‹ Pièces de théâtreChapitre 218 sur 1093 · PAULINE, HORTENSE · texte numérisé non relu

PAULINE, HORTENSE

PAULINE, allant à son amie et restant ;i sa ilroilo. Ilortense!...

UOr.TENSE.

flLi chère Pauline... quelque précieuse que me soit Ion amitié, c'est avec peine que je le vois prolonger Ion séjour ici... Retourne à Paris, va, laisse-moi seule accomplir ma destinée...

PAULINE

T'abandonncr à présent !... Oh ! jamais! jamiis!... Je resterai avec loi jusqu'au rétablissement de Ion mari... Ce rétablissement est prochain... assuré... n'est-ce pas? M. Gerfaut....

UOUTENSE.

Est toujours inquiet... 11 ne peut se rendre maître de cette maladie cruelle, dont les symptômes l'élonnent et l'épouvantent... ïlier encore, il n'osait me répondre de rien...

PAULINE, avec effroi.

Ohl mon Dieu !... s'il allait mourir...

HORTENSE

Mourir!... Oh! non... Dieu aura pitié de moi ! Si Georges mourait... Pauline... c'est moi, moi qui l'aurais tué!

PAULINE

Toi!...

HORTENSE

Pauline... je suis indigne de l'amiliédeseeur que tu m'as vouée, indigne de la tendresse de mon mari... Ce que tu appelles mon admirable dévoiimcnt... c'est du remords...

Du remords î... Ah ! tu me fais peur...

HORTENSE

J'ai eu un secret... pour toi... pour lui... pour lui!... si noble, si généreux!... Je l'ai indignement trompé...

PAULINE

Trompé!...

HORTENSE

Fille dévouée, je me suis faite épouse inf;\me! car j'ai donné ma main, quand mon amour était à un autre...

PAULINE, à part.

C'était donc vrai...

UOKTENSr.

Oui , il était tout entier à Charles d'Arbcl. . à Charles que je ne voulais plus revoir... cl que j'ai revu...

PAULINE

i^îallicurcuse !...

HORTE.NSE.

Oh! mon cœur seul a clé coupable... Georges

LA DAMI^ DE SAhNT-TKOPLZ,

a tout (Jccouveil,.. et, le Iciidcmain, il était à l"a- 'onie... Tu vois bien que, s'il meurt, il faudra jueje meure aussi... car c'est moi seule qui l'aurai tué...

PAULINE

Oh! pardonne-moi, llortensc, pardonne-moi... car un moment j'ai douté de toi... Pauvre martyre!... tu éloigneras Charles de ta pensée... t;i accompliras jusqu'au bout le sacriOce... Georges, plus calme, connaîtra ce passé qui cachait une douleur et non pas un crime... Il te plaindra... te pardonnera...

nOKTENSE.

Georges... Celte nuit, j'étais seule... à genoux devant son lit... Je le croyais endormi, et je priais pour lui , comme j'aurais prié pour mon père... Il me regardait... Pour la première fois il lendit sa main vers moi... je la couvris de mes larmes... « Pauvre femme!... » me dit-il. Je voulus parler, il posa sa main sur mes lèvres : « Laissez-moi oublier... » Il me regardait toujours... et son regard était d'une angélique douceur :« Oh! si vous maviez aimé!... » Puis il referma les yeux... Avec quelle joie, en ce moment, j'aurais donné ma vie pour sauver la sienne !

(On entend le son d'une cloche éloisiiêe.) PAULINE.

Quel est ce bruit?

UORTENSE.

C'est la cloche de Téglise... Elle appelle les habitans de ce village... Si j'osais m'ahseiiter, j'irais demander à Dieu de la force pour lui .. et du courage pour moi...

C'est une bonne et sainte pensée qui t'est venue là : si la science humaine a des bornes, la puissance divine n'en a pas... viens l'implorer avec moi... L'église n'est qu'à quelques pas de la maison , je t'accompagnerai... Viens, nous prierons, pauvre femme, nous prierons pour Georges et pour toi...

(Lllc l'cnlrainc .ivcc elle par la porte lalOralc tic gauche.)

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