ACTE IV, II* TABLEAU, SCÈNE III
Kt^nOUAN.
Louise, il y a une chose que vous ne savez pcut-L'lic pas encore... c'est qu'on aime mieux son enfiiiit que son père.
LOUISE
Que voiilez-Yoïis dire ?...
KÉiioi'.VN, marchant vers la cliambre de Louise.
C'est qu'on peut faire mourir son père de honic et (le licses, oir et qu'on ne peut pas voir souffrir l'iniiocenle crcalurc venue de nos entrailles.
LOUISE
Alnis où niiez- vous dune ? mon Dieu !...'
KÉUOCAN, flcvant une porte.
Si lu ne me dis pas le nom que je te demande, ce n'est pss toi que je tuerai, Louise!... ton enfant est là...
LOCISE, s'élançant vers sou père.
Mon enfant... mon enfant!...
KÉKOIIAN.
.arrière!
LOUISE, s'atlachant à son ptre.
Au secours!... au secours !
KÙROUAN , la repoussant.
Je les ai tous renvoyés.
LOUISE
Pitié... A moi !... à moi !
KÉnouAN, môme jeu.
Le nom de cet homme?
LOUISE
Je vous le dirai... Mfiis me fDrcer à me pni jurer, le couteau levé sur mon fils, c'est mal, mon père !
KÉnOCA!».
Le nom de cet homme ?
LOUISE
Je vous le dirai... Mais cet infAme ausîi ce que vous faites là 1
KÉROCAI».
Le nom de cet homme?
LOUISE
Je vous le dirai... Mais assassiner un pauvre enfant, quand on peut tuer la mère... c'est lâche!
KKROUAN.
Le nom de cet homme?
LOUISE
Ah! Dieu ! je ne puis plus... Eh! bien, nion père, c'est...
pc<a.>aox>3^'OQpqojQQjeQacOiOojoo;^3o&aBOa5OO30aao3ooo9oa&QOgco»oo
GtOnGES, Ki:ilOUAN, LOUISE, LUCILE.
(iF.ouCES, eniraiu rapidemonl suivi l'.c T.ucile. Qîi'y a-t-il?... Pourquoi ces cris?
LOUISE
Georgis... Georges... Il veut tuer mon enfanll GEORGES, s'ûlançant devant la poiic de la chauibre de Louise.
Vous me tuerez donc avant lui !
KÉROCAK.
<Jue dis-lu ?
LOUISE, couiaiit près (!e Georges.
Ah 1 nous sommes deux à pré;ei|ll
KEROIAN.
Toi, Georges ?... tu la défcnils... Que v!cn-"-lu
faire ici ?
GEORGES, mettant u<i ^cnou i\ inre.
Puisqu'il votis faut du s,'in;.;... je \iens vcus np-
poitcr celui du coup.ible.
LUCILE
Mon fréro !
KÉROUAN, courant ',■■ une iiache.
Toi... toi, Geor^'es!... Ah ! misérable!...
LUCILE, s'élnnçant an ;leva;t de lui.
Kérouiin ! qu'nllez-vous fiiire !...
KÉROUAN, voulant !a repousser. Laisse-moi, enfant !
RÉKOUAN, après un long silence.
Tu as raison... lu as raison... — Geovgcî... le fils de mon vieil ami... Georges... lui! — Et tu le savai.«, toi, Lucile ?... et tu cachais le crime de ton frère?... horreur!
LOUISE
Non, mon père... non!...ele n'a caché que ma faute, elle n'a eu pitié que de votre fille.
KÉROUAN
Peu ni'iiiipiilc à présent!
(Il va :i la chpniiné(! et il en décroche deux Cpics qu'il pose sur la la'jin.)
LUCILE
Que va-l-il f.iire? mon Dieu !
KÉllOrAN.
Voici m.T vieilli' épée de Vemléeii, monsieur... et voici cel!»î que me donna votre père qiiand Je le relevai tout sanglant du champ de baliiille... laquelle prcnez-vois?...
GEORGES
Laissez-moi celle de mon père; je ne la déslionorerai pas.
LOUISE, stupéfaite.
Q'.rosez-vous dire, Georges !
KÉROUAN
Je vais à la saulaye...
Je vous suis, monteur!
LOUISE
Vons...^ous !..niais qu'allez-vous donc faire là?
GEORGES
Picmplir mon dernier devoir... Je vais mourir î
LUCILE
Mourir!... lorsque tu dois...
LOUISE, éperdue.
Tais-toi, Lucile.— Mon père... vo;is le connaissez à présent... Il ne vous échappera pas... Eh '. bien, donnez-moi un inslnnt, une minute, pour lui p.nrier.
Ki^ ROUAN.
Je suis patient... j'atlcndrai... (Il fait un pus pour sortir.) Parlez-!ui.
LOUISE
Non pas seule, mon père!... mais devant von<; qui m'avez maudite, devant elle qui a eu pi lié oe moi... devant Dieu qui nous écoute...
LA CLOSEUIE DES GENÊTS
(Kérouan redescend la scène et va à la table siir laquclle il s'ajipuie et où il pose son ép(3e.)
KÉUOOAN.
Soil, diles-lui vos dernières paroles.
LODISE.
Ecoulez, (Jcorgcs... et répondez-moi encore une fois comme vous l'avez fait, si vous l'osez... où allez- vous .^,..
GEORGES
Je vous l'ai déjà dit : mourir!
LOUISE, avec désespoir ei stupéfaciion.
Mourir!
LKCILE.
JMourir, frère!... mais lu ne penses pas...
LOUISE
Oh! lais-loi, Lucilc, je t'en prie... (A Georges.) Muuiir, dis-lu?... Commeiil... à celle iicure, ici, duns celle maison... en voyant un père désespéré, une pauvre fille perdue... cl là, là... un enfant qui est le tien et qui n'a pas de nom, il ne t'est pas venu une autre pen.«éc que de mourir !...
GKOKGES.
Je ne puis pas plus : la mort est la suprême expiation de tous les crimes.
LOUISE, tombant assise.
Ah! mon Dieu! il me méprise donc bien!
LUCILE
Ah ! Georges, c'est affreux.
KÉROUAN , à Louise.
Croyez-vous que je me fusse mieux vensé en vous luaiil... (A GcoïKcs.) Venez-vous, monsieur !
Je suis à vous !
(Ils niirchenl vers la pnte dufond, Lucile se jette entre eux.)
LUCILE
Mais ce n'est pas possible!... écoulez-moi, Kéroiian... mon père va venir...
GEORGES, avec éclat.
Mon père va venir ! Ah! venez, tnonsiciir, \cncz .. mais que je ti'entende pas sa malédiction!... lui-même me dirait de mourir.
LUGII.E.
Ah! Georges, tu méconnais noire père !...
KÉROUAN
Tu mens !... et lu es un lâche !
LOUJSE, b'élançant vers son pèie.
Mon père !... il est fou,., il doit être fou... (.i;ciLE, au fond, rcgarilant par la croisée. Ah ! voici mon pcrc enfin...
GE0HGt;S.
Lui !... (Son épée tombe de sf^s mains.) Ah! ayez pillé de moi, mon Dieu ! (A Kéroiian.) Vous l'avez voulu... eh! hien, inicrrogcz mon père, et vous saurez pourtjuoi j'ai voulu la mort. i
KLROUA.\.
Laisse-moi parler à ton père, cnfatil .. la loi, cllc-mèm;', protège les in5en-è<:. !