‹ Pièces de théâtreChapitre 21 sur 1093 · MARIO^Y · texte numérisé non relu

MARIO^Y

Deux , monsieur.

MAROUKRITE, à part.

Deux !

GAULTlEll.

Et qui voulez-vous qui fasse ces meurtie», sinon Bohémiens et sorciers qui ont besoin d<' sang pour leurs conjurations'? Croyez-vous qu'on force la nature à révéler ses secrets sans d'horribles profanations?

MARra'EHITE.

Vous oubliez, iiicssiie Gaultier, <]ue monsieur lie Marigny ne croit pas à la nécromaucie.

SAVOISY , à la fen<ue.

Il n'y croit pas?Kh! ina<lame,on n'a qu'à jeter les yeux dans la rue, on n'y voit que nérromiinciens et sorciers; en face même de votre palai>, en voiei un qui semble attendre rpi'oii le consulte, laiU il fixe les yeux avec acharnement sur celte leiiélre.

MAIlCtl'KIIITK.

Appelez-le, seigneur de Savoisy ; je ne serais pas f.ichée ijn'il nous annonçai ce qui arrivera à inoiisiiMir de Marignj .m leinMi 'In rm; vuulet-vuiiH, iiiessieura?

l'IKRIWvIUMLS

Ndtie leiiiP est maiiiesse-

ACIE 11, lir TABLEAU, SCflNE 111

SiVOISÏ, criaiil à la feii^lre.

Monte ici, Boliémien , tl fais provision «le bonnes nouvelles : c'est une reine qui veut sjivoir l'avenir.

MAHOUKRIIE.

Allons, messieurs, il fjut recevoir dignement ce savant nécromancien.

SA VOIS Y

Oui, sans «Joule; mais, comme sa science peut lui venir également <le Dieu ou de Satan, à tout hasard sij;i)ons-nous. (lia ton: tous le signe de la croix , à l'ejcej.tion de Marigiiy. ) Le vrjici ; nardieu ! il a passé à travers les murs! (Allant à lui.) Bohémien maudit, la reine t'a fait venir pour (lue tu dises au preuiier miiiistie...

m BOHEMIEN , entraut par la porte de droite.

Laiss" '-noi donc aller à lui, si tu veux que je lui parle. Enguerrand de Marigoy , me voila.

MAHIGINY.

Écoute, sorcier; si lu veux être le bienvenu ici, annoDce-inoi plutôt mille disgrâces tpi'une disgrâce, mille morts ipi'une mort, et je puis ajouter encore qu'autant tes prédictions trouveront les autres confiants et joyeux , autant tu rue trouveras tranquille et incrédule.

LE BOHEMIEN

Enguerrand, je n'ai qu'une disgrâce cl une mort à l'annoncer, mais une disgrâce prucbaine et une mort terrible. Si lu as quelque compte à régler avec Dieu, hâte-toi, car par na voix il ne te donne que trois jours.

MARIGNY

Merci, Bohémien; car chacun de nous ne sait pas même s'il a trois heures ; d'autres t'attendent... merci.

LR BOBÊUIE}).

Que veux-tu que je »e dise, à toi, Gaultier Daulnay? à ton âge, le passé c'est hier, l'avenir c'est demain.

GAULTIEH.

Eh bien! parle-mo: du présent.

LE BOHÉMIEN

Enfant, demande-moi plutôt le passé; demande-moi plutôt l'avenir; mais le présent! non , non !

OAULTIEll.

Sorcier, je veux îe savoir. Que se passe-t-il maintenant en moi?

LE BOHÉMIEN

Tu altendi) ton frère, et ton frère ne vient |ias.

GAULTIER

El mon trèie, où est-il?

LE BOUÉMIEM.

i-;; peufile se presse en foule sur le rivage lie la Seine.

GADL'IltR.

Mon freit'!

Lfc BOHÉMI ■£[<!.

Il ciilouir ili^iix cadavres en cria*-- : M.il-

GAULTIER

Mon frère!

LE BOlllÎMIK>t.

Descends , et cours à la grève.

GAULTIEn.

Mon hère!

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