‹ Pièces de théâtreChapitre 238 sur 1093 · GEORGES, ANTOINE · texte numérisé non relu

GEORGES, ANTOINE

ANTOINE

Partir!... la ju>liLe!... Que dit-elle donc?. .

GI.0RGE.S , se levant.

Ah! c'est toi... écoute, Antoine, écoule... il faut que lu l'emmènes!

ANTOINE

L'emmener !

GEORGES

Loin d'ici I... dans un pays où nos lois ne puissent l'atlcindre.

ANTOINE

Enmiener ta femme?... Mais pourquoi ?

GEORGES

Parce qu'elle se perd, parce que, dans un in?^lanl . îe lieutenant criminel sera ici !...

ACTC V, SCENÎ^: VI.

ANTOINE, avec icneur.

Déjà !...

GEOItGRâ.

Ah ! tu trembles... tu frémis comme moi!

ANTOINE, altéré.

Le lieutenant criminel !

f.EORGES.

Tu vois bien qu'il faut qu'elle parte à l'instant... lu donneras des ordres... Attends,., clic ne te suivrait pas... il n'y a qu'un homme... un seul , qui puisse la décider à partir... à vivre... Charles d'Arbel.

Charles d'Arbel !... (A part.) Encore!...

GEORGES

Je le verrai... je l'ii parlerai...

ANTOINE , surpris.

Le voir... lui parler?...

GEORGES

Tu le préviendras... tu me l'amèneras.

ANTOINE

Mais, tu n'ysonjjes pas... oii le rencontrer, où le trouver maintenant?

CEOr.GES.

Est-ce qu'il a quilîé celte maison?

ANTOINE, ciTiayé.

Cette maison?...

GEORGES

Tu ne l'as donc pas vu ?

AîiTOINE.

Moi !... (A part.; Oli ! s'il n'est pas fou, je suis perdu !...

GEORGES

C'est lui que le docteur Gerfaut m'a amené hier.

ANTOINE

Lui !

Va, amène-le... Je le veux!

ANTOINE, ù part.

S'il entre dans celte chambre, s'ils se revoient, tout est découvert !

(Fausse soriii.-. — Il va fermer la pi.rte ;i droite.)

GEORGES, allant s'asseoir sur la caiBeuse. Si prés de la mort, il ne doit rcsîcr dans le cœur... ni haine... ni jalousie... (A Aiuoine.) Eh bien?

ANTOINE, froidement , et comme s'il revenait du dehors.

Il est parti...

GEORGE.S, avec désespoir.

Parti!... O mon Dieu !... comment !a sauver maintenant? (Moniont rie silence.) Ah ! (A part.) Si je faisais croire à «n suicide... Oui, elle en aimait un autte... el... je me me suis lue... ils me croiront!...

(Pendant cet ii-parlé, Anioine est allé douccnicnt pousser le verrou de la porte à g.iuclie.)

ANTOINE, a part.

Personne n'enlrern plus ici !...

GEORGES, qui s'est mis à écrire.

Antoine, appelle... appelle quelqu'un...

ANTOINE

Que veux-tu?

GEORGES

La potion que le docteur... Elle me soutiendra

quelque temps encore, et me donnera le temps

d'achever...

ANTOINE, après un mouvement et un Coup d'œil jeté

sur la théière.

Elle est là...

GEORGES , écrivant.

Elle me devra son salut.

(Ici, musique en sourdine jusqu'à l'entrée d'Horten?o. — .Xntoine va prendre sur le petit guéridon la t^v^e qui s'y trouvait, puis revient ù la commode. Ilprci.d la théière sur la veilleuse, et verse le contenu dans la lasse; puis il tire de sa poche un papier q ri! ouvre, et dans lequel est une poudre blanche qir.Tprès un moment d'hésitation il jette dans la tasse : avant, il s'est assuré que Georges, qui lui tourna ! ; dos et qui écrit, ne peut pas le voir. Antoine a fa.t cela tout en parlant.)

ANTOINE

S'il parle, la misère et l'èchafaud... s'il monrl , l'impunité pour moi... la fortune pour mon fils... Allons!...

GEORGES, écrivant.

« Qu'on n'accuse personne de ma mort... » (Il voit dans la glace, au dessus du mcuhle, le mouvement d'Antoine; il se retourne el le regarde avec horreur. — Anlo'uc, après avoir versé le poison , apporte la tasse et la présente à Georges en détournant les yeux; mais Georges se dresse dobuia eu lui saisissant le bras. — Antoine se retourn'' et recule à l'aspect de Georges, debout et inenaçart. I.a tasse, échappée des mains d'Antoine, lomhe 2ux pieds de Georges.)

GEORGES

A.ssassin !...

ANTOINE , épouvailié.

GKOUGi.S.

C'clilil toi 1... toi qui me tuais!...

ANTOINE

Silence!., et, puisque tu sais tout... lu emporteras mon secret dans la tombe!...

GEORGES , allant au fond.

Non... on viendra à mon secours... lîortcii^c! Charles! à moi!...

ANTOINE

Ils arriveront trop tard !...

(Il renverse Georges &ur son lit. A ce niomrnt ,lIortcnsc sort par la porte perdue dans la loiituie, et qu'Antoine r.'a pas songé à fermer. Cette porte est au pied du lit, à droite. — flortcnse s'est élancé; cuire Antoine et sou mari, qu'elle couvre de sou corps.)

LA DAME DE SAINT-TROPEZ

I"0RTE5SE, ji'Unl on cri U'iiorrcur et d'effroi. Ah! niiscrnbic' ! !

(A n'ninp, épouvanté, recule vers la fent-lrr, à gauche.

— Pauline, qui en entrée à la sii't? (VHoriensc, < r.vic la porte à droite qu'avait firmce Antoine. — .Aussitôt les ouvriers, attiré* par le bruit, entrent t:i seine. — Au même instant la porte à gauche est Ciifoncéc par Charles, Gerfaut et les domestiques.

— A la vue de tout ce monde, Antoine a ouvert I.i fenêtre a gauche.)

ANTOINE

A.Iil pas d'échafaud!...

(Il se précipite par la feuéire. — Gerfaut et quelques

rmvriers courent à la fcnêire : Chai les est allé à

Georges,) GEORGES, se relevant avec joie, et serrant Hortense sur son cœur.

Irinocente!... elle était innocente !...

LES OIVKIERS.

Innocente!

GEORGES, aux ouvriers.

Antoine était mon meurtrier:...

LES OUVRIERS

Antoine !

GERFAVT, qui a regarde pnr la fcii'Mre, s'en éloignant avec horreur.

Mort!

(Georges, rassemblant ses dernières forces, est debout au mili'ju du théàlre. Horleuso, à sa paiiche, est à genoux , et semble le remercier d'avoir proclamé son innocence. — F'au'ine est pris d'IIortf use. — Les ouvriers, lête niie et en silence, regardent avec attendrissement leur niaiire qui se meurt. — Cliailos e.'-t debout, >! la droite de Maurice ; un peu en arrière , Geifaut soutient le mourant , dont cet effort est le dernier. — En arri-'re, à droite et à gauche, les vakls et ouvriers, émus et silencieux. — Musique jusqu'à la fin de l'acte.)

GEORGES, à tous.

A genoux, devant elle, que vous avez soupçonnée... (Relevant Iloriense.) devant elle, sainte et pîire comme les anges!... Hortense... pour que Dieu me pardonne... pardonnez-moi... Et vous, Charles... quand je ne serai plus, devenez son appui. . Charles, quand vous prierez pour votre père... priez aussi pour moi...

(Il tombe ddus les bras de Gerfaut, llorleuse jette un cri d'effroi. — Tout le monde fail un mouvement vers Maurice. — Tableau.)

FIN DE LA DAME DE SAINT-TROPEZ

iS'adnwer, pour U miwjqito du dramf, b M. Aoolphb, aa IhéAtro dy la Portc-SoiiU-.Martin.

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