ACTE II, SCÈNE VllI
iibliez-voiis qnc tout à l'heure vous avez delaodé à passer la nuit dans celle auberge ? UOUTEN'SE, aveceiTioi.
Ici ! passer la nuit ici !... Oh'! non, non, je ne
veux pas !
GCOnCES.
Mais songez à votre faliguc... à l'orage dont susavcz peur...
nORTENSE.
L'orage a dû se calmer.
(Le tonnerre gronde.) GEORGES.
Au contraire, il redouble... la foudre (!''pouvanrail les chevaux...
nOUTEXSE.
Oh! je vous en prie, monsieur...
Mais d'où vient ce changement ..' Tout a
? leureje cédais à un désir... mainlenanljc refuse
■ • vous exposer à un danger réel... Noiis rcsle-
.!>, Horlense... au moins jusqu'à ce que'cet
ige se dissipe... (Apris un silence et en lui prenant
main.) Songez encore que c'est la première is depuis noire mariage que je vous parle sans nioin. Même dans notre voilur», une femme
chambre était là , dont la présence glaçait no- 3 enlrelien... Ici , je suis seul avec vous , libre fin de vous parler de monl bonheur , de mon lour! (Il s'approche d'elle.)
HORTEXSE, Monsieur... (Regardant la porte de Charles.) Au im du ciel, monsieur, ne me parlez nid'amour,
de bonheur, au nom du ciel, partons!...
GEORGES
Partir... oh! ce n'est là, n'est-ce pas, qu'un
price déjeune femme?... Horlense... diles-moi
ic vous n'avez ni regret du passé... ni crainte
: l'avenir... oh! diles-moi cela, Horlense... ou
serais trop malheureux... Dans ce cœur rempli
run sombre souvenir, l'amour, n'avait jamais
)uvé place... Je vous ai vue, cl tout a changé
moi... Du jour où vous avez daigné m'élever
squ'à vous, vous clcs devenue toulclma pciisée...
I ulema vie... A vingt ans, mon amourpour vous
' t élé [violent, emporté peut-être... à quarante
is cet amour est un culte, une idolâtrie... Ce
u des passions qui semblait éteint dans mon
' ne, s'est éveillé tout à coup... et je vous aime,
orlcnse... je vous aime de toute la force de mes
unes années perdues!
UORTEXSE, à part.
Oh! s'il nous entendait! (Haut et avec dOlire.) ncore une fois, monsieur, je vous en supplie, je JUS en conjure, emmenez-moi, parlons d'ici ! (L'orage augmente.) GEORGES.
I Mais voyez, Ilorlensc... voyez, l'orage éclalc...
nonTExsE.
Eli ! ce n'est plus l'orage que je redoute, à présent !
(Dans ce moment le vent ouvre violemment la fenèire, dont quelques viircs se brisent. La foudre éclate. —Georges s'est précipité vers la fenûtre qu'il cherche à fermer. — Au cri d'effroi qu'à jetéHortense, la poi te de Charles s'cntr'ouvre. — Hortense, épouvantée, s'élance sur la porte de communicjtion, qu'elle referme au verrou et qu'elle semble vouloir couvrir de son corps.— Georges se retourne alors et revient 5 elle.)
GEORGES, avec tendresse.
Horlense, chère Hortense !
UORTEXSE, s'éloigne vivement de la porte, puis
tombe à genoux en criant :
Grâce ! grâce !
Évanouie !... (Il la relève et la met dans un fauteuil.) Froide de terreur !... (Avec explosion.) Oh! malheureux, malheureux!... celle femme ne s'est pas donnée à toi... elle s'est vendue !... Oh ! qu'avons-nous fait tous deux!...
(Aprts un silence, après avoir regardé Hortense, s'en être approché, puis éloigné vivement, Georges sonne violemment. Le bruit a fait tressaillir Hortense qui rouvre les yeux. — Elle se lève effrayée et court instinctivement devant la porte, puis, voyant Georges calme et impassible , elle se rassure pour Charles, et, se souvenant, elle baisse les yeux devant Georges.)
HORTEXSE, avec douceur.
Monsieur, je vous ai irrité?
GEORGES, avec douleur.
Irrité!... non!...
nORTÉNSE.
Je vous ai affligé alors... oh ! pardonnez-moi... (Regardant la porte de Charles.) J'étais folle... (Baissant la voix.) Mais croyez que je n'ai jamais oublié, que je n'oublierai jamais ni vos bienfaits, ni mes devoirs.
GEORGES, à part.
Sesdevoirs!... mes bienfaits!... oh! mon Dieu! (Il va sonner de nouveau.)
L'AUBERGISTE, au fond.
Monsieur a sonné?
GEORGES
Des chevaux à ma voiture.
nORTENSE.
Comment!...
GEORGES
Nous partons à l'instant... à l'instant même. (Georges est remonté au fond. — Hortense jette un dernier regard sur la porte de Charles et s'apprête à suivre son mari.)
LA DAMR DR SAINT-TROPEZ