihbien 1 mademoiselle, il faut tout vous dire... [ lise n'a pu résister à l'entraînement de son t ir; elle a voulu absolument aller embrasser » enfant.
LUCILE
hl
MONTÉCLAIN.
Ile est à la Closerie des Genêts.
LUCILE
lui', (lie va se perdre, monsieur 1
MONTÉCr.AIN.
il ! rassurez-vous, mademoiselle, je veille sur ■1 cl j'espère la sauver.
LUCILE
il! si vous faites cela, monsieur, si vous sau-
vez Louise... elle ne vous sera pas seule reconnaissante!
M0NTÉCL4IN.
Ainsi , TOUS me saurez gré d'avoir achevé ce que vous avez si noblement commencé !
LUCILE
Ne savez-vous pas que j'aime Louise comme une sœur?
MONTÉCLAIN.
Et moi aussi, j'aime la fille de mon vieux et brave Kérouan; pour épargner un chagrin à ce fier et ausière vieillard, j'eusse donné ma fortune... Mais il y a de ces rapides pensées qui n'appartiennent qu'aux âmes du cie!.,. et si je n'avais appris de vous que la bonté a ses inspirations comme le génie, j'aurais peut-être voulu sauver Louise... mais je ne l'aurais pas su...
LUCILE
J'ai fait ce que Dieu ordonne h tous ses enfans, monsieur.., je n'ai pas condamné celle qui était tombée... je lui ai tendu la maiu pour la relever... C'était mon devoir, et cela ne vaut pas l'estime que vous en faites,,.
MONTÉCLAIN.
Je ne sais, mademoiselle, si, dans le monde où vous avez été élevée, ou estime de telles actions seulement à la valeur d'un devoir accompli ; mais, dans celui où j'ai vécu, de pareils exemples sont si rares, qu'il faut me permettre de les vénérer comme les élans de la plus pure vertu.
LUCILE
Prenez garde , monsieur... en me louant avec cette exagération d'une chose si simple , vous paraissez oublier que vous vous y êtes associé, et que la meilleure part de ces éloges doit vous revenir.
MONTÉCLAIN.
Non, mademoiselle, non ; car vous seule m'avez appris quel bonheur nous donne le bien qu'on fuit aux autres... Ah! vous ne connaissez pas cette société vaine ou fausse où j'ai vécu trop longtemps.... Imaginez-vous un homme enfermé depuis son enfance dans de vastes salons , éclairés de mille bougies ; il n'est pas aveugle, sans doute, il voit tout à la lueur de ces flambeaux factices, et il croit tout connaître sous son véritable jour. . , IMais vienne un moment où les portes s'ouvrent, où les tentures tombent, où les obstacles s'écartent, et qu'un rayon de pur soleil jette tout à coup sa resplendissante lumière parmi ces pâles clartés... alors tout lui semble différent, tout s'éclaire pour lui d'un jour nouveau. Le faux éclat disparaît avec les fausses lueurs, et la naïve vérité reprend sa splendeur avec sa véritable lumière... Voilà ce qu'un rayon de vousa faitdans mon âme... Je connais maintenant ce qui est beau,., et vous devez comprendre que je vous en remercie.
LA CLOSERIE Dl-S GENÊTS
tuClLB, émue.
Abl monsieur... monsieur... pourquoi me dire tout ceki?
MONTÉCLAIX.
Pourquoi ne vous dirai-je pas ce qui est vrai ? Est-ce donc ton» manquer de respeci ?
LLCILE.
Je ne veux pas discuter à ce stijft, monsieur... Se veux croire que le respect que vous me témoignez est sincère , et je suis trop franclic pour ne pas avouer que je m'en sens lionorée... Mais permettez-moi de vous adresser une prière : — Je puis encore pleurer avec Louise... mais vous seul pouvez la sauver tout à fait... Laissez-moi donc remedre entre vos mains l'achèvement d'un bienfait où nous ne pouvous plus être unis.
MONTÉCLAIN.
Vous répugne-t-il donc parce que j'y suis roftlé?...
LUCILB.
Je ne crois pas vous l'avoir monfn^, monsieur... ;Avec embarras.; ^lais vous n'ignorez pas les opinions de mon père...
MONTÉCtAIIT.
Et vous les partagez, sans doute?...
UJCILE.
Dans ma position , monsieur, on ne )Hge pas, on obéit.
MONTÉCLAIX.
El dan» la mienrre, mademoiselle, on comprend qoe cette obéissance est xme condamnation.
LUCILE
Non, monsieur de Monléclain... je ne veux pas que vous l'entendiez ainsi. Quoique je n'accepte pas tout ce que vos paroles ont de flatteur, j'aime à croire que vous m'avez as5ez bien jugée pour reconnaître que je sais avoir une opinion et une volonté personnelles. Celte volonté, monsieur, elle est avant tout d'obéir i'i mon père, et d'accepter pour son bonheur tous les sacrifices (jii'il voudra m'imposcr... mais elle n'est pas de répondre par un dédain immérité à un homme que, pour ma part, je n'ai appris 5 connaître que par son dévouement pour une amie , et par son respect pour moi... et maintenant...
(Elle le salue , et laisse tomber b dcrniùre fleur de
son bouquet; Montéclaiu s'en empare avec un élan
passionné.)
HOrtTÉCLAIN.
Maiutrnant, mademoiselle, je sauverai Louise... et ^etil-élrc est-ce 6 votre père que j'irai en de- Biuider là récompeme....
OOOOOOOOOOOOCOOOOOC0003000000003000COOOOOOOOOOOOOOO