‹ Pièces de théâtreChapitre 171 sur 1093 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

CHARLES, puis IIORTENSE.

CHARLES, .^ lui-mCinc.

Allons... du courage... C'est un adieu peut Olre éternel...

(dorlcnsc entre vivement. — Mlle a une robe noire, et un voile noir jolé sur sa léic, cl (lu'cHi; ôie en entrant.) noRTE?(SE, courant à Cliarlcî, comme à un protecteur.

Ah! Charles... c'est vou.?.

cil ARLES, lui prenant la main, Quel trouble... quelle émotion !... Tour Dieu! ma cousine, qu'nvez-vous?

noRTENSE, chcrcliant à se remctlro.

Rien... mon ami... rien, je vous le jure.

'\''ous essayez en vain de me tromper... que vous est-il arrivé?

IIORTENSE, plus calme et souriant presque.

Charles... vous ne comprendrez pas que ce qui n'est que l'œuvre du hasard puis.^e apparaître parfois comme l'œuvre de la falalité... Tenez... ma frayeur a été celle d'un enfant... Parlons d'autre chose.

CHARLES

rermellez-moî d'insister.

nORTENSE.

Eh ! bien... tout à l'heure.. . j'étais à genoux devant la tombe de ma pauvre mère.., je priais avec une ardente ferveur.., car je priais aussi pour mon père, dont la tristesse et l'abattement m'inquiètent et me désolent, — IMa prière était à peine achevée... qu'enlevant les yeux j'aperçus, debout, devant moi, un homme dont le regard semblait ne pas me quitter... Instinctivement effrayée, je reslni immobile sous ce regard.,. Je n'osais ni appeler ni fuir... Enfin cet homme, dcvinaal sans doute la terreur étrange, involontaire, qu'il m'inspirait.,, s'éloigna... Quand le bruit de ses pas se fut éteint... je baisai le marbre de la sainte tombe... et je partis,.. Devant la grille d'une des chapelles latérales, je revis encore cet homme... Il se tenait incliné, le front nu, devant une pierre sur laquelle je lus avec surprise... le nom de JM. d'Ar-

CHARLES

De mon père !... Et cet homme ?...

IIORTOSE,

Je l'ai vu ce malin pour la première fois.

CHARLES

■N'otrc crainte était imaginaire et folle. Mais quel peut èlre cet homme qui s'inclinait ainsi devant la tombe du pauvre marin?.., tombe élevée d'ailleurs par une main inconnue.. .la même, saus doute, qui prit soin de mon enfance..,

IIORTENSE,

Mon père m'a dit, en cHct, que, depuis la mort de M, d'Arbcl, une secrète protection s'était étendue sur vous.

CHARLES

Otte protection commença peu de jours après la mort de mon père, qui fut tué comme un Irailrc, lorsqu'il accomplissait le plus saint <les devoirs. Dans les mers des Indes , sous les ordres du bailli de Suiïren, nos marins avaient remporté une violoireérlalanle sur les Anglais; mais toute la flollc avait vu avec indignation, au plus fort du combat, le vaisseau le Sévère amenant son pavillon ! A peine cet ordre honteux venait-il d'élrc donné que mon père court vers le grand mal, en disant au capitaine : « Jedouerai si bien notre pavillon là-haul, que nul ne pourra l'amener Id II s'élance, et tombe tout ù coup frappé d'une balle!...

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