‹ Pièces de théâtreChapitre 194 sur 1093 · SCÈNE vu · texte numérisé non relu

SCÈNE vu

IIORTENSE, CHARLES.

CUARLES, paraissant sur le seuil de la porie à

gauche.

Celte voix ! je ne me suis pas trompé...

nORTENSE, se retournant.

Lui!

CnARLES, allant à clic.

Ilortcnse ! Vous !... vous ici !... Ah! c'est un miracle de Dieu , de Dieu qui ne veut pas que je meure sans vous avoir revue I

UORTE.NSE.

Charles... si pùlc... si faible... Ce jeune homme dont on nous parlait tout à riieure... ce pauvre miladc qui souffre et qui languit seul dans cette misérable auberge... c'était vous !...

Cn.VRLES.

Nemeplaignez pas, Ilortcnse.. .je suis heureut, puisque je vous revois !... Ne tremblez i)Ius pour moi... je ne souiïrc plus, puisque je vousjelrouve !... Le supplice le plus alTrciix, c'est le doute., l'épreuve la plus cruelle, c'est l'absence... Je serais mort bien malheureux, s'il m'avait fallu mourir loin de toi... sans un mot de ta bouche qui me rassure, sans un regard de tes yeux qui rue console!... Mais te voilà, ma main louche encore la tienne... Que la vie m'abandonne maintenant, je ne me plaindrai plus... Tu es là pour recevoir mi dernière pensée et mon dernier sou|)ir.

uouTosi:.

Mourir I vous, Charles !... Oh ! Dieu ne le voudra pas!

Non, Dieu est bon... Il me laissera la vie, puisqu'il m'a donné ton amour!

UOin ENSE.

Oh ! vous vivrez... Charles, vous vivrez!

CHAULES.

Pour loi, mon Uortciisc, pour loi l

HORTENSE, dans les bras de Charles.

Charles !... (Se dégageant tout à coup.) Oh ! m( Dieu, j'étais folle... j'oubliais !...

CUARLES.

Ilorlense !

nORTEN'SE.

Oh! taisez-vous, taisez-vous!,., Charles!, mon ami, il faut me quitter...

CUARLES.

Te quitter!...

nORTEXSE.

Il faut me fuir, ne plus me revoir., T

CHARLES

Que dites-vous?

UORTENSE.

Nous ne devons plus nous aimer ! .. . Notre amo serait un crime!...

Un crime!... J'ai mal entendu... c'est la fiév qui brùlc de nouveau tout mon sang... c'est le d lire qui bouleverse encore ma raison!... nestpas Ilortcnse, n'est-ce pas que je puis l'aimer, q je puis être aimé de toi?...

HORTENSE, courant à la porte da fond.

Ciel! on vient... S'il vous trouvait ici !...

CHARLES , allant à Ilorteusc.

Qui donc?

UORTENSE, cherchant à l'éloigner.

Partez, partez vite!

CHARLES

Qui donc vous fait trembler ainsi ?

UORTENSE, avec terreur.

C'est lui !

CHARLES, avec colère.

Mais qui donc ?

HORTENSE, d'une voix étouffée.

Mon mari !

CHARLES, reculant.

Mariée!... Parjure!... (Ilortcnse, prcsqu'i gcnc et les miins jointes, supplie Cliarles de ne pas la p dre. — Charles s'éloigne d'elle et, sur le seuil de la pc de sa clianibrc, lui jette un dernier regard. — A désespoir.) Malheureux! malheureux I (Il rentre, Ilortenîc ferme vivement la porte. P s'éloigne de celte porte au moment où Gcor entre par le fond.)

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