‹ Pièces de théâtreChapitre 184 sur 1093 · L.4NGL01S, ù Georges · texte numérisé non relu

L.4NGL01S, ù Georges

Un instant... Tout cela est superbe, mais cela

n'est pas régulier ; la générosité a aussi besoin

d'être légale... Il faut qu'elle prenne la forme

dun acte notarié; la loi est là : on donne par

testament, parcontral de mariage, par dotation...

(Georges, aux dernier» mots de Langîois, s'est arrclé.

Il a encore une fois regardé Ilortensc , puis il prend

la main de Langîois.)

Vous avez raison, monsieur Langîois. (Il s'approclicdu comte.) Écoutez-moi, monsieur le cunite... {Après un nouveau silence.) Enfant du peuple, j'ai eu, pour lutter contre le malheur, la force et l'cncrgiedu peuple. Ilcpoussé, par ma naissance, de toutes les roules qui mènent à la fortune, j'ai demandé à l'Océan ce que la terre me refusait. — Simple matelot sur un vaisseau de l'état, je compris que jamais peut-Olre les épaulclles d'officier ne tiendraient couvrir mes épaules roturières. J'étais brave, jeune cl fort ; nous étions en guerre o\ec les Anglais. A l'aide de quelques amis, j'équipai une barque, que j'échangeai bientôt contre un vaisseau pris à labordage. Je poursuivis jusque dans leurs possessions des Indes les éternels ennemis de la France... Je couvris mon bâtiment de leur sang cl de leur or.,, Pendant dis ans je

fis la course, portant haut et bien mon pavillon^ Alors le ministre de la marine m'offrit un corn' mandement ; je refusai, et je restai ce que j'élaisj l'homme de mes œuvres. — Le ministre ne m'aurait fait que capitaine de vaisseau, je suis grand-amiral, roi même, à Saint-Tropez, mon pays, qui m'a vu pauvre et qui est devenu riche avec moi; car cette fortune, acquise au prix de mon sang, a servi à répandre le travail et l'aisance dans toute une province. Grâce à moi, douze cents travailleurs ont leur pain de chaque jour. Voilà, monsieur le comte, mes litres de nO' blesse! Si anciens que soient les vôtres, je ne les crois pas meilleurs que les miens, (\ouvcau silence] IVIonsicur le comte, je vous demande la main d( M"e d'Auberive.

nORTENSE,

Oh!

P.\DLINE, à Langîois.

Mais il est tout à fait bien, ce monsieur...

LE C0.UTE

Monsieur Maurice... (Il lui tend la main.) heW reuse et honorée sera la famille dans laquelle vou entrerez... mais cette famille ne peut être 1 mienne!...

PAULINE, Las, à Ilortense.

Comment 1 il refuse?...

LE COMTE

J'ai perdu la fortune de mon enfant... je n'i pas le droit de disposer de son cœur... et de i vie!...

nORTENSE.

Mon père!...

PAULINE, bas.

C'est la misère qu'il accepte!

noRTENSE, bas.

Et la misère le tuera!...

(Musique a Torcliestre jusqu'à la fm de l'acte.) DO.Ml NIQUE, entrant, bas à Horiense.

Mademoiselle, M. d'Arbel peut-il entrer?

UORTENSE, vivement.

Non! (.\ part.) Pauvre Charles... (Haut, a> effort.) Dites à mon cousin que nous recevons : adieux. (Bominiquc soit tout surpris. — A Georg qui va sortir.) Monsieur, mon père m'a toujoi laissée mailrcssc et libre de mon choix... (A dignité.) Monsieur Georges Maurice, la fille comte d'Auberive accepte l'offre que vous faites de votre main !...

GEORGES

Vous... mademoiselle... vous ma femme !.. LE COMTE, à Pauline. ,

Qu'elle soit heureuse !...

GEORGES, avec exaltation et à part.

Merci ! mon Dieu, merci !... car celle femi c'est l'ange de pardon que vous m'envoyez... (Il prend la main d'IIortensc et la porte rcspcctu Ecmcni à ses lèvres. )

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