‹ Pièces de théâtreChapitre 259 sur 1093 · RICHARD , SIMON · texte numérisé non relu

RICHARD , SIMON

SIMON

Eh bien! Richard...

UICBARD.

Eh bien! Simon...

SIMON

Te voilà sur la route de la fortune...

RICHARD

Nous, c'est possible... mais moi seul, jamais... jamais l'un sans l'autre, frère!... Toujours le même sort, comme nous avons la même àmc, le même cœur et la même affection!...

SIMON

J'étais fier de ce qu'on disait de toi... devant ces deux jeunes personnes... si jolies, si comme il faut.,.

BICHÂRD.

Oui, miss Lucy surtout... Quel air de bonté, de douceur I... C'est elle qui nous a reconnus, qui s'est souvenue la première qu'elle nous avait rencontrés au pensionnat , quand nous allions voir notre petite Alice...

SIMON

Eh bien ! moi, si j'étais riche., , c'est miss Anna que je prendrais pour femme.

BICHARD.

Miss Anna!.., tu aurais tort; elle a trop de fierté, trop d'orgueil...

SIMON

Elle est fiére de sa naissance , et elle a raison ; car sa mère, lady Stralïord, lui a laissé un nom à la fois illustre et sans tache... Miss Lucy est plus humble, m.ais on prétend que cette humilité puise sa source dans de tristes souvenirs...

RICHARD

Assez, assez, mon frère... Oui, on a dit, je le sais, que lady Stendhal avait méconnu ses devoirs d'épouse, et que le remords l'avait tuée... mais, doit-on faire peser sur l'enfant la faute de sa mère?...

SIMON

Oh! non; mais un honnête homme doit s'informer de la famille dans laquelle il entre. Et, si ce que l'on dit de lady Stendhal est vrai, si l'oubli de ses devoirs , si le crime qu'elle a commis ont amené, pour son mari, le désordre, la ruine, et enfin la mort... n'a-t-on pas à redouter les principes qu'une pareille mère a pu donner à soa enfant ?

LE MARCHÉ DE LONDRES

IIICDARD.

IS'on, non. L'amour maternel élève l'àmc, Simon ; el il n'y a pas de niôrc, si coupable, si dégradée, si avilie, qui ne rcvcpour sa ûUe une vie chaste et purcl

SIMON

Soit, mais si j'avais le choix... bon sang ne peut mentir, cl je prendrais miss Anna !...

RICHARD

Et moi, je préfère cent fois Lucy... Ce souvenir cruel dont tu parles, je suis sûr qu'elle chercherait à rcffaccr par la pureté de sa vie... Et puis, la pauvre enfant, vouée au malheur dés sa naissance, elle aimera son mari, ne fût-ce que par reconnaissance de ses soins, de son respect, et tout l'amour qu'il lui donnera...

SIMON, riant.

Ainsi donc... à toi Lucy, et à moi... Ah! ah! ah!...

RICHARD, riant.

Ah! ahl ah! nous sommes superbes, parole d'honneur !... deux pauvres ouvriers alliant à leurs beaux noms de Simon et de Richard Davis les noms de Stendhal et de Strafford !.,.

SIMON

Allons, viens-tu?

RICHARD

Non, je monte chez moi... (Lucy entre par le fond.) Je vais écrire à la petite sœur...

SIMON

Soit! mais dépêche-toi, je t'attends...

(Il sort.)

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