SCENE VII
MADAME BIHMANH.
Y pensez- VOUS , monsieur le capitaine? Eh! bonté du ciel! qu'allez-vous faire là?
ALBEHT.
Hâtez-vous, mes amis ; chaque instant de relard est un tourment pour mon cœur.
( Il fait des éclairs. ) BinMANH.
Vous voulez partir sans avoir déjeune?
MAHAME BIRMAMN.
Le temps se couvre, voyez déjà les éclairs; Il va faire de l'orage.
ALBERT
Rien au monde ne pourrait me retenir... de grâce, hâtez-vous de m'indiquer le chemin.
MADAME BIHMAKN.
Tenez; tenez, toute la jeunesse du pays se dépêche d'accourir à cause du mauvais temps. (Musique éloignée.) Voilà le tonnerre, la pluie!...
BIRMAMT.
Arrivez vite, arrivez vite , mes enfants ! (Tous les villageois et jeunes filles arrivent gaîment , mai» en imliquant la peur de rora[»e. — On distingue , parmi les jeunes gens , le roi et la reine de la fête. — Albert a mis son manteau; tous les domestiques sont sortis de lu maison et du cellier, et ils emportent les tables, les bancs et les tabourets dans la maison.) ALBERT.
Ne me retenez point... Le chemin de la cabane?
BIRMANN.
Puisque vous le voulez absolument , tenez , monsieur l'officier, traversez le village, laissez le bois à gauche, suivez le grand sentier, et montez toujours.
MADAME BIRMANN.
Sur-tout ne vous approchez pas des précipices.
BIRMANN.
Et ne vous arrêtez pas en chemin. (Le tonaért-e redouble. ) Âdieu, adieu.
MADAME BIRMANN' , aux villageois.
Entrez , entrez , mes enfants.
(Ils entrent dans la maison après avoir vu partir Albert.) (Le théâtre change et représente la cabane de Georges sur la pente d'un mont .-iride, sauvage et entouré de précipices. — L'intérieur de la cabane occupe les deux ou trois premiers plans du théâtre. — A la gauche du spectateur, on voit un àtre vide; — un peu plus loin, un pan de jideau de serge déchiré, et l'extrémité d'un grabat |)rc$que entièrement caché par ce rideau. — A gauche , est une espèce de cabinet , ou seconde chambre , dont la porte est ouverte. — Le fond de ce misérable réduit présente deux larges fenêtres sans volets , à travers lesquelles on voit le paysage triste et aride qu'offrent les montagnes ; et , entre les deux fenêtres , une porte dont les planches sont mal jointes. — Plusieurs chemins se croisent dans les montagnes, qui forment un vaste amphithéâtre de roes et de précipices ; et tout au fond , dans l'éloignement , on découvre l'ermitage au sommet du principal mont. — Tout l'intérieur de la cabane offre l'aspect de la misère; on n'y voit qu'une table faite d'au morceau de planche , sur laquelle sont posés deux carreaux à faire de la blonde ; un vieux buffet et quatre mauvaises chaises, avec un escabeau. — Une cruche, des assiettes de terre et autres ustensiles de ménage, sont •UT le buffet. — Dans un coin , on voit une connée ■ {ptndr* du bois. )