ACTE IV, SCÊNK XIII
qu'à vous... (Elle se rapproche «le son mari, puis, passant (lerrii'^rc lui, examiue le guéridon.) M""" Antoine a-l-elle fidùlcmcnl exéculé mes instiuolions?...
CEOHUES , regardant Hortcnse qui est ainsi placée en
face de lui, et vcrsaut le contenu de la théière dans
une tasse.
C'est elle qui a préparé cela ?
UORTKNSE, avec candeur.
^on, c'esl moi...
OLOiiGKS, ne la quiitaut pas des yeux.
Vous !... toujours?
HORTENSE
Toujours.
GEORGES, à part.
Nul trouble sur son visat;e... nulle émotion dans sa voix...
HORTENSE, lui prenant la main.
Votre main est brûlante... Pourquoi M. Gerfaut ne m'a-t-il pas attendue?
GEORGES, ù part, et se détournant.
Sa main ne tremble pas... Oh I ce n'est pas elle... ce n'est pas elle!...
(La porte du fond s'entr'ouvre.)
LE DOMESTIQUE
Pardon, monsieur... M. Antoine, n'osant braver la défense, m'a chargé de vous renicllre ce petit mot et ce paquet...
GEORGES, se remettant.
Que peut-il avoir à m'écrire? Donne.
(Le domestique s'approche, remet une lettre et un petit paquet de papier.) HORTENSE, au doniesUque.
Antoine est revenu?
LE DOMESTIQUE, Sortant.
Oui, madame, depuis une heure à peu prés... (Hortcnse referme la porte sur le domestique, prend sa mante, puis remet en place la chaise sur laquelle elle l'avait jetée d'abord. Pendant ce temps, Georges a ouvert la lettre. }
GEORGES, ù part, et lisant.
« En présence de Paul, de Mariette et de Ju-
» lien Maillard, jai trouvé ce paquet dans la
» chambre de ta femme... tu pourras en recon-
» naître le conlenu... » ^Georges ouvre le paquet et
; jette un cri.) Ah!
I UORTESSE, courant à lui et ù sa gauche.
Qu'avez-Yous donc, mon ami ?
GEORGES
Plus de doulc !...
HORTENSE
Vous êtes moins bien que tantôt... c'est que je n'élais plus là... Tenez... vous n'avez pas même touché à celte potion...
GEORGES
A cctle pution que vous avez préparée?
UOIîTENSE.
Sans doute.
LA DAME IjE SAIN'T-inOPEZ.
GEORGES, se levant cl je coiUenant à peine. Avez-vous, celle fois, mieux calculé la dose?... avez-vous eu pilié enfin d'une agonie que vous pouviez abréger?...
HORTENSE
Oh ! mon Dieu ! encore du délire î...
GEORGES
Du délire... oh! non pas... c'est quand je vous pardonnais, c'e>t quand je me livrais à vous, que j'étais en délire... c'est quand je doutais de votre crime, que j'étais en délire...
HORTENSE
Je ne vous comprends pas, monsieur, que voulez-vous dire?...
GEORGES, éclatant.
Je dis... que vous êtes une empoisonneuse! HORTENSE, reculant avec horreur jusqu'au fauteuil ù droite.
Ah!...
GEORGES
Je dis que c'est la mort que vous m'offrez... car ma mort sauvait votre amant... ma mort.., vous faisait riche... et la mort est là-dedans !... (Il frappe avec la main sur la théière.) HORTENSE.
Horreur !...
(Elle s'élance sur la tasse et la porte à ses lèvres.)
GEORGES, la lui arrachant.
Malheureuse!
nOUTENSE.
Qui ose me soupçonner ?
GEORGES
On fait plus... on vous accuse.
HORTENSE
Qui donc?
GEORGES
Vous allez le savoir. (Allant à la porte de sa chambre.) Venez... venez, messieurs!...
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