SCÈNE I
RICHARD, SIMON, PETERPATT.
(Richard, assis devant un petit berceau, est occupé à écrire ; Simon inspecte le travail des ouvriers.)
PETERPATT.
Ouf!... j'en ai assez... Au diable l'ouvrage! je «is exterminé...
BICHARD.
Bon , la journée commence à peine) et ta te
plains déjà!...
C'est uu paresseux...
SIMON
Qui n'aime pas son état...
RICHARD
Pas plus celui-là qu'un autre... Il n'aime rien, ce pauvre Peterpatt...
PETERPATT.
Je n'aime rien!... moi!... Quelle calomniel
SIMON
Voyons, qu'est-ce que tu aimes?...
PETERPATT.
J'aime le roastbeef, le porter et mamselle KUty.
LE MARCHÉ DE LONDRES
TOCS, riant.
Ah! ahUh!...
RicnAno. Mais un homme doit avoir une profession qu'il préfiirc.
PETERPATT.
Une profession I... mais j'en ai dix que je priîférc.
SIMOK.
Dix!...
PETEBPATT.
J'aimerais surtout la profession de millionnaire, de -watchman ou de domestique...
TOCS.
Domestique!...
PETERPATT.
Oui, je voudrais cire groom ou tigre, comme cet heureux Tom Bob qui est au service de sir John Maurice, le propriétaire de celte usine, et qui peut, tout à son aise, faire la cour à mamsclle Kitty, la femme de chambre.
ItlCnARD.
Va, je le plains, mon pauvre Peterpatt.
PETERPATT.
Écoutez donc, Richard, tout le monde n'est pas homme de génie comme vous.
iticnARD, riaut.
Homme de génie, moi!...
PETERPATT.
Mais oui, mais oui !... N'est-ce pas, vous autres?
TOCS.
Oui, oui..r
PETERPATT.
A preuve. Moi, par exemple, quand je suis à piocher avec cette diablesse de machine à vapeur, qui me fait bumm ! bumm ! dans les oreilles du malin au soir, elle me tapo sur les nerfs, elle m'embête, enfin... tandis que vous, il y a des Jnslans où vous suivez tous ses mouvemcns avec des grands yeux, où vous la regardez avec amour I
UlCUARD.
Avec amour!... Eh bien! c'est vrai, làl... Je suis plein d'admiration pour celte conquête du l^énie humain... mais je n'en suis pas moins un simple ouvrier comme toi... si lu travaillais... je n'en suis pas moins un bon camarade, et je ne vois pas pourquoi vous vous moquez de moi, en m'nppelant... l'homme de génie!...
SIMOX.
Et ta découverte, frère î...
uicnARD.
Oh ! ma découverte, une bêtise, un rien que le premier venu aurait trouvé comme moi, vous verrez!... D'ailleurs, c'est peul-clre très mauvais; et c'est à peine si j'oserai en parler à sir John Maurice,
SIMON
Je lui en parlerai, moi...
ElCnARD.
Soit; mais, en attendant, je demande qu'on no se rie plus de moi. Et quand, par hasard, mon idée serait bonne, ça ne m'empêcherait pas d'être Richard Davis comme devant, un pauvre diable comme vous tous, et un honnête homme... comme vous tous !... (Il doiiiic des poiguécs de main à plusieurs.) Tiens! qui vient là?...
SIMON
C'est sir Edgard Mortimer... l'insolent cousiu do sir Maurice.
(Tous les ouvriers se tiennent à l'écart.)
OOOOOOOOOOOeSOOCSOOOOOOOOOSOOOOOOOOOOeOSOOO 00909099