LA>GL01S
Jamais, monsieur... jamais, quand les actes ont été passés dans mon étude.
GEORGES
Enfin... je pourrais ne pas prendre toute la somme...
LE COMTE
Monsieur, je ne vous ai demandé ni délai, ni pilié... Finissons-en.
GEORGES
Comme vous voudrez.
(Il remonte brusquement au fond et, après avoir fait quelques pas, s'arrôtc, toujours au fond, se croise les bras et regarde Uortcnse qui est restée sur la causeuse avec Pauline. Pendant ce temps, M. d'Auberivc a signé l'acte.)
LANGLOIS, à part.
Il ne lui restera pas douze cents livres de rentes. (Hortcnse s'est rapprochée de son père. — Le comte, après avoir signé, tend l'acte à Georges, qui se rapproche alors.)
GEORGES, après un moment de silence.
C'est mal ce que vous avez fait 15, monsieur... L'orgueil vous a laissé oublier que vous aviez une fille... (Mouvement du comte.) Oui, l'orgueil; oh! je ne sais pas faire de phrases, moi... et je dis tout nettement ma pensée. 11 y a là-dessous toule la rudesse, mais toute la franchise dun loyal marin... Vous ne voudriez rien devoir à un homme comme moi... Mais, pourtant, vous ne pouvez pas laisser mourir cette jeune fille... et pour elle, pour vous... la misère... c'est la mort! Croyez-vous qu'on passe impunément d'un pareil salon dans une mansarde?...
HORTENSE
Monsieur, le travail...
GEORGES
Eh ! mademoiselle... ma mère travaillait jour et nuit... elle est morte à la peine , et elle ne gagnait pas, la digne femme, ce que gagne ici le dernier de vos valets. Je vous le répète, monsieur, la misère vous tuerait votre enfant... Je ne veux pas tire rembourse mainlenant.
LE COMTE
Que dilcs-vous ?
LA DAME DE SAINT-TROPEZ
GEORGES
Je dis, monsieur, que cet argent que vous me rendez, je le prèle à M"« d'Auberivc,
nORTENSE.
Qu'entcnds-je?
PAULINE, bas.
I! csl beaucoup mieux que je ne croyais, ce monsieur...
LE COMTE
Monsieur, votre offre nie touche et nous honore ; mai«, pas plus que son père. M"" d'Auberivc ne peut accepter un semblable service.
GEORGES
Il faudra donc, monsieur, que je vous oblige malgré vous. — Vous refusez d'accepter le temps que je vous donne pour vous acquillcr... trouvez donc alors le moyen de me faire recevoir, à présent, l'argent que vous ne me devez plus.
(Mouvement sOnOral.) LE COMTE.
Que dites-vous ?
GEORGES
Vous n'avez pas voulu que je vous prèle, je vous donne... (Il d(5cliire l'acte dressé par Langlois.) Monsieur le comte, vous ne me devez plus rien. (Il veut sonir.) LE COMTE, allant à lui cl le retenant. Je m'acquitterai, monsieur, je m'acquitterai malgré vous... mais nous n'en conserverons pas moins le souvenir de ce que vous avez voulu faire.