‹ Pièces de théâtreChapitre 141 sur 1093 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

MONTiiCLAIN, GEORGES.

MONTÉCLAIN, allant îk Georges.

Imprudent '.... vous ne savez donc prts que te^ calomnies de ]\!n>e de Bé.iuYal Sont 'dt^jonêes ?

GKonGES.

Je le sais.

MONTÉCLAI5.

Voîis ne savez donc pas qtfC Louise a dil avouer sa faute?

Gror.GES.

Je le sais; cl je sais aussi que vous avez fait jurer à son péie de resi)Pcler sa vie...

MONXtct.AI?».

Est-ce dune tot'l (pic de vivre, cl ne devriezvous pas être p-.ès d'elle po-ir soufenin son rournap?

es OHGES.

Près d'elle?... et pourquoi faire , inoi^.sieur ?... Pour l'entendre m« rcdemandicr sùti fiOîineur, que je ne puis lui rendre!... poir voir sun père la maudire !... pour siiliir tous les affronts qu'il prodiguera au lâche qtii l'a perdite. qu'elle a juré de ne pas nommer, et (itii ne petit s'accuseï' luimême!...

noSTÉCLAIN.

(ycsl le cliàliment de votre faute, Georges, et il faut l'accepter.

Gronfit=:s.

Jlais si Louise, tremblante sets les menaces di' son père , laisse 6chn])pet' le sfeerct de notre amoiïr, que lui dirai-jc alors, moi?... faiirfral-î1 que je commette la dcriilère des lAchelés en lui mentant encore?... ou en la tuant avec ce mot : Je suis marié!

MONTl'îCLAIN.

Votre position est anVeiise, je le .sais... m.iis ce n'est pas en venont ici que vous vous sauvorer.

Gr.OI!GI-S.

Le salul est impossible... mais la vengeame ne l'o-l pas.

MONTKCI.AIN.

Ouc prétendez-vous donc?...

GROnGR.S.

Peu vous importe, monsieur!... il faut que je voie IM""" «le Peauval : malgré mes avis, malgré ims i!!Pna:e», pIIp m'a poussé jiisiu'aïix dernières ] extrémités du mnliicur.,. Louise esl pedur... et

1«i so."> père ou son fière me deinandert ma vie eu retour de .son honneur, vous me croyez .i<»eï

ACîK IV, ip îABiJ\l:. ^i:î's.: i,

hoDîiéle pour êire «^ùr rjtïc je ne la défendrai pas roiUre eux. Il filUl dune qiiC je hiCUlP... Eh I bien , Monlécliiih... je ne fnoUrrai pas seul... j'cnlr.'iÎDor.ii dans fiia pelle celle qui tn'y a pou<?r.

MO?rTî:cr.Ai>.

Un riime n'en rarhéle pas un nuire, monsieur; (l lorsque le malheur pc<e si dnrcmenl surcclli' (]uc vous avez perdue, la U'ulieté serait à rabandoinicr.

ÎMals que faire, nionsieiit", que faire?... me lairc? c'esl une lâcheté; parler? cesl un crime... Dilcs moi ([uVn épargnai;!. M"'^ de Boailval . (lilei-moi qu'en l'implorant , diics-moi qu'en montanl .seul je puis sauver Louise, et tyut ce que vous youdrtz, monsietir, je le ferai.

JIOPTTÉCLAIN.

Georges, ce serait utie folie de vous donner une espérance... et cependant, il est vrai que qnclqoefois un iioinnic échappe ou dix mille mil péri... Je ne sais rien, je ne vois rien qui puisse vous sauver, mais vois devez à Louise de (enter mê;iie l'impossible... Ecrivez à Mm* de lîeauval que vous S! rez ce soir chez moi... (.A part.) De celte f.iço:i je siii> plus assuré qu'elle y vif^ndra...

GEOIÎGF.S.

i\ia:s poiiMjiioi cette enlrcviie?

WO.MÎCCrAlN.

Je vous le dirai... Je n'ose vous donner une espérance... mais s'il y a un moyen de salut il est là.

GEOKGCS, allanl à la labié et s'apprêtaiit à écrire.

Je crois à voire amitié, Monléclain, et je me fie à vous.

M0>'TKCLA1N.

C'est Lien... Il v.i à laporie ;i droiio et appello.)

Aly!...

Ar.V, o»i!in'|f.

Colonel ?

MONTÎ:CI,AIN.

Tii vas aller au ch;\teau dire que ce s^ir, j'ai

l'honneur de recevoir AJnie (h- Heauval, ri...

Los poil: s (lu f:)ii 1 s'ini vrniit, ï.''' i!iJ paraîi av"c

îdr.tc la .socic;é.^

Giîor.cr.s ci .îJoNrKCf. \t>.

Léona!

l.i;ox.\, s'avançanl cl désignant niorgtL Lo voiiii, mesdames... C'e.M, lui !

GnOiîOÉS, à part.

Que va-f-clle dire?

.voNTiccr.AiN, J pirt.

Je suis b'UUi.

IJiONA.

Pardon, mesdames, pardon, messieurs, j'avTK hâte de vous f.iire parlai-'cr la joie que j'éprouve de pouvoir me pré-cuit^- à vou' soiis mon véritable nopî... oubliez M'"" de îî\nival, et veuillez rester les amis de la vicomtesse d'iMéve.

TOUS

IMcdame d F.stéve!

GEor.Gf:';.

Âh ! l'infâme !

MO>TiCLAîN, lias.

Georges.

ALV, :. par!.

Sa feininê ! Je Ciimpveuds qu'il ncsoii pasg.ii du ton!.

WO.NTi'xr.Ai.N, afr!'Ct.iiit la gaité, i J.éoni. Et notre rendez-voiis de ce soir ?

i.i;oxA.

Si vous y inviliez le général, je lui patlerai pour vous.

CF.or.r.i's, à part.

Oh ! malheur, malheur stir eUe !...

MONTKOLAIX, bas.

Silence! pensez à Louisp.

(i-a scciél'i eniourp et compliilif^nte Léôrt!i ; ^tcn!éclaiu rcllciu Georses. — Le rideau bu'sse.

I.e IliéAtre représpnlu l'intérieur de la ferme de Kérouan, avec un grand l)aluit A c Mé, ;i droile-, piMe au fond. — A ^«ncheftc ^('tle pnrf?, Urtè petite l'etiétè (îonnant sur la campagne. — .4. droilH, an Iroisième pl.ni. queltiues iii.uclirs, protégées par une rampe, méneoi à la chambre de Kérouan. — \n haut deeei (•jcalier, pr.;s i!c la porle, e.st susp(uidue une hache de bùeherou. — Agaitche an doniiéme pla;l, nhc vaste cheminée au oianteau de laquelle sont atlachées (livcrses armes. — ,Vu premier plan, contre le iiun- son! dpu\ épées en eroiv, "-urmoiilécs d'une branche de buis ; plus liant, du même côté, la porle <le la chambré de Louise.— A l'avantscène, à gauche, une grande cheminée.

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