I.E B()UÉMIE
D'ici là. Vous ailoz rentrer dans votre appartement, <|ui seia fermé [)Our tout le nnuide, MAnr.UF.RlTK.
l'uni tout (c monde?
LE IIOHÉMIEM.
Même pour Gaultier Daulnay, sur - tout pour Gaultier Daulnay. Messeigneurs , la reine vous remeirie et prie Dieu de vous avoir en sa {jarde: df'fendez la porte de vos appartements, madame.
MARGUERITE
Gardes, ne laissez entrer personne.
LE BOHÉMIEN
A ce soii chez Orsini, Marguerite.
MAHGL'ERITE, en (ortant.
A ce soir.
( Le Boliciiiicn passe au milieu des seigneurs, qui s'^carleiit et le re(;ardcnt avec terreur. )
SAVOIST.
Me8sei{;neurs, concevez-vous quelque chose <le pareil? et ret homme n'e»t-il pas Satan?
PIERHEFONDS.
Qu'a-t-d donc pu dire à la reine ?
SAVOIST.
Monsieur de Marigny, vous qui étiez près de Marguerite, avez - vous entendu quelque chose lie sa pn'dictioii?
MARIG>NV.
Il se peut, messieurs; mais je ne me rappelle «pie relie qu'il m'a faite.
SAVOIST.
lîli luenl i-roirez-vous dé.'^ormais aux .sor-
MAHICMT.
Pourquoi plus qu'auparavant? Il m'a annoncé ma disgrâce; je suis encore ministre ; il m'a annonce ma mort... vrai Dieu ! messieurs, si l'un de vous est tenté de s'assurer que je suis bien vivant, il n'a qu'à le dire : j'ai au côte une epée qui se chargera en pareil cas de répondre pour son maître.
CAVLTIER, se précijiitant Hans la salle. Justice , justir'e !
Gaultier!
GArLTIER.
(j'était mon frère, inesseigneurs, mon frère l'hilijipe, mon seul ami, mon seul parent. Mon frère égorgé! noyé! mon frère sur la grève; malédiction! il me faut justice, il me faut son assassin , que je l'égoige; que je le foule aim pie<ls! Son assassin , Savoisy , le ronnais-t»i?
SAVOIST.
Mais tu es insensé.
OAOLTIER.
^ion, je suis maudit; mon grade, mon sang, mon or à qui me le nommera. Monsieur de Marigny, prenez-y garde, c'est vous qui m'en répondez ; vous êtes le gardien de la ville de Paris; pas une goutte de sang ne s'y verse, pa> un meurtre qu'elle ne vous tache. Oi'i est L reine? je veux voir la reine, je veux voir Marguerite; Marguerite me fera justice. Men frère ! mon frère !
( Il se précipite vers la porte du fond. ) SAVOIST.
Gaultier, mon ami...
GAULTIER
Je n'ai pas d'ami; je n'avais qu'un frère, il nie faut mon frère vivant ou son assassin mort ! Marguerite, Marguerite! (Il secoue la p»rj«. ) C'est moi , c'est moi , ouvrez!
vn CiriTAisK.
On ne passe pas.
GAt^LTIER.
Moi! moi! je passe, laissez-moi... Marguerite, mon frère! ( Les gardes le prennent à bras le corps et réloi(;nen( ; il tire son ipi». ) H faut que je |a voie, je le veux. ( Il est désarmé par les ){arde«. ) Ali ! ah! malédiction I ( Il tombe et sr loulc. ) Âhl mon frère, mun frère!! !
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