ACTE II, I*^ TABLEAU, SCÈNE IL
HARRT.
;t que t'a-t-on répondu ?...
BOB
)uc depuis plusieurs mois la pauvre dame est iric...
HARRY
lorte!... Elle est mortel... elle pour qui j'ai ► repris ce long voyage!... elle, ma seule espé- •ce, l'unique joie de ma vie!... Elle mourait ( , en même temps que là-bas s'éteignait mon 3 vrcpére !... Tout finissait à la fois pour moi!... ] ! si je l'avais su, je n'aurais pas prolongé jus- } i ce jour ma lente et cruelle agonie! BOB, â part.
i on n'était pas philosophe, comme on pourrait l'itoyer !...
HARRY, a part, l 'en est assez... je suis las do ce lourd fardeau ji le destin m'impose... et je veux le rejeter... 3, dès que j'aurai accompli ma mission... des |i j'aurai rendu à Lucy le repos et le bonheur !... ïit.)Bobî...
BOB
onsieur?...
UARRY.
u porteras les deux lettres que je t'ai remises, '1 3 à sir Richard Davis^ et l'autre à sii* lUaurice ^lon...
BOB
ui, monsieur,
UARRY.
t quand je les aurai vus tous les deux... rien 31 le retiendra plus dans ce monde... et alors.., [t !ob.) Dis-moi, mon garçon ?...
BOB
onsieur?...
HARRY
i as du courage, n'est-ce pas?
BOB
i courage?... (A part.) Qu'est-ce qu'il me n donc?... (Haut.) Dame!.., ça dépend, mondr... il y a des jours où je... où j'en ai...
HARRY
5 t'effraie pas de ce que je vais te dire...
BOB
'effrayer I... c'est qu'il y a aussi des jours où e n'en ai pas, monsieur... Est-ce qu'il va m'ari un malheur?...
HARRY, souriant.
is sans crainte... ce n'est rien qui te frappe ?e innellemcnt... il ne s'agit que de moi... BOB, tristement, le devons!... Alors, monsieur... allez.,, j'ai iourage aujourd'hui...
HARRY
ibien! mon pauvre garçon, l'existence me )é etje veuxcn finir!...
BOB, tranquillement,
HARRY
Cette nouvelle ne semble pas l'émouvoir beaucoup?...
BOB
Ma foi, monsieur, l'Angleterre est un pays de liberté, où chacun doit être maître de ses actions!...
HARRY
Et peut-être comprends-tu qu'on soil las de cette triste viel...
Je le comprends parfaitement, monsieur.
HARRY
Aurais-tu souffert aussi 1
BOB
J'ai beaucoup souffert, monsieur.
HARRY
Est-ce que lu songerais comme mol à...
BOB
A me détruire?... Non, non... permettez... c'est une autre affaire... Je comprends qu'on se noie... je comprends qu'on se pende... mais je n'en use pas.. Je déteste l'existence, mais j'y liens beaucoup...
HARRY
Soit; mais avant que nous ne nous quittions, n'as-tu rien à me demander?
BOB
Si, monsieur, si... Je vous prierai de m'avancer quelques petites choses...
HARRY
Tu as besoin d'argent ?..,
BOB
C'est pour un bon usage, pour un usage moral.,, ca me servira à me mettre en ménage !...
HARRY
En ménage I Tu veux prendre une femme?...
Prendre une femme!... du tout, monsieur, je ne la prend pas... je l'achète.
HARRY
Tu l'achètes...
BOB
Ça vous étonne?... Au fait, c'est naturel, vous n'avez pas, comme moi, été élevé à Londres, vous n'avez pas idée de la civilisation anglaise!...
HABRY.
Expiiqne-toi...
BOB
Voilà ce que c'est, monsieur... Quand je suis parti pour les grandes Indes, il y a deux ans, j'étais amoureux de Kitty... un ange de pureté, d'innocence et de candeur... qui, pour le moment, se trouve à vendre!...
HARRY
A vendre?... mais, qui la vend ainsi?
BOB
Qui?... son mari..*
LE MARCHE DE LONDRES
HARBT.
Et les lois anglaises permeltent un pareil inar< ché?...
BOB
Mais ccrlainement... c'est la chose la plus simple... on est fatigué de sa maison, on vend sa maison; on est fatigué de son cheval, on vend son cheval; on est fatigué de son épouse, on vend madame son épouse...
OARRY.
Allons, c'est impossible...
BOB
Mais si... c'est la pure civilisation anglaise. Killy est à vendre, je vas acheter Kitty. (Tendant la main.) Si monsieur lèvent...
UARRY, tirant sa bourse.
Soit... partageons... (Lui donnant de l'argent.) Tiens... pcnses-tu qu'il y ait là, de quoi payer raistress Kitty ?
BOB
Avec ça, on en achèterait quatre... ça ne monte jamais bien haut... cinq ou six shellings au plus... Monsieur n'a plus besoin de moi pour le moment?... Adieu, monsieur, portez-vous bien... Tiens, je suis bête... puisqu'il va... Adieu, monsieur...
(Il sort en même temps qu'entreut en scène sirEdgard, sir James Herbert et plusieurs autres.)
OQOOâSooseooeoeoeooooeoeoooooooMooooeoscoooesooooo