SCÈNE III
Les Mêmes, TO:tIY, puis PARRY.
DE wiNTEn. Que voulez-vous, Tomy?
TOMY. Le valet de chambre de Sa Majesté la reine d'Angleterre demande à remettre à Votre Seigneurie une lettre de son auguste maîtresse.
DE WINTER. Entrez , Parry , entrez.
Quelle nouvelle de Sa Maiesté?
PARRY. Bien portante de corps , mais bien triste de cœur, milord.
DE WINTER. Vous êtes chargé de quelque chose pour moi ?
PARRY. Cette lettre, milord.
DE wiNTEii, brise, le cachet , l'ouvre et lit. « Milord , je crains , si vous venez me » trouver au Louvre ou aux Carmélites, que » vous ne soyez suivi, ou que nous ui' soyons "écoutés; j'aime donc mieux nie rendre » chez vous. Plus la démarche que je fais est » contre les habitudes royales, in;;ins elle » sera épiée... Attendez-moi donc chez vous » au lieu de me venir trouver; j'y serai pres- » qu'en même temps (jue mon messager.
» Votre aiïectionnée, Ilenrieîte. » Bien!... Parry, j'attends votre maîtresse.
TOMY. Milord permet-il un dernier mot?
DE WINTEK. Dites!...
TO.\iY. Je viens d'interroger monsieur Parry... et cet homme qui ce matin nous a suivis Jusqu'ici...
DE WINTER. Eh bien?
TOMY. Il est encore au coin delà rue
Monsieur Parry l'a vu, et l'a reconnu au signalement que je lui ai donné.
DE WINTER. Et vous HO savez pas qui cet homme peut être ?
TOMY. A ma vue, il s'est détourné, et dep'.iis ce matin vous m'avez retenu ici, milord.
ru: WTNTi-.R. C'est bien, allez, je me garderai, allez!... nnjrci, Parry!
ATîTOS. Cette lettre dérange-t-elle quelquechose à vos projets, milord?
DE WINTER. i\on, comte.
ATHOS. Elle semblait vous contrarier,
DE WINTER. Elle m'étonnait seulement, à cause du grand honneur qu'elle m'annonce.
PARRY, rT'Kvran'. la porte. Milord...
DE WINTER. Serait-ce la personne qui m'a fait l'honneur de m'écrire ?
PARRY. Justement ; sa litière s'arrête à la porte.
DE WINTER. Allez la recevoir , Parry , allez...
ARAMIS. Une femme ?
DE WINTER. Non, une reine.
ATiîOS. Sa Majesté madame Henriette?
DE WINTER. Oui, messieiu-s.
ATHOS. Alors, nous nous retirons, milord.
DE WINTER , levant vue lain'sscrie. Non pas; au contraire, entrez ici et écoutez ce qui va se dire entre Sa ]\îajesté et moi; vous serez hbres de vous montrer ou de demeurer cachés; si vous v(.us moiUrez, c'e:,i <]ue vous acceptez; si vous demeurez cachés, c'est que vous refusez.
ARANUS. Mais, milord, nous ne comprenons pas.
DE wiNTER. Vous comprendrez plus tard... Entrez... entrez!...
Ils entrent, de Winter laisse retomber la tapisserie.
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