‹ Pièces de théâtreChapitre 398 sur 1093 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

LesMkmks, AMÉLIE.

AMKLIE , arri'lant sa fille.

l'n (;tiaiiij< r!... y» donc csi ion père, ma

Mfillf?

GEOROETTK.

Il vient d'aller à l'ermitage avec le pauvre.

AMÉLIE

A l'ermitage!... Rentre là, mai* ne t'éloigne pas.

( Georgette va prendre son carreau, et sort en l'eiiipor. tant. )

ALBERT, à part.

Nous voilà seuls; aurai-je la force?...

AMÉLIE

Je suis bien étonne'e , monsieur, qu'un étranger tel que vous ait daigné s'arrêter dans notre demeure, et, bien plus encore, qu'il puisst avoir à me parler.

ALBERT

Madame... un motif bien puissant... Mai vous ne pouvez reconnaître mes traits.

AMÉLIE

Quoi! monsieur, vous aurais-je connu?

ALBERT

Oui, madame... loin d'ici; dans un temp où vous étiez plus heureuse.

AMÉLIE

Je ne l'ai jamais été !

ALBERT

Jamais!... (Il va prendre sa main, Amélie la re tire avec un peu de crainte.) C'était en France...

AMÉLIE

En France?... Ah! oui, j'étais heureuse, j'a vais encore mon fils. (Examinant AI'Dert avec u commencement de trouble. ) Mais comment S peut-il?... il y a si long-temps... vous paraisse ému, monsieur... vous semblés craindre... arri vez-vous de France?

ALBERT

Oui.

AMÉLIE

Grand Dieu! de mon pays !

ALBERT

Et je vous apporte des nouvelles de que qu'un...

AMÉLIE

De mon fils?... Ah!... existe-t-i!?... vo l'auriez vu?... Arrêtez!... Attendez!... (^iel ! votre A{;e , vos pieuis... Ah ! mon Dieu ! ne m' busez pas, vous me feriez mourir.

ALBERT

Ah ! j'avais résolu de ménager voire cœu mais je n'ai plus la force de résister au mie Ce fils que vous pleurez, ce fils qui vous ch rit... ma mère...

AMÉLIE

Ah ! ( Amélie éperdue se jcUc à son cou.) CV lui ! C'est lui !... ( Elle l'embrasse avec transport C'est mon fils! mon Albert!... Ah! mon Die j'ai tant souffert avec courage, ne me la'iii pas nioiuir de joie !

ALLEIlT.

Ma mère! ma tenilrc mère!... je viens fir vos peuics ; je vous apporte la fortune, le t o heur...

ni* JOTHNÉE, SCÈNE XIII.

c^ip

aml:i.ik

Ail ! je n'ai plus besoin île rien! je suis heuiise! je suis liche! j'ai mon fils!... tu ne me litteras plus?

ALBERT

Jamais !

AMÉLIE

Non... mais comment te revois-je? qui t'a it (îécouviir cette affreuse retraite?

ALBEm.

Ah ! ma mère ! ces détails seraient si longs à ustlonner, et mon coeur est si plein de joie!... )us vous souvenez de m'avoir confie à la tenesse de mon oncle? il m'a tenu lieu de père, sa fortune, augmentée d'un grand héritage , t tout entière à moi , à vous , ma tendre ;re.

AMÉLIE

Quoi ! mon fils, ton oncle n'est plus !... Nous -il pardonné ?

ALBERT

Ah! ma mère, il vous chérissait, et n'a jalis cessé de faire faire des recherches , qui pent infructueuses. Revenu entièrement li- B, je réunis le peu de renseignements qui lui lient parvenus à diverses époques; je réaj^i son héritage, et je partis avec la résolution vous chercher moi-même. Le ciel m'a conlit, ma sœur m'a reçu la première, et je suis ns vos bras!

AMÉLIE

Ta sœur!... tu l'aimeras donc aussi?... At-

ids !... Georgette !...

ORGETTE, accourant et rapportant son carreau

qu'elle met sur la table.

Maman !

ALBERT

Ke lui dites pas encore... je veux me faire lier...

AMÉLIE

Viens... (Mettant sa fille dans les bras de son fils.) 1 ! c'est maintenant que je suis heureuse !

ALBERT

Oui, nous serons tous heureux ! Tenez, là, ins ce portefeuille, j'apporte, en billets du •ésor, la valeur d'un million.

AMÉLIE

Un million ?

GEORGETTE

Un million ' est-ce beaucoup, maman?

ALBERT

Mais j'apporte encore un bien plus préeux : la grâce de mon père.

AMÉLIE

Se peut-il !... nous reverrions la France?...

.\Li:i:-,T.

Oui, et sans danger; jugez combien il me krdede revoir mon père!

AMÉLIE

Ton père? Oui. mon ami, tu vas rece-.oir

iQi

ses embrassements. ( Elle «'arrête, et •' éloigne un peu en réfléchissant. — Aussitôt Albert s'approche de Georgette, et lui donne une bourse pleine d'ur, en lui faisant entendra que c'est pour sa mère. — La petite verse l'or sur la table.) Qu'allais-je faire?... le conduire à l'ermitage... il y trouverait Warner, et ce misérable , en nous voyant heureux, s'attacherait encore à nos pas... Oh! non, qu'il ne connaisse jamais mon fils... Il faut prévenir mon mari, il faut éloigner Warner... Oui , mais la nuit, l'orage... n'importe, rien ne m'arrêtera. Cachons à mon fils... Albert !... (Albert vient aussitôt à elle.) Tes vœux vont être exaucés, dans un moment tu seras dans les bras de ton père. Attends, ne me suis pas.

ALBERT

Vous sortez... je vais...

AMÉLIE

Non... il le faut... je t'en prie...

ALBERT

Quoi! vous voulez?...

AMELIE.

Des raisons que je ne puis t'apprendre.i. Il y va de notre bonheur... cède à ma prière.

ALBERT

Ah! toujours... j'obéis.

AMÉLIE, à Georgette.

Toi, chère enfant, sois attentive, obéissante, aux moindres ordres de ton ami... Ah ! tu m"es encore plus chère depuis que je suis heureuse! (En sortant. ) Attendez, attendez !

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