‹ Pièces de théâtreChapitre 422 sur 1093 · D'ARTAGNAN, MOUSQUETON · texte numérisé non relu

D'ARTAGNAN, MOUSQUETON

D'artagnan, arrêtant Mousqueton. Pardon, mon cher Alousqueton, mais tu ne m'avais pas fait part du malheur que lu as eu de perdre une s\llabe de ton nom... Comment diable cet accident t'est-il arrivé ?

MOUSQUETON. iMonsieur, depuis que de laquais j'ai été élevé au grade d'intendant de monseigneur, j'ai pris ce dernier nom qui est plus digne et qui sert à me faire respecter de mes subordonnés.

d'artagnan. Je comprends; ton maître et toi vdus a\ez chacun votre ambition , lui d'allonger son nom , toi de raccourcir le lien... Allez, monsieur Mouston.

Mou-^queton sort.

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SCÈi^E VIII.

D'ARTAGNAN, seul.

Décidément, ce n'est pas si difficile qu'on le croit de mener les hommes ; étudiez les intérêts, flattez les amours-propres, piquez ferme et rendez la main, ils iront où \ous voudrez; donc, voilà Porthos embauché pour le compte du cardinal, c est toujours cela... oui, mais ce n'csL point assez, il nous faudrait Atlios et Aramis. Oh! comme ils vont nous manquer ces pauvres amis... Il est vrai qu'Athos est peut-être bien vieiUi; c'était notre aîné à tous, et puis il buvait effroyablement, il sera compléienient abruti; c'est fâcheux, une si noble nature, une si puissante intelligence , une si haute scigncurcrie, un liomme qui semait de l'ar-

genî comme le ciel fait de la grêle, et qui vous mettait l'épée à la main avec un air vraiment royal... Eh bien! ce noI)le gentilhomme à l'œil lier... ce beau cavalier si brillant sons les armes que l'on s'étonnait toujours qu'il tînt une simple épée à la main au lieu d'un bâton de commandement ; eh bien ! il sera transformé en quelque vieillard courbé au nez rouge et aux yeux pleurants. Oh! l'aflreuse chose que le vin !... (// boit.) quand il est mauvais.

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