MARIO^Y
Deux , monsieur.
MAROUKRITE, à part.
Deux !
GAULTlEll.
Et qui voulez-vous qui fasse ces meurtie», sinon Bohémiens et sorciers qui ont besoin d<' sang pour leurs conjurations'? Croyez-vous qu'on force la nature à révéler ses secrets sans d'horribles profanations?
MARra'EHITE.
Vous oubliez, iiicssiie Gaultier, <]ue monsieur lie Marigny ne croit pas à la nécromaucie.
SAVOISY , à la fen<ue.
Il n'y croit pas?Kh! ina<lame,on n'a qu'à jeter les yeux dans la rue, on n'y voit que nérromiinciens et sorciers; en face même de votre palai>, en voiei un qui semble attendre rpi'oii le consulte, laiU il fixe les yeux avec acharnement sur celte leiiélre.
MAIlCtl'KIIITK.
Appelez-le, seigneur de Savoisy ; je ne serais pas f.ichée ijn'il nous annonçai ce qui arrivera à inoiisiiMir de Marignj .m leinMi 'In rm; vuulet-vuiiH, iiiessieura?
l'IKRIWvIUMLS
Ndtie leiiiP est maiiiesse-
ACIE 11, lir TABLEAU, SCflNE 111
SiVOISÏ, criaiil à la feii^lre.
Monte ici, Boliémien , tl fais provision «le bonnes nouvelles : c'est une reine qui veut sjivoir l'avenir.
MAHOUKRIIE.
Allons, messieurs, il fjut recevoir dignement ce savant nécromancien.
SA VOIS Y
Oui, sans «Joule; mais, comme sa science peut lui venir également <le Dieu ou de Satan, à tout hasard sij;i)ons-nous. (lia ton: tous le signe de la croix , à l'ejcej.tion de Marigiiy. ) Le vrjici ; nardieu ! il a passé à travers les murs! (Allant à lui.) Bohémien maudit, la reine t'a fait venir pour (lue tu dises au preuiier miiiistie...
m BOHEMIEN , entraut par la porte de droite.
Laiss" '-noi donc aller à lui, si tu veux que je lui parle. Enguerrand de Marigoy , me voila.
MAHIGINY.
Écoute, sorcier; si lu veux être le bienvenu ici, annoDce-inoi plutôt mille disgrâces tpi'une disgrâce, mille morts ipi'une mort, et je puis ajouter encore qu'autant tes prédictions trouveront les autres confiants et joyeux , autant tu rue trouveras tranquille et incrédule.
LE BOHEMIEN
Enguerrand, je n'ai qu'une disgrâce cl une mort à l'annoncer, mais une disgrâce prucbaine et une mort terrible. Si lu as quelque compte à régler avec Dieu, hâte-toi, car par na voix il ne te donne que trois jours.
MARIGNY
Merci, Bohémien; car chacun de nous ne sait pas même s'il a trois heures ; d'autres t'attendent... merci.
LR BOBÊUIE}).
Que veux-tu que je »e dise, à toi, Gaultier Daulnay? à ton âge, le passé c'est hier, l'avenir c'est demain.
GAULTIEH.
Eh bien! parle-mo: du présent.
LE BOHÉMIEN
Enfant, demande-moi plutôt le passé; demande-moi plutôt l'avenir; mais le présent! non , non !
OAULTIEll.
Sorcier, je veux îe savoir. Que se passe-t-il maintenant en moi?
LE BOHÉMIEN
Tu altendi) ton frère, et ton frère ne vient |ias.
GAULTIER
El mon trèie, où est-il?
LE BOUÉMIEM.
i-;; peufile se presse en foule sur le rivage lie la Seine.
GADL'IltR.
Mon freit'!
Lfc BOHÉMI ■£[<!.
Il ciilouir ili^iix cadavres en cria*-- : M.il-
GAULTIER
Mon frère!
LE BOlllÎMIK>t.
Descends , et cours à la grève.
GAULTIEn.
Mon hère!