SCÈNE V
ANTOINE, CHARLOTTE, entrant par le fond.
CIIAULOTTE.
Si c'est pour me dire des choses pareilles que tu reviens de Pari<...
AM niNFv, en costume de voyage.
Je te répète, moi, que lu es dupe de son hypocrisie... A Iroi*; lieues à la ronfle, tout le imnide l'accuse... A la dernière poste, on parlait d'aver-
tir la justice., sans moi, on y allait, à la justice... (A part.) Mais il n'est pas temps encore... CHAULO rr i;, ôlanl l'encrier et le sucrier du guéridon, et les plaçant sur la cheminée.
Oh ! quand lu la verras auprès de son mari... tu diras comme moi... celle fcmmc-là n'est pus coupable...
ANTOINE
Tiens! ne parlons plus d'elle... (Appelant sa femm".) Cliarlolle, viens donc ici... dis-moi... (Avec hésiiaiion.) M. Gerfaut... le médecin... est venu ?...
cnARLOTTE, à la droite d'Antoine,
Tous les jours.
ANTOINE
Tous les jours... et il n'a pas de soupçons ?... CHARLOTTE va à la porte de Maurice, qu'elle ferme soigneusement.
Je ne sais pas... mais (A voix basse.) depuis un instant... j'en ai, moi, des soupçons...
ANTOINE
Toi !... Oh! bon Dieu! que veut-elle dire?... CUARLOTTE , revenant à la gauche d'Antoine. J'ai découvert....
ANTOINE
Quoi donc ?
cnARLOTTE.
Je n'ai voulu parler de ça à personne, avant ton retour...
ANTOINE
Achève...
CHARLOTTE, à dcmi-voix.
Tu te souviens de celle poudre que j'ai lirèc des mains de M"'" Maurice, il y a un mois à peu prés.
ANTOINE, commandant à son trouble.
Eh bien?
CIIAULOTTE.
Je lavais soigneusement serrée au fond d'un tiroir de ma commode... Tout à 1 heure, en ouvrant par liasarJ ce tiroir... je n'y ai plus trouvé le paquet que j'y avais placé...
ANTOINE, vivement.
Tu es svnc de n'avoir parlé de cela...
CHARLOTTE
A personne... qu'à loi... Si cela était tombé en de méchantes mains... j'en ai la lièvre... ANTOINE, apris un silence, fait signe îi Charlotte de .t;».' lapproclicr de lin'.
Charlotte... (Avccintcniion.) MineMauricc venait souvent dans notre chambre?
CHARLOTTE
Jamais.
ANTOINE, appuyant.
Elle y est vcn-ie.
CHARLOTTE
Jamais, le dis-je.