‹ Pièces de théâtreChapitre 230 sur 1093 · GEORGES, HORTENSE · texte numérisé non relu

GEORGES, HORTENSE

HORTENSE

Oh ! mon Dieu ! mon Dieu!...

(Elle entre et s'appuie sur un fauteuil.} GEORGES, la regardant.

Qu'est il arrive?

HORTENSE , cherchant à se remettre.

Une chose étrange... inconcevable.., J'étais à l'église... je voulais prier pour vous... GEORGES, avec amertume.

Pour moi!

HORTENSE

A peine y élais-je entrée, que tout le monde .«crnbla s'éloigner de moi. Le malheur est dans notre nsaison, inc disais-je, et le malheur les épouvante... Mais, lorsqu'après avoir prié, je relevai la l(-tc, tous les regards étaient attachés sur moi... cl ces regards n'exprimaient ni l'effroi ni la compassion... c'était... c'était de l'horreur! GEORGES, ù part , et retombant sur le fauteuil, k gauche.

Ainsi, tout le monde l'accuse !...

HORTENSE

ElTrayée, je repris le chemin de cette maison... Pendant la route, je crus (pic j'allais devenir folle; car il me semblait cnteiulre un bruit de voix confuses, des cris, des menaces... Oh I c'était un rêve, n'est-ce pas?.. Oui, c'était un rêve... (Elle jette sa mante sur la chaise qui est restée près du fauteuil, à droite.) Voyons, oublions cela, et ne songeons plus

ACTK IV, SCI-NU XIII.

qu'à vous... (Elle se rapproche de son mari, puis, piissant derrière lui, examine le guéridon.) M^^ Antoine a-l-elle fidèlement exécuté rocs instructions?...

GEORGES , regardant Hortcnse qui est ainsi placée en

face de lui, et versant le contenu de la tliéitre dans

une tasse.

C'est elle qui a préparé cela?

UORTENSE, avec candeur.

Kon, c'est moi...

GiiOUGES, ne la quittant pas des yeux.

Vous !... toujours?

nORTENSE.

Toujours.

GEORGES, ù part.

Nul trouble sur son visage... nulle émotion dans sa voix...

HORTENSE, lui prenant la main.

Votre main est brûlante... Pourquoi M. Gerfaut ne m'a-t-il pas attendue?

GEORGES, à part', et se détournant.

Sa main ne tremble pas... Oli! ce n'est pas elle... ce n'est pas elle!...

(La porte du fond s'entr'ouvre.)

LE DOMESTIQUE

Pardon, monsieur... M. Antoine, n'osant braver la défense, m'a chargé de vous remettre ce petit mot et ce paquet...

GEORGES, se remettant.

Que peut-il avoir à m'écrire? Donne.

(Le domestique s'approche, remet une lettre et un petit paquet de papier.) noRTENSE, au domeslique.

Antoine est revenu î

LE DOMESTIQUE, Sortant.

Oui, madame, depuis une heure à peu prés... (Hortcnse referme la porte sur le domestique, prend sa mante, puis remet en place la chaise sur laquelle elle l'avait jetée d'abord. Pendant ce temps, Georges a ouvert la lettre.^-

GEORGES, ù part, et lisant.

« En présence de Paul, de Mariette et de Ju- » lien Maillard, j'ai trouvé ce paquet dans la «chambre de ta femme... tu pourras en recon- » naître le contenu... » 'Georges ouvre le paquet et jette un cri.) Ah !

UORTEîiSE, courant ù lui et a sa gauche. Qu'avez-vous donc, mon ami ?

GEORGES

Plus de doute !...

UORTENSE.

Vous êtes moins bien que tantôt... c'est que je n'clais plus là... Tenez... vous n'avez pas même touché à cette potion...

A cette p()tion que vous avez préparée?

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